Un tel recul par rapport à la chose ne la rend pas moins agréable; mais alors, elle est plus que plaisante, elle est instructive.
faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
Boire un café avant de méditer le matin accélère la production de pensées, certes; mais cela renforce aussi la faculté d'observer cette production et donc cela favorise la distanciation souhaitée par l'observateur, des pensées qu'il observe.
Être adulte, ce n'est pas produire des enfants, c'est rester enfant soi-même. D'autres définitions sont disponibles. Prière d'attendre.
*: “It is my ambition to attain to obscurity.”
(Bhikkhu Nanamoli, A thinker's notebook, p. 15, Buddhist publication society, Kandy, Sri Lanka.)
[Des billets ont été programmés pour être délivrés chaque jour, tôt le matin d'Europe, pendant que je m’éloigne.
Attention, si vous êtes avertis des parutions journalières, ce ne sera peut-être plus le cas pendant cette période.
Désolé encore, mais je ne pourrai répondre à vos commentaires qu’à mon retour.
Merci beaucoup pour votre intérêt, chers amis, et à bientôt.]
Quand les joies de la vie ne s(er)ont plus que souvenirs d'un temps de liberté et de jeunesse, il reste(ra) encore les sensations fortes que nous offre parfois la nature: une mésange penchant la tête sur Dieu sait quel ravissement, un papillon multicolore laissant les ailes arrêtées, le temps de notre jouissance, sur la perfection divine de leurs dessins.
D'abord, se rendre compte que la conscience est infiniment multiple. Fleur, animal, chaque homme en particulier: aucun créature ne voit le monde de la même façon.
Ensuite, prendre conscience que cette multiplicité serait peut-être au fond un autre "méfait" de maya, l’illusion, en cela qu’elle occulterait le point de convergence de toutes les
consciences existantes; point de convergence dont, cela va sans dire, rien ne saurait être dit.
« Mon créateur », disait H. D. Thoreau.
Quel athée pourra convaincre qu'il y a création sans créateur? Cela semble bien plus malaisé que de faire le contraire.
Peut-être qu'est creuse toute argumentation tendant à prouver l'inessence* du créateur**, malgré sa création.
*: Pardon pour ce néologisme. Étonnant, n’est-il pas, que le dictionnaire ne donne comme contraires à essence que des mots comme accident, apparence ou encore existence?
**: Même si ce créateur était le vide ultime, synonyme de forme, évoqué dans le Prajnaparamitaridhaya sutra, là encore il serait.
2/2
À l’hôte du temple qui demandait au prêtre pourquoi il faisait des offrandes aux Dieux de cette île minuscule, le saint homme répondit: « C’est pour éloigner les lions. »
- Mais, rétorqua le visiteur, il n’y a pas de lions ici.
- Eh bien, vous voyez, ça marche.
Joe Zawinul est parti ce matin pour le pays de l’oiseau. Il était entré à l’hôpital début août.
Télépathie peut-être, j’avais beaucoup écouté Weather Report le mois dernier et bien entendu son "second"
dimanche. J’ignorais que ce serait le dernier de ce tout grand du jazz rock méditatif.
Jazz à fip lui rend hommage demain soir.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: