Elle réapparut toutefois vaguement. C’était une sorte de paradoxe.
Content de moi, j’essayai de ne plus y penser, de ne pas fixer cette idée qui ne venait pas vraiment clairement à l'esprit. Mais plus j'essayais de l'oublier, de penser totalement à autre chose, plus s’incrustaient les désirs de rappel et de fixation.
Puis, j'ai pensé que si j'écrivais, c'est pour n'avoir jamais à retenir. Et que, curieusement, c'était dans cette « acceptation de l'oubli », qui est une façon de se débarrasser de ces fulgurances sans qu'elles soient tout à fait perdues, que se forgeait une certaine mémoire.
Ainsi, ce paradoxe dont je ne parvenais pas à bien me rappeler (ne le voulant pas au fond, et lui, en réaction, refusant de s'en aller) m'est-il alors revenu clairement, pendant que j'écrivais ces mots dans la lumière du jour se levant dans la gloire, moi qui ne pensais plus à lui, moi qui réfléchissais à d’autres choses, à savoir à ma démarche d'écriture, à l’acceptation de l'oubli et au curieux processus de renforcement de la mémoire.



vous avez dit: