méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Vendredi 19 janvier 2007

On connaît le blackout, cette version extrême du couvre-feu. Voici le blackin, un néologisme dont je ne suis pas peu fier d’être l’inventeur.
Le premier février, en effet, vous êtes invités à partager le noir et silence avec toute la France pendant cinq minutes de 19h55 à 20h00. C’est  « l’alliance pour la planète » dont « les membres sont des associations environnementales, mais aussi juridiques, sociales, humanitaires, scientifiques, des associations de consommateurs, d’agriculteurs, des syndicats » qui organise ce « blackin »  - qui jusqu’à cet instant ne portait pas encore ce nom - « afin de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale ».
Il faut dire qu’urgence il y a: ce matin encore, le Guardian nous informe que le dioxyde de carbone s’accumule dans l’atmosphère beaucoup plus rapidement que ce à quoi s’attendaient les scientifiques, faisant craindre que l’humanité aura encore moins de temps que prévu pour faire face au changement climatique.

Les raisons et les modalités de cette initiative originale à laquelle je vous convie sont sur le site de l’alliance.

Certains pourraient s’étonner que dans un blog consacré à la méditation soient parfois évoquées les préoccupations écologiques du temps (avant aujourd’hui, les 30/10/06, 17/11/06, 01/01/07 et 08/01/07 notamment). C’est que le méditant n’est pas isolé du monde; au contraire il se sent peut-être plus que quiconque concerné par lui et développe dans l’isolement temporaire qu’il s’impose pour mieux rebondir, ce que Aurobindo dans sa Synthèse du Yoga avait appelé « a feeling of all in each and each in all ». Et la méditation  bien comprise est elle-même une forme d’écologie, si l’on sent tient à la définition au sens large qu’à donnée Haeckel de cette dernière: « la science des conditions d’existence ».

Parmi tous les domaines dans lesquels l’humanité se fourvoie, il en est un où personne, hélas, ne peut plus se taire: celui du viol de la planète par certains de ses habitants: les hommes. Il est bon de rappeler sans trêve qu'il y a réellement péril en la demeure, à quelques mois notamment d’une élection importante en France, alors qu’on entend déjà les candidats (hélas?) les plus écoutés, fanfaronner en se frappant futilement le torse (j’ai plus de sympathisants que toi, j’ai moins de sous que toi, etc…), faisant semblant d’oublier - et faisant ainsi oublier - les impérieuses priorités de l’heure.

Vous ne me tiendrez pas rigueur, j’espère, pour cette dérogation aux préoccupations habituelles de ce blog. Pour me racheter, je ne peux que vous inviter à transformer cette invitation à partager le noir et le silence avec la France en une invitation à méditer pure et simple. Pendant ces cinq minutes-là mais pas seulement. Faute de mieux.

par Marc publié dans : actualité
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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