méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Lundi 31 décembre 2007
Tout bien considéré, la seule constante en matière de méditation, c’est peut-être que c’est toujours un processus de déconditionnement.
Mais pour le reste, semble-t-il, tout change. On ne se déconditionne pas des mêmes positions, on ne se déconditionne pas de la même façon, au début et après de longues années de pratique…





P.S.: Le billet du 31 décembre 2006 s’intitulait ajournements. Pour le (re)lire, cliquez sur ce mot.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 30 décembre 2007
Petit devoir de vacances pour retrouver les amis et en connaître de nouveaux.
Pour vous, méditer ce serait:
a) Faire un peu plus que penser.
b) Faire un peu moins que penser.
c) Tout autre chose. Mais quoi ?
Choisissez et commentez éventuellement.
Vous avez quelques jours (et même plus) pour répondre. Merci d’avance.




P.S.: « C’est quoi pour vous, une vie enviable? »: L’enquête proposée ici il y a juste un an avait passionné. Peut-être connaissiez-vous déjà ce blog et y aviez-vous participé. Pour en relire les résultats, cliquez d'abord ici: enquête.
par Marc publié dans : devoir de vacances
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Samedi 29 décembre 2007
Dans la méditation sans but*, l'observation est naturelle. Il semblerait que lorsque le désir d'atteindre quelque chose est absent, le cerveau soit désorienté, il ne sache que faire, il ne sache que s'observer ne rien désirer; et que dans un premier temps il aille dans toutes les directions avant de s'immobiliser peu à peu dans la prise de conscience du silence,** qui est extase.





*: Il faut entendre par là la méditation hors système, méthode, école; bref, la méditation au sens commun.
**: Cette virgule est importante: l’extase étant ici définie comme une prise de conscience. (Le commentaire numéro 4 constitue une modération a posteriori à cette note. Prière d'en prendre connaissance.)




P.S.: Le billet du 29 décembre 2006 parlait de l’art de l’attention. Toujours actuel.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 28 décembre 2007
Le méditant se dit qu’il a une vie. Il se demande pourquoi. Il est celui pour lequel l’univers est un problème.
Les "autres" se disent qu’ils n’ont qu’une vie. Et ils comptent avant tout en profiter.




P.S.: Le billet du 27 décembre 2006 s’intitulait effarements. Si ce blog traitait de l’actualité, ce titre conviendrait bien à l’humeur du jour au vu de ce qui se passe dans le monde des hommes. Et puis non, à la réflexion: tous les billets de l’année porteraient ce titre.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 27 décembre 2007

La non-activité la plus sacrée serait l'observation.
L'activité la plus profane serait l'acquisition.




P.S.: Le billet du 28 décembre de l’an dernier parlait de l’autre intelligence. Envie de savoir (ou de vous rappeler) de quoi il s’agit? Un simple clic sur les mots soulignés…

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 26 décembre 2007

On arrive toujours à temps*. 




*: Je voulais citer ma chère vieille bonne femme de mère qui hier, à Noël, nous a dit cela entre le gorgonzola et la bûche glacée; et ainsi rendre hommage à l’expérience, notre meilleur guru.
(Et ce n’était là que la conclusion d'un testament philosophique ainsi introduit: « Faut pas s’en faire! »)




P.S.: Le billet du 26 décembre 2006 s’intitulait créativité. Révolté, pour une fois.

par Marc publié dans : actualité
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Mardi 25 décembre 2007
J. Krishnamurti disait parfois que dès que l’on pense qu’un moment est parfait, il ne l’est plus. La pensée de la perfection aura détruit la perfection, selon lui. Alléchant. Mais péremptoire.
Parfois, nous semble-t-il, il faut savoir admettre et attester la perfection de l’instant de façon à le ressentir à sa juste intensité. Cette reconnaissance, c’est peut-être cela qui devrait être entendu par prière.




Joyeux Noël à vous!





P.S.: Le billet du 25 décembre 2006 s’intitulait émerveillement. Cliquez et voyez.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 24 décembre 2007

Le recul ultime du penseur par rapport à la pensée (du penseur pensant que...) serait le silence dont rien ne peut être dit.




P.S.: Une idée qui m’est venue ce matin sous la douche: les fulgurances proposées ici étant intemporelles et donc toujours actuelles, pour le plaisir je vous proposerai chaque jour à dater d’aujourd’hui - en plus de la fulgurance du jour bien entendu - le billet proposé un an plus tôt à la même date. Il vous est possible de le commenter aussi. Votre commentaire sera lu et il y sera éventuellement répondu.
Le billet du 24 décembre 2006 s’intitulait minimalisme. Vous le trouverez en cliquant sur ce mot.
Je vous souhaite un bon réveillon de Noël.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 23 décembre 2007
Ce déclic, le méditant le connaît.
Il se caractérise par une distanciation par rapport à la pensée, l’ego, le désir, le temps et la souffrance, auxquels il faut encore ajouter le désir sexuel et l’assimilation (non: l’identification) à son propre corps souffrant d’être assis, les jambes endormies et le dos douloureux.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 22 décembre 2007

