méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Lundi 1 octobre 2007
Cela fait déjà une semaine que Dorine et André Gorz nous ont quittés mais je vous en dis deux mots - qui suis-je pour en faire plus ? - seulement aujourd’hui, revenant de quelques jours loin de tout clavier.
A sa sortie, j’avais trouvé la Lettre à D d’André Gorz particulièrement émouvante (Galilée, Paris, 2006). Je l’avais même donnée à lire à une autre D. La conclusion de cette Histoire d’un amour résume bien son propos: « Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble. »
Si, par impossible: ne voilà-t-il pas le plus fort mantra de la mort et de l’amour?
André Gorz fut un des plus avisés dénonciateurs de l’aliénation capitaliste et un philosophe au sens noble du terme, c’est-à-dire un homme tout simplement lucide. Sa femme et lui ont quitté leur corps résolument, main dans la main sans doute, comme Arthur Koestler et Cynthia*, comme d’autres encore qui se sont respectés** et qui nous manquent pour nous expliquer le monde et son fourvoiement.
« Leur geste me touche », nous confie Régis Debray, lors d’une visite à un journal bruxellois***: « C’est un geste philosophique: à la fois stoïcien, par son courage, et épicurien, par son athéisme. » Tout est dit là, pour lui rendre hommage, et bien mieux, à mon humble avis, que dans le Nouvel Observateur dont Gorz fut un des fondateurs (les hommages de Julliard et Daniel ne sont même pas repris au sommaire du numéro, il faut attendre la page 70).


Le Nouvel Observateur, qui tout en restant un des meilleurs hebdomadaires de France n’est manifestement plus ce qu’il était, la preuve encore par son sujet de couverture sur le cancer, cette semaine. Du déjà entendu, pour tout dire, et il y a longtemps, du temps des balbutiements du nombriliste "nouvel âge". (Le passage intitulé Méditer pour se ressourcer, p. 26, est particulièrement significatif de ce que l’on peut faire de plus bateau sur le sujet. Mais voilà, on parle si peu de méditation dans la presse popu d’aujourd’hui, que je me devais de vous avertir.)

C’était la triste actualité de la semaine écoulée, chers amis. Je répondrai à vos commentaires écrits durant cette période le plus tôt possible.




*: Le premier mars 1983
**: «L’homme qui se respecte quitte la vie quand il veut; les braves gens attendent tous, comme au bistrot, qu’on les mette à la porte.» (Ladislav Klima dans « Sagesse du nihilisme », article du Monde du 07/06/1991)
***: Le Soir du 26/09/07

par Marc publié dans : actualité
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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