Dans le supplément en anglais du Monde du 2 juin, le New York Times nous proposait un article au titre prometteur pour tout méditant: In a Digital Click, The Moment Is Lost
Forever.
Je me réjouissais à l’avance de lire un texte (ils sont si rares) qui allait faire l’éloge du moment « non perdu » lorsqu’on s’abstient de le retenir dans une boîte noire, numérique en
l’occurrence mais bon, rien n’interdisait à l’auteur d’extrapoler au cerveau humain puisqu’il est, lui aussi, pourvu d’une mémoire.
Hélas, il me fallut déchanter à la lecture. Damon Darlin expliquait en réalité (et pour faire bref) que nombre d’appareils numériques ont de grandes difficultés à immortaliser un sujet en
mouvement, le temps de réponse du « Digital Click » étant trop long. Une autre façon, vous en conviendrez, de concevoir ce qu’est un moment perdu, et
dans la foulée, un