Rendre audibles les diverses voix, souvent contradictoires, qui dialoguent dans un certain silence de nous-mêmes pour nous aider à envisager un concept dans sa globalité: ce serait une autre faculté à laquelle nous éveille la méditation.
faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
Rendre audibles les diverses voix, souvent contradictoires, qui dialoguent dans un certain silence de nous-mêmes pour nous aider à envisager un concept dans sa globalité: ce serait une autre faculté à laquelle nous éveille la méditation.
Leçon du maître impavide au disciple impatient:
« Vous voyez cette mouche qui devient folle à vouloir traverser la vitre qu’elle ne voit pas? Eh bien, beaucoup d’hommes sont comme cette mouche, face à l’existence. Ils se battent contre
son courant alors que certains y discernent bien cette merveilleuse transparence qui leur permet de voir « au-delà » de la vitre.
La vitre a son utilité pour l’homme qui sait à quoi elle sert: protéger tout en laissant passer la lumière. La vie a son utilité pour le sage qui sait pour quoi elle sert: nous porter quand nous
nous laissons aller. C’est comme si la mouche tout à coup avait compris et ne voulait plus traverser la vitre, mais voir à travers elle.
Trouver l’utilité véritable des choses, voilà la sagesse; trouver l’utilité véritable de la vie, voilà le Tao. »
La méditation est peut-être la seule école où l’on ne donne pas de réponses mais où l’on pose des questions. Bien sûr, pas n’importe quelles questions.
Mais de bonnes questions, y en a-t-il plus d’une? Comme vous, j’en doute, croyant la connaître, moi aussi.
À la réflexion, j’en ajouterais toutefois quelques autres gravitant autour d’elle: convient-il de la considérer définitivement comme telle, convient-il de lui donner une réponse définitive,
temporaire, ou pas de réponse du tout? Et au fond, est-ce vraiment la question?
Et vous?
Nous avons un cerveau assez performant, mais aussi des bras qui peuvent être secourables. La pensée s'affinerait par sa purification, l'action se sublimerait dans le don de soi.
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Sans doute faut-il se garder de croire que le chemin est à simple voie: il y a bien sûr la voie de la purification de l’esprit par la méditation, mais elle s’avèrerait impraticable dans une tour
d’ivoire. Il faudrait savoir en descendre et se donner. Sans don de soi, toute démarche méditative n'est-elle pas vouée à la désintégration narcissique?
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Transformer le « Ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’ils vous fassent » en « Faites aux autres ce que vous aimeriez qu’ils vous fassent »… et voir ce que
devient la vie dans ce soulagement de l’ego.
Passer de l’état de créature à celui de créateur.
Un « e » déplacé qui change tout…
Nous ne pourrions tuer le désir par le désir de tuer le désir.
Seul le temps pourrait y parvenir; et la patience, l’accommodation et la résignation. La soumission, diraient les hindous.
Tous ces concepts seraient pourtant illusoires, comme celui de désir lui-même. Mais nous serions amenés à jouer dans cette cour des grands fictive, dans ce monde qui n’est pas le nôtre, même si
nous n’en connaissons pas d’autres.
Il faudrait se débattre avec l’illusion, même si nous-mêmes sommes illusoires, et laisser au désir le soin de se saborder.
« La vie est brève, l'âme est vaste. Posséder, c'est être en retard*, » disait Fernando Pessoa. Qu’ils sont lumineux, ces mots, quand nous réalisons que nos pensées sont aussi nos
possessions!
*: Propos cités par André Velter dans le Monde du 29 avril 1988, comme faisant partie de l'ouvrage « Message ».
Je remercie enfin les courageux vacanciers qui ont délaissé un temps leur fauteuil de jardin pour répondre au devoir de vacances du premier août. Leurs copies sont ici.
P.S.: Ceux qui sont inscrits (ou qui vont s’inscrire aujourd’hui: voir colonne de droite) à la newsletter recevront demain quelques statistiques concernant ce blog, le leur.
En considérant le satori comme l'orgasme de la terre et le méditant comme son sexe, nous éviterions l'impasse dans laquelle nous mène inévitablement la question de savoir si l'illumination est progressive ou soudaine: la libération-orgasme ne serait ni soudaine ni progressive; elle serait extatique, ce qui est manifestement hors du temps, hors de la sensation de durée, dans un monde où plus rien n'existe que ce choc qui nous écarquille les yeux et rend notre voix rauque, une voix qui exprime la plus intime émotion, la plus grande surprise, la joie totale, la naissance du monde.
Les feux de signalisation sont créés par l’homme. Un arbre, pas. C’est pourquoi seul le second est paisible.
La paix et son corollaire, le silence, peuvent être goûtés seulement dans la nature.
Les textes mystiques, s’ils attestent l’existence d’états de conscience autres, auraient un côté pervers en cela qu’ils éveillent en nous le désir de connaître ces états et renforcent
ainsi notre ego désirant.
Or, ce que désire en Réalité le méditant serait hors du temps, ce serait l’absence de désir, le
désespoir*; bref ce serait être que le méditant désire, l’Être qu’il ne pourrait jamais atteindre car il le serait déjà et cela, depuis l’inexistant début de
lui-même**.
*: Au sens littéral d’absence d’espoir, de désespérance existentielle, de contentement.
**: C’est-à-dire de toute éternité, mais ce dernier concept est trompeur car il est forcément inséparable de sa référence temporelle.
Ahimsa (la non-violence), le concept le plus noble de l’Inde (indépendante depuis 60
ans aujourd’hui) du Mahatma Gandhi* est aussi d’une certaine façon taoïste. En effet la non-violence vis-à-vis du mental équivaut au non-effort, concept de la Chine ancienne
en l’occurrence.
L’ego étant illusoire en Réalité, toute activité de celui-ci serait donc illusoire (maya). Raison de plus pour ne pas l’impliquer** dans une démarche - attitude ou action - violente.
*: Mais aussi de Maharshi Patanjali, l’auteur des Yoga Sutra, qui, selon certains yogis authentiques, en aurait fait la clé de la compréhension de son système philosophique, raison pour
laquelle les Occidentaux non familiers avec l’Inde n’y comprendraient rien.
**: Le non-impliquant étant aussi l’ego, et la non-implication nécessitant aussi de se faire violence, c’est entendu.
Quelle place occupe la spiritualité dans la musique aujourd'hui?
Arte tente de répondre à cette question ce soir à 23h30 dans un documentaire programmé dans le
cadre de son été Summer of love, où il célèbre intelligemment depuis juillet, les mardis, le quarantième anniversaire du seul raz-de-marée salutaire du vingtième siècle, cet été
67 qui partit de Californie pour marquer un certain temps le monde et lui faire apprécier l’amour, les fleurs et même les mantras de l’Inde.
Ajout du 16/08 : vous trouverez en commentaire quelques perles entendues lors de cette émission.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: