Dans la tradition du bouddhisme mahayana*, le bodhisattva est cet « éveillé » qui refuse de profiter de ses avantages d'homme libéré, à savoir n'avoir plus de karma porteurs de conséquences (karmaphal) et donc plus l'obligation de revenir; pourtant il décide de rester dans le cycle des vies renaissantes (le samsara) tant qu'il y aura des hommes dans l'illusion (maya), l'ignorance (avidya), le désir (trishna ou tanha en pâli) et la souffrance (duhkha ou dukkha en pâli**).
Cela dit, quelques questions se posent au quidam encore endormi. Un éveillé, étant le monde, ignore-t-il encore que celui-ci n'a (plus?) besoin de rien, qu’il est parfait depuis l’aube des temps et que seule une conscience (illusoirement?) souillée peut l’ignorer? Et n’est-il pas éveillé dans l'exacte mesure de sa prise de conscience que « son » illumination n’a rien de personnel, qu’elle est un fait universel depuis toujours et pour toujours?
*: Le bouddhisme dit du grand véhicule, apparu cinq siècles après le bouddha Shâkyamuni, dit historique.
**: Les autres termes sont du sanskrit ou de l’hindi.



vous avez dit: