méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Dimanche 6 mai 2007
Le rien de trop de la Grèce antique est bien sûr l’expression de la juste mesure dont les Hellènes se disaient les champions. Mais dans d’autres cultures, il pourrait être entendu comme le fait que tout est parfait, qu’il n’y a rien à enlever au monde tel qu’il fut conçu par un Dieu de bienveillance.
Certains mystiques le pensent en tout cas, et sans même faire référence à un Dieu parfait, le monde qu’ils voient est irréprochable, selon eux. Aucune expérience ne serait à déplorer, toutes serviraient à quelque chose, éventuellement à un apprentissage ou à un dessein dont nous ne savons rien. Rien ne serait négatif si nous n’avions aucune attente, si nous étions .
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Commentaires

Je suis d'accord sur le fait qu'on peut tirer une leçon de chaque situation, même les plus négatives. Souvent l'appréciation d'un événement est arbitraire, mais il faut reconnaitre, que sans un minimum de conscience morale, on va un peu dans le mur. Bref... Donc, je suis d'accord que chaque expérience peut être utile. Par contre, je ne suis pas certain que l'idée de voir une perfection en toute chose soit très adéquate. En effet, le terme perfection amène automatiquement une prise de position, une positionnement du mental, une sorte d'évaluation. Or, à mon sens, voir les choses telles qu'elles sont, c'est sortir aussi bien de l'idée d'imperfection que celle de la perfection. Mais ceci ne doit pas non plus pousser à l'immobilisme, à mon avis.
En tout cas, c'est sujet assez complexe et subtil, avec de multiples facettes.

