méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Vendredi 30 novembre 2007

Nous acquérons quelque objet quand notre désir pour lui est plus fort que le silence.
Symptôme extrêmement alarmant.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 29 novembre 2007

« Le poids des pensées ». Personne sans doute mieux que le yogi ne peut comprendre cette expression. Assis en lotus, le dos droit, la nuque étirée, les coudes à l’aplomb des épaules, les mains jointes, tous les muscles détendus, son corps grandit quand le vide s’installe. A l’inverse, lorsque les pensées l’envahissent, son échine se courbe, ses épaules s’arrondissent, le mal au dos s’installe à porter ce fardeau…

par Marc publié dans : yoga
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Mercredi 28 novembre 2007

« Tout est douleur, tout est éphémère et rien n’a d’individualité propre », remarqua le  Bouddha.
Tout était dit. Il ne restait plus qu’à s’asseoir.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 27 novembre 2007
Courir, c’est aller plus vite vers la mort. Fort de cette constatation objective, le méditant…
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 26 novembre 2007

Méditer: quand la pensée ne porte plus mais est observée.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 25 novembre 2007
Comment se déculpabiliser de sa résolution de privilégier le non-faire, alors qu’il y a tant à faire pour soulager la souffrance du monde?
Comment s’asseoir, satisfait de sa démarche contemplative, dans un ashram d’Inde respirant la propreté, la sérénité et l’insouciance alors que tout autour règne la misère?
Peut-être en se consolant de n’avoir rien fait pour que la souffrance advienne, ne s’étant pas soi-même reproduit; ou alors, si on s’est reproduit (et loin de moi l’idée de jeter la première pierre), la déculpabilisation viendra peut-être d’utiliser ce non-faire pour se jurer que l’on ne nous y reprendra plus, à nous reproduire, dans les milliards de vies de peine qu’il nous reste à vivre jusqu’à ce que tout être ait compris que la vie est souffrance, jusqu’à ce que Dieu* ait été vaincu par sa création.




*: On me pardonnera cette métaphore divine un rien facile (Dieu ayant peut-être des circonstances atténuantes qu’il ne nous a pas communiquées).
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 24 novembre 2007

On peut s’asseoir sans méditer. On peut méditer sans s’asseoir. Mais quand s’asseoir et méditer ne font qu’un*, c’est sans doute que l’on s’assied bien. Et méditer serait alors un peu plus** que méditer (mais chuut, dés que l’on se rend compte de cela, on retomberait…)




*: Cette rencontre serait le point de tangence de deux mondes: S’asseoir procéderait de la matière; méditer, de l’esprit. Ils se rencontreraient et temporairement ne feraient plus qu’un, prakrti (la matière, la nature, le manifesté, l’incarné, ou simplement l’opposé de l’esprit, appelez-le comme vous voulez) et purusha (l’esprit). Pour la philosophie du samkhya, prakrti a pour « mission » de servir l’esprit et de le refléter lorsque sous sa forme subtile, « mentalisée », elle se caractérise par une intelligence (buddhi) pure (sattva). La philosophie du yoga appuie cette thèse et la creuse.
**: Métaphore: Je suggère par là que l’assise serait au manifesté ce que la méditation serait au non-manifesté. Trivialité et transcendance se fonderaient alors l’une dans l’autre. Le yoga serait cette fusion.
 

par Marc publié dans : yoga
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Vendredi 23 novembre 2007
À ce concert de Lou Reed, je battais la mesure sans penser à rien. Puis je me suis dit: suis-je bien en mesure? Et je ne l’étais plus.
Conclusion: si nous battons la mesure en écoutant de la musique, le seul fait de penser à ce que nous faisons nous met hors rythme.
L’extrapolation faite alors est plus intéressante. Je me suis dit que cette constatation pouvait mener loin. Nous nous mettons en effet très souvent hors mesure, hors harmonie, dès que nous pensons, dès que le « je » entre en scène.
J’étais ravi de ma trouvaille. Ce qui me semblait être une loi, je la griffonnai dans mon carnet avant de m’immerger à nouveau dans le blues. 

À la fin du récital, relisant mon trésor, j’en découvris un autre, une autre loi: nous pouvons apprendre de tout. Dattatreya le yogi n’eut-il pas, lui, vingt-quatre gourous, de la terre mère de l’Inde ancienne au ver de terre?
Bien sûr, d’autres avaient découvert ces deux lois bien avant moi. Dattatreya, par exemple, n’ignorait rien de la seconde.
Mais Dattatreya n’est pas moi. Rien ne vaut l’expérience personnelle de ces choses. Cela, ce yogi le savait aussi.
(Et j’eus à ouvrir mon carnet à nouveau en ce 15 septembre 2000. Cette fois, c’était à la sortie du concert.)
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 22 novembre 2007
Merci Fabrice:
 
 
Méditer faute de mieux : un blog OVNI qui appelle
à la méditation et à la réflexion.

