méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Dimanche 30 septembre 2007
Par la réflexion, le méditant peut très bien en arriver à considérer l’orgasme moins comme un plaisir que comme le résultat obligé de son instinct de reproduction.
Un tel recul par rapport à la chose ne la rend pas moins agréable; mais alors, elle est plus que plaisante, elle est instructive.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 29 septembre 2007

Boire un café avant de méditer le matin accélère la production de pensées, certes; mais cela renforce aussi la faculté d'observer cette production et donc cela favorise la distanciation souhaitée par l'observateur, des pensées qu'il observe.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 28 septembre 2007
Toutes les vies mèneraient en fin de compte à la prise de conscience que la vie est souffrance et donc, qu'un jour, il faudra ne plus se reproduire.
C'est peut-être ce qu’il faut entendre par progrès.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 27 septembre 2007
Consacrer des années à s'asseoir pour dépasser, oublier l'idée que nous nous asseyons pour quelque chose, c'est-à-dire au fond pour oublier qu'il y a quelqu'un qui s'assied. S'asseoir mais sans but conscient ou inconscient. Juste s'asseoir.
Et surtout que l'on ne parle pas de technique! Même pas de celle qui consiste simplement à observer ses pensées: comme les autres, elle suppose quelqu'un qui l’applique.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 26 septembre 2007

Être adulte, ce n'est pas produire des enfants, c'est rester enfant soi-même. D'autres définitions sont disponibles. Prière d'attendre.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 25 septembre 2007
La soif de la non-existence est encore une forme d'attachement, dit le bouddhisme.
Décidément il n'y aurait aucune échappatoire à la culpabilité de vivre.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 24 septembre 2007
La transcendance serait l'ascendance interrompue.
Nous montons et voulons aller toujours plus haut, jusqu’à nos sources du Gange. Lorsque nous réalisons que pour atteindre la cime, il faut vraiment - consciemment et inconsciemment - s'arrêter tout de suite, là où nous sommes, nous avons sans doute atteint ce sommet qu'aucune altitude terrestre ne peut approcher.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 23 septembre 2007
Assis, casser tout processus quand on sent qu’il mène à quelque chose. Ne vouloir rien atteindre. Ne rien vouloir. Ne pas être.
« Se dissoudre dans l'obscurité », souhaitait le Bhikkhu Nanamoli*. Une obscurité si dense que même l'ego n'est plus visible.




*: “It is my ambition to attain to obscurity.”
(Bhikkhu Nanamoli, A thinker's notebook, p. 15, Buddhist publication society, Kandy, Sri Lanka.)




[Des billets ont été programmés pour être délivrés chaque jour, tôt le matin d'Europe, pendant que je m’éloigne.
Attention, si vous êtes avertis des parutions journalières, ce ne sera peut-être plus le cas pendant cette période.
Désolé encore, mais je ne pourrai répondre à vos commentaires qu’à mon retour.
Merci beaucoup pour votre intérêt, chers amis, et à bientôt.]

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 22 septembre 2007

Quand les joies de la vie ne s(er)ont plus que souvenirs d'un temps de liberté et de jeunesse, il reste(ra) encore les sensations fortes que nous offre parfois la nature: une mésange penchant la tête sur Dieu sait quel ravissement, un papillon multicolore laissant les ailes arrêtées,  le temps de notre jouissance, sur la perfection divine de leurs dessins.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 21 septembre 2007
Il paraît que parfois, à force de réfléchir, le jnani* découvre les vérités, non pas comme elles sont consignées dans les livres sacrés de l’Inde, mais comme ceux qui les ont rédigées les ont d'abord pensées.
Quelle sensation extraordinaire ce doit être alors, de se percevoir dans les parages du plus que sacré, à l’aise avec les archétypes fondamentaux; et quel vertige de constater, depuis cette hauteur, ce qu'il en reste dans les esprits confus d'aujourd'hui!




*: Celui qui pratique le jnana yoga, le yoga de l’herméneutique.
par Marc publié dans : yoga
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Jeudi 20 septembre 2007
Le sage, le jnani, cherche, à force de concentration, à s'imprégner des mystères de l'existence pour en arriver parfois à se noyer dans la prise de conscience du problème existentiel qu'il se pose.
Peut-être est-ce ainsi qu’il arrivera à réaliser le mystère de la vie. Peut-être aussi, est-ce en se concentrant sur le reproducteur en puissance de cette vie qu’il est lui-même qu’il parviendra à se libérer de l’emprise de sa sexualité, libération qui, lorsqu’elle adviendra, viendra vraisemblablement de facto à bout de tout mystère.
Par ailleurs, faut-il vraiment utiliser le même mot amour pour exprimer le sentiment multidirectionnel et sans centre qui anime certains et celui, débouchant sur la vie-souffrance, qui caractérise la focalisation temporaire sur un partenaire victime lui aussi de l’emprise évoquée plus haut?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 19 septembre 2007
Classer les gens en honnêtes et malhonnêtes est peut-être inapproprié.
C’est qu’à l'origine d'un comportement, il y a une faculté plus ou moins grande de s'écouter. Quelqu'un qui sait s’isoler ne peut être réellement malhonnête: on ne peut bouffer son voisin, le jour; et au crépuscule, s'asseoir en silence.

Il n'y aurait donc pas de gens plus ou moins honnêtes, mais des gens plus ou moins à l'écoute d'eux-mêmes. (Vain d’ébruiter cela dans le monde corrompu qui nous entoure; mais peut-être que dans les prisons par exemple on pourrait faire quelque chose de cette supposition…)
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 18 septembre 2007

D'abord, se rendre compte que la conscience est infiniment multiple. Fleur, animal, chaque homme en particulier: aucun créature ne voit le monde de la même façon.
Ensuite, prendre conscience que cette multiplicité serait peut-être au fond un autre "méfait" de maya, l’illusion, en cela qu’elle occulterait le point de convergence de toutes les consciences existantes; point de convergence dont, cela va sans dire, rien ne saurait être dit.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 17 septembre 2007
Nous n’aurions qu'une vie... celle que nous construisons. Et nous n’aurions qu'un mental... celui que nous façonnons.
Tout serait mental, mais qu’y aurait-t-il derrière ce tout? Bonne question!

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 16 septembre 2007

« Mon créateur », disait H. D. Thoreau.
Quel athée pourra convaincre qu'il y a création sans créateur? Cela semble bien plus malaisé que de faire le contraire.
Peut-être qu'est creuse toute argumentation tendant à prouver l'inessence* du créateur**,  malgré sa création.




*: Pardon pour ce néologisme. Étonnant, n’est-il pas, que le dictionnaire ne donne comme contraires à essence que des mots comme accident, apparence ou encore existence?
**: Même si ce créateur était le vide ultime, synonyme de forme, évoqué dans le Prajnaparamitaridhaya sutra, là encore il serait.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 15 septembre 2007

2/2
À l’hôte du temple qui demandait au prêtre pourquoi il faisait des offrandes aux Dieux de cette île minuscule, le saint homme répondit: « C’est pour éloigner les lions. »
- Mais, rétorqua le visiteur, il n’y a pas de lions ici.
- Eh bien, vous voyez, ça marche.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 14 septembre 2007
1/2
La recherche du chemin, bien qu’essentielle, ne mènerait à rien. Il n'y aurait rien à y acquérir. Il faudrait être.

Tout est bien, ça marche. 
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 13 septembre 2007
Alors que le plaisir et la joie ont une cause, le bonheur serait acausal. Moins qu’on ne sache comment il vient que l’on ignore comment le reproduire.
Quant à son évanouissement, sa cause paraît plus claire: n’est-ce pas parce que l’on veut le retenir?

Le méditant fait une constatation similaire - et ce serait en cela que la méditation serait une école du bonheur - lors de son périple à l’intérieur de lui-même. En effet, n’est-ce parce qu’il désire - même sans le savoir, même à son corps défendant - perpétuer cet état extatique qu’il sent parfois naître en lui, que celui-ci le quitte aussitôt?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 12 septembre 2007
Le yoga serait le seul sport dont le style ne puisse évoluer. En cela, il serait le sport absolu, ou l'anti-sport.
Nous ne sautons pas une haie aujourd'hui comme nous le faisions il y a cinquante ans, nous n’allons pas au but, le ballon au pied, aujourd'hui comme hier, mais padmasana, la posture du lotus, elle, n'évolue pas. Si une attitude est statique, son histoire ne peut être faite que d’immobilité.
Padmasana serait le reflet d'une fleur, pas d'une grimace.
par Marc publié dans : yoga
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Mardi 11 septembre 2007

Joe Zawinul est parti ce matin pour le pays de l’oiseau. Il était entré à l’hôpital début août.
Télépathie peut-être, j’avais beaucoup écouté Weather Report le mois dernier et bien entendu son "second" dimanche. J’ignorais que ce serait le dernier de ce tout grand du jazz rock méditatif.
Jazz à fip lui rend hommage demain soir.

par Marc publié dans : musique
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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