méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Lundi 30 octobre 2006

«Le 9 octobre, le Global footprint Network nous prévenait que la planète s’épuisait. Al Gore, dans le même temps, nous mettait en garde: son réchauffement se précise. L’Observer de hier (bain de soleil au jardin; une heure torse nu, un 29 octobre, à 51° de latitude Nord) enfonçait encore un peu plus le clou: il nous reste peu de temps pour sauver notre pôvre terre et ce sera de plus en plus cher.
Ce ne sont plus là les prédictions vagues des années quatre-vingt comme celle-ci en titre d’article du regretté Abed Attar, que j’ai encore devant les yeux: «En l’an 2000, un monde pollué, fragilisé, vulnérable». Non, aujourd’hui, on est prévenu de la date fatidique: 2016.
Il nous reste dix ans pour renverser la vapeur. Et on sait aussi que la vapeur, on ne la renversera pas: tant que le train roule, on ne regarde pas la fin de la voie.
Dans les démocraties - c’est là leur limite - on ne peut adopter des politiques salvatrices de l’environnement car elles sont trop impopulaires à court terme et le peuple a toujours le dernier mot: on ne serait plus réélu et le suivant au pouvoir s’empresserait de tenir ses plus funestes promesses en faisant marche arrière. Dans tous les cas de figure, cela s’appelle être coincés.
Quant aux dictatures, n’en parlons pas: on s’y contrefiche de tout sauf de soi-même.
Donc on n’agira nulle part et dans dix ans, on commencera à crever.
Dix ans? Juste le temps pour épuiser le sujet «Méditer faute de mieux» sur mon blog (à condition d’aller à l’essentiel et de ne pas me permettre trop de vacances).
Après, on aura les pieds dans l’eau, on étouffera, mon Dell fondra, ce sera la fin. Il n’y aura plus rien. Le vide. Dont Cioran a toujours dit qu’il aurait suffi.»

 

Je rêvais. Méditant ce matin, je me suis endormi un court instant à l’heure bleue (à cause sans doute du changement d’heure). Rappelé à l’ordre par la posture, il m’en est resté ce cauchemar.

par Marc publié dans : actualité
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Lundi 30 octobre 2006

2/2: la réplique du mental
… Ainsi conçue, la méditation s’apparente à du karma yoga, le yoga de l’action désintéressée, considéré toutefois ici non comme activité sociale, mais comme processus d’intériorité. Cette activité passive calme le mental au point de lui faire croire qu’il ne pense plus.
C’est pourtant un leurre puisque celui-ci, voyant le danger de sa propre annihilation, a déjà « créé » l’observateur de l’état sans pensées, lui aussi une pensée, de manière à assurer sa propre existence d’une façon détournée.
Lorsque nous observons que nous sommes sans pensées, le mental est toujours présent parce que nous pensons que nous sommes sans pensées.
L’invention de cet observateur-là est une manœuvre du mental qui ne veut pas mourir.
Le mental est l’ego.

par Marc publié dans : yoga
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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