Reçu de Fabrice ce mail:
Interview
Fabrice Aeby
Bonjour Marc notre interview sera diffusé aujourd'hui à 16h50 sur rjb et rfj.ch
Bien à vous Fabrice
Vous pouvez également aller écouter l'interview sur notre blog:
www.rjb.ch
rubrique: programme / emissions / série limitée
par Marc publié dans : à propos de l'auteur
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Jeudi 22 novembre 2007
« Nous est toujours rendu ce que nous projetons.
Le monde est une création de notre propre mental et le monde change dans la mesure de notre propre changement. Il n'est ni bon ni mauvais. Nous sommes bons ou mauvais. Il n'y a que nous à changer. »
Je me faisais ce genre de réflexion* cet après-midi dans le jardin. J'avais agi quelque peu brusquement avec les rosiers et eux qui, en général, m'épargnent, m'avaient égratigné. J'avais projeté de la méchanceté (dans la nature, c’est apparemment toujours « moi » qui commence) et en avais reçu en échange, en revanche, devrais-je dire.
Voilà une loi générale, semble-t-il, découverte dans les petites choses du quotidien et que l’expérience confirme chaque jour, pour peu que nous soyons attentifs.
La nature est un de nos gourous.
Dattatreya, le Datta gourou des yogi avadhuta, lui, en eut vingt-quatre.




*: Il y manque l’emploi du conditionnel marquant le doute, ou quelques « peut-être » et autres « sans doute », veuillez m’en excuser.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 21 novembre 2007
Commentant les questions – infinies très exactement en nombre – qui ne l’effleuraient jamais et auxquelles donc il n’aurait jamais à répondre, le Bouddha y alla d’un noble silence. Si tonitruant qu’on l’entend* encore aujourd’hui.




*: « Ne pas parler, c'est la parole même du Bouddha », disait Vimalakîrti. Citation reprise par Roger-Pol Droit dans Le Monde du  8 janvier1988, dans un article intitulé « De l’Inde au Japon ».
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 20 novembre 2007
Les techniques de méditation ne seraient rien de plus, pour l’essentiel, que des incitations à s’asseoir. S’asseoir et se vider et faire place au silence….
Au début de leur assise, le yogi qui pratique dhyana, le bouddhiste qui fait zazen et celui qui ne jure que par vipassana, tous s’essayent à des choses différentes. Mais en fin de compte, pourvu qu’ils aient eu suffisamment de souffle*, exténués, vaincus, voguant sur des mers qu’ils ne reconnaissent plus, ils se sont rejoints, et il reste ce que leur cerveau attendait d’eux: qu’on vide la poubelle, qu’on nettoie à grandes eaux, qu’on ouvre les portes et fenêtres** .
L’important serait de s’asseoir. Comment s’asseoir n’aurait pas d’importance…




*: La dissipation et le relâchement viennent vite et c’est bien. Mais il faut juste être patient, savoir attendre, voilà ce qu’il faut entendre par avoir du souffle. (Ici le hatha yogi a quelques facilités, ayant préparé son corps pour pouvoir mieux l’oublier.)
**: Pour accueillir avec bienveillance, compassion, égalité d’humeur et grandeur d’âme ce que la vie leur réserve.



PS: Joyeuse fête à tous les petits bouts du monde dont c'est, paraît-il, la journée aujourd'hui. Ayons une pensée toute particulière pour les 250 millions d'entre eux qui triment.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 19 novembre 2007

Puisqu'il n'y a - aurait ? - aucun but à atteindre dans la méditation, il n'y aucun bruit qui nous y dérange.
Le bruit freinerait notre progrès? Vers quoi? Rien ne presse. Le but est le présent. Le présent est le non-but. Et le présent est parfois le bruit. Gloire à lui donc, puisqu'il faut bien être là (nous qui n'avons rien demandé).
Ceci met en évidence le caractère radicalement didactique de la méditation: nous y apprenons l'art du « Kwet baat nehe » des Indiens et du « Maï pen raï* » des Thaïlandais.




*: Qui, tous deux, pourraient se traduire par « Qu'importe! ».

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 18 novembre 2007

Une vie de travail, c'est une vie qui nous détourne de notre travail: comprendre pourquoi nous sommes là.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 17 novembre 2007
L’humain, contrairement aux autres mammifères, peut prendre du recul par rapport à sa pensée.
Un chat qui ronronne ne se rend pas compte qu’il trahit sa bonne disposition d’esprit. Il ne peut penser qu’il donne à penser qu’il est bienveillant. On rétorquera qu’il veut montrer sa bienveillance en ronronnant, ce qui est peut-être parfois le cas, mais pas toujours*; et de toute façon, même si c’était toujours le cas, cela ne changerait rien au fait que l’homme, lui, a la faculté de s’extraire du premier degré de la pensée.
Encore que le sens du ridicule échappe souvent à ce dernier. Pensez aux légions qui se prostituent pour le paraître alors que le bonheur est dans le silence de l’être, et que l’argent qu’elles gagnent à n’importe quel  prix, elles s’en délestent en pure perte.