Contrairement à ce que croit un certain Occident trop longtemps abusé, le yoga ne serait en rien une chorégraphie exotique de l’immobilité (une succession d’asana).
Le yoga serait union. Union de quoi? La vivre impliquerait que la question n’ait plus de sens. Et inversement, savoir que cette question n’a pas de sens impliquerait qu’on l’ait vécue, cette union, même un très court mais éternel instant.

par Marc publié dans : yoga
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Vendredi 21 décembre 2007

Vu sous l’angle du méditant, l’infirme ce serait  moins celui qui n’a pas de jambes que celui qui n’a pas le temps.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 20 décembre 2007
Le seul enseignement spirituel qui tiendrait serait celui qui ne nous ferait pas le coup de son originalité, ou pire encore, de son unicité.
Tout conseil en ce domaine devrait être considéré avec la plus grande circonspection.
Tout conditionnement serait violence (du moins est-ce ainsi que le méditant voit la chose, lui qui doit en permanence faire la différence entre ce qu’on lui (a) fait croire et ce qu’il croit vraiment).
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 19 décembre 2007

Être conscient du penseur, donc de son caractère illusoire puisqu'il ne serait que la pensée de lui-même, pensée de laquelle il y aurait toujours moyen de se détacher en l'envisageant depuis plus loin, depuis une pensée plus reculée, probablement tout aussi illusoire d’ailleurs.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 18 décembre 2007
« Dès que vous savez que les faits seront différents à chaque niveau [de conscience] vous serez moins tentés de les combattre à chaque niveau en particulier », dit Thaddeus Golas*.
Il faudrait peut-être ajouter que le fait d'avoir l'impression d'avoir atteint le niveau où il est perçu que les faits sont différents à chaque niveau n'est bien rien d'autre qu'un fait de plus, lui aussi, tout aussi relatif et donc illusoire que les autres.
Tout ne serait qu'illusion! Quoi? Encore un fait! Décidément, tu es incurable. Il faudrait le silence... encore un fait... Silence! C'est encore trop. Chut!……. ou...... ouf......




*: Dans The lazy man’s guide to enlightenment, Thaddeus Golas, Bantam, 1980, p.68, traduction personnelle.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 17 décembre 2007
[Être conscient d’[Être conscient d’[Être conscient d’[Être conscient]]]]... à l'infini.
Être conscient, ce serait idéalement être conscient à l'infini d'être conscient, ce serait être infiniment conscient, ce serait avoir un cerveau tellement ouvert qu'il, qu'il, qu'il, qu'il,...
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Dimanche 16 décembre 2007
Au niveau exotérique, la méditation assise du yogi, ce serait la maîtrise du corps et la libération de l'esprit.
Au niveau ésotérique, toute différenciation serait illusoire: le vide serait la forme, la forme serait le vide, le corps serait l'esprit, l'esprit serait le corps, la maîtrise de l’un (n’importe lequel) serait la libération de l’autre, la libération de l’un (n’importe lequel) serait maîtrise de l’autre. Tout serait vrai, même son contraire. Tout ne serait rien, peut-être manifesté par le silence.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 15 décembre 2007
Au fond, quels seraient les points communs entre la respiration, la vie, la méditation, le silence et la conscience de sa propre nature?
Tout d’abord, ce seraient des mots glissants (pour reprendre une expression de Georges Bataille dans l’Expérience intérieure*). En zen on dit que dès que vous parlez vous ratez votre cible. C’est peut dire que c’est encore plus le cas quand on évoque ces mots-ci.
Ensuite (et en restant conscient du point précédent), ce seraient des « choses » que l’on ne peut provoquer. On pourrait juste les… vivre.
Plus ou moins bien sans doute, selon qu’on leur facilite... la vie ou pas.
Prenez le cas de la méditation. Pouvez-vous l’apprendre, la provoquer, vous instituer méditant? Non, me semble-t-il, vous pouvez juste, éventuellement, être en train de méditer (quel bonheur !).
Vous pouvez sans doute mettre toutes les chances de votre côté pour que cela se produise - ce serait là que réside votre liberté, un autre mot glissant… - , mais cela, c’est une autre - très longue** - histoire.




*: Tous les détails sur le silence selon Bataille à la page 28, Gallimard, Collection Tel, 1954.
**: Il faudrait mener une existence sattvique, comme disent les yogis.
par Marc publié dans : yoga
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Vendredi 14 décembre 2007

La pensée n'est jamais que création mentale. Si nous pouvions prendre de la hauteur par rapport à elle, elle n'aurait jamais de prise sur nous. D'où l'importance de l'observation - méditation non dirigée - pour s'entraîner à cette prise d'altitude et de recul.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 13 décembre 2007

Ce serait toute une vie en condensé, une heure de méditation. Qui pourrait prétendre alors qu’il y a mieux à faire, qu’on n’y apprend rien?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 13 décembre 2007
Échouer, oui, mais pas n'importe comment.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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