Amicalement,

Yog
commentaire n° : 1 posté par : Yog (site web) le: 06/05/2007 11:10:53
Merci beaucoup, Yog, pour ton commentaire.
Tu sembles être d’accord sur le fait qu’aucune expérience ne soit négative, que toute expérience ait une utilité même cachée, qu’à tout le moins elle nous grandisse, nous construise. Bien. (C’est ainsi que l’Inde pense aussi et c’est une des grandes leçons qu’elle peut nous donner.)
Par contre tu dis ne pas être certain que l'idée de voir une perfection en toute chose soit très adéquate. Moi non plus, pour être sincère. Mais je me dois de commenter ce que tu dis et d’autre part d’expliquer mon billet :
1) Tu dis préférer voir les choses comme elles sont. Le (raja) yoga nous déconditionne, nous fait voir les choses comme elles sont, que cela nous plaise ou non. Cela nous permet d’ « avancer ». C’est ce que je dis à ceux qui font du yoga avec moi. Mais en tant que sophrologue, par contre, je me dois de faire miroiter la bouteille à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide. Je pense qu’il faut être libéré de toute trop importante névrose pour œuvrer à son déconditionnement. Donc: d’abord positiver, puis objectiver.
2) L’Inde nous apprend aussi qu’il y a beaucoup de niveaux de conscience possibles et que ces niveaux déterminent notre vision du monde. (Le bureau sur lequel j’écris en ce matin pluvieux n’est pas celui que j’ai sous les yeux un vendredi soir ensoleillé.) Certains niveaux sont si éloignés de ceux dits de consensus que, peut-être, depuis leur hauteur voit-on une autre réalité, une réalité parfaite. C’était probablement le cas d’Adi Shankaracharya (Shankara), de Ramana Maharshi (« Pour le pur, toute est pur. »), de Nisargadatta Maharaj, de Ramdas de Kanhangad (Kerala), etc… (pour ne parler que du monde que j’ai le plus étudié). Eux, pouvaient sans doute parler d’un monde parfait.
Ramana Maharshi, par exemple, à la question d’un visiteur demandant s’il devait essayer d’aider le monde en souffrance, répondait (Day bay day with Bhagavan, by Sri A. Devaraja Mudaliar, I. p. 16):
« La Puissance qui vous a créé a créé le monde aussi. Si Dieu a créé le monde, c’est Son business de veiller sur lui, pas le vôtre. »
Mais, comme le montre fort bien Arthur Osborne, cela était plus une incitation à relativiser les tâches qui nous incombent qu’un encouragement à nous désintéresser de la souffrance (cet immobilisme dont tu parles), et Osborne de citer une autre réponse de Ramana M. où celui-ci explique que du point de vue de jnana ou de la Réalité, la souffrance dont son interlocuteur parle est un rêve, ainsi que le monde dont cette souffrance est une « partie infinitésimale » (les guillemets sont de moi car je pense au contraire, comme le Bouddha, que la souffrance est omniprésente dans ce monde - dont je veux bien admettre, comme le suggère Ramana M., qu’il n’est qu’un « rêve »). Ramana M. dit qu’on ne peut jamais mélanger le rêve (où il faut nourrir quelqu’un qui en rêve crève de faim) et la veille, et que de façon similaire, « jusqu’à ce que vous atteigniez la Réalisation et donc que vous vous réveilliez de ce monde illusoire, phénoménal, vous devez faire du service social et œuvrer à éliminer la souffrance où que vous la voyiez. » (La totalité de sa réponse se trouve dans Day day with Bhagavan, by Sri A. Devaraja Mudaliar, I.I pp. 80 -81)
En résumé, un sujet assez complexe et subtil, avec de multiples facettes, comme tu le dis si bien. Merci de l’avoir approfondi avec moi. Toujours très heureux de te lire.
Amicalement,
Marc
réponse de : Marc (site web) le: 07/05/2007 11:29:25
Merci Marc pour tes explications. Je suis d'accord avec toi.
Sur le fait de voir les choses telles qu'elles sont, je suis d'accord avec toi sur l'importance de positiver les choses. D'ailleurs, Patanjali précise bien aussi qu'il vaut mieux être positif que d'avoir une attitude négative. Une attitude postive peut en effet donner un élan créatif qui peut transformer l'être en profondeur. Le tout étant de faire bien attention de ne pas non plus s'illusionner en positivant à outrance. Un équilibre à trouver. (le thème de l'équilibre est quelque chose de récurrent chez moi)
Je veux bien croire qu'à un certain niveau de conscience, on peut voir les choses dans leur perfection. Mais, pour celui qui souffre, voir la perfection en chaque chose est difficile voire impossible.
Quant à la souffrance, je comprends bien que certaines traditions de l'Inde la considère comme une illusion, mais il est important de le remettre dans le contexte. L'âme, le Soi, le Purusha, est considéré comme inaltérable et donc au-delà/en-dehors de la souffrance. Le Purusha ne peut pas souffrir, seul l'ego, considéré comme illusoire, souffre. Or, comme l'ego est illusoire, la souffrance l'est aussi. Pour donc sortir de la souffrance, il faut donc se désidentifier de l'ego. (du moins, si j'ai bien compris tout ça...) Mais pour celui qui souffre, naturellement, il est difficile de considérer la souffrance comme illusoire. Tout ça me parait donc bien complexe. Toutefois, il est intéressant de noter que dans l'Inde, le thème de la souffrance et de la délivrance (se libérer de la souffrance) est omniprésente et est même le coeur de leurs pensées.
C'est un sujet complexe en effet. Peut-être que pour sortir de cette complexité, il est nécessaire d'avoir un autre niveau de conscience, un certain recul qui nous permet alors d'embrasser une vision plus globale. Notre être est finalement soumis à des forces, des imprégnations toujours en mouvement, et donc l'équilibre et le recul sont difficiles à trouver.

Amicalement,

Yog
commentaire n° : 2 posté par : Yog (site web) le: 07/05/2007 12:44:40
L'équilibre s'atteint sans bouger ?
commentaire n° : 3 posté par : Dharma Shisya (site web) le: 07/05/2007 20:33:06
Je laisse à Yog le soin de te répondre.
réponse de : Marc (site web) le: 08/05/2007 10:27:21
Peut-être que le résultat de l'équilibre est l'immobilité et le silence... ce qui implique que pour l'atteindre, il y a mouvement.

Amicalement,

Yog
commentaire n° : 4 posté par : Yog (site web) le: 08/05/2007 09:14:29
Voilà qui est bien pesé.
Amicalement,
Marc
réponse de : Marc (site web) le: 08/05/2007 10:25:39

Encore un éclair en plein Ciel !
Merci Yog et Marc pour cette lumière !

commentaire n° : 5 posté par : Dharma Shishya (site web) le: 08/05/2007 23:17:40

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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