*: Un doute me vient: de quel droit au fond est-ce que je me permets de parler au nom de Ricardo**?





**: Ricardo, c'est mon chat.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 16 novembre 2007

« Les conséquences du changement climatique risquent d'être irréversibles », disent textuellement, ce vendredi, les scientifiques du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat réunis à Valence.
Irréversible, le mot est lâché. Comment le rattraper alors que maintenant l’idée existe?
Quoi de plus terrible que l’irréversible? L’inéluctable sans doute, dernier tabou encore imprononcé mais sans doute plus pour longtemps au rythme où vont les choses, rythme évoqué ici.
« La perception est la chose elle-même », disait Husserl et Saint-Exupéry pensait lui que « la vérité n'est pas ce que nous découvrons mais ce que nous créons ». Une réalité évoquée peut-elle alors ne pas se réaliser ? Il serait bon en tout cas d’y réfléchir, et à la lumière aussi de ce que disait Félix Guattari en 1992 (le catastrophisme déjà):
« Des accidents écologiques, tels Tchernobyl, ont certes conduit à un réveil de l'opinion. Mais il ne s'agit pas seulement d'agiter des menaces, il faut passer aux réalisations pratiques. Il convient aussi de se rappeler que le danger peut exercer un véritable pouvoir de fascination. Le pressentiment de la catastrophe peut déclencher un désir inconscient de catastrophe, une aspiration vers le néant, une pulsion d'abolition. C'est ainsi que les masses allemandes, à l'époque du nazisme, ont vécu sous l'empire d'un fantasme de fin du monde associé à une mythique rédemption de l'humanité. » (Le Monde Diplomatique d'octobre 1992, p. 26.)
Tout ceci nous ramène au devoir de vacances du 30 octobre, toujours en chantier, et au sujet plus actuel - hélas - que jamais.

par Marc publié dans : actualité
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Vendredi 16 novembre 2007

Selon les hindous, l'angoisse de la mort n’aurait pas de meilleurs verrouillages qu’un  assortiment - savamment dosé en fonction des dispositions de chacun - de méditation (raja marga*), d’activité désintéressée, le plus souvent altruiste (karma marga), de recherche du sens (jnana marga) et de prise en considération de l’Ultime (bhakti marga).
Pour imaginer un barrage aussi habile, il faut avoir médité longtemps sur la question, cela au moins, c’est sûr.




*: Marga : voie, chemin en sanskrit. Le premier marga (raja marga) est explicité par Patanjali (dans ses Yoga sutra), les trois autres sont décrits dans la Bhagavadgita, attribuée à Vyasa, l’Homère de l’Inde.

par Marc publié dans : yoga
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Jeudi 15 novembre 2007

Le paradoxe de la méditation: rester vigilant à ne rien vouloir acquérir dans l' « exercice » de l'assise, même pas de la vigilance.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 14 novembre 2007

Face à la désolation de l'humanité, il ne s'agirait plus de s'assoupir mais de rester au garde-à-vous de l’esprit dans dhyana, l’assise éveillée.

par Marc publié dans : yoga
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Mardi 13 novembre 2007
On entend parfois dire que l’Inde déboussole beaucoup de ces Occidentaux qui se retrouvent dans ses ashrams à s’asseoir en silence en sirotant les aubes lentes.
Certes, il faut un brin de folie pour s’abstraire ainsi de nos villes d’Europe ou d’Amérique dont l’agitation est si bonne à vivre. Mais faut-il pour autant parler d’égarement?
 
La réponse se doit sans doute d’être nuancée. Ne faudrait-il pas plus indulgence pour ces masochistes qui refusent le bonheur que l’Occident leur offre? Et s’ils sont lâches à nos yeux de battants, pourquoi ne pas le leur pardonner? Les braves que nous sommes ne se doivent-ils pas d’être magnanimes?
Laissons cela et remarquons que le dénigrement de « ces doux rêveurs » qu’hébergent les ashrams du pays du dharma éternel procède peut-être d’une volonté inconsciente d'oublier nos racines. Ceux qui les persiflent sont apparemment bien aidés par l'entreprise de conditionnement de la chrétienté, cette tradition sémitique qui, depuis deux mille ans, voudrait nous faire oublier notre fond « indo-européen ». Ce fond, qui était caractérisé par la primauté qu’il accordait au sacré (les guerriers et les fermiers venaient après les religieux), ne survit plus qu’en Inde*.
Quant à ceux qui, aujourd’hui encore, refusent à l’Inde son statut d’authentique berceau de la contemplation et de la  philosophie (ils préfèrent parler de la misère ou de « l’Inde des castes », c’est plus confortable), ils me paraissent être les victimes de ce lavage de cerveau bimillénaire qui, selon Roger-Pol Droit**, s'est accentué en France depuis le siècle dernier. Ils contribuent à ce qu'on n'y voit pas l'essentiel.




* : Dans de moins en moins de lieux, hélas. L’Inde aussi entre dans la nuit.
** : Auteur de « L’oubli de l’Inde », Ed. Poche, « Biblio-Essais », 1992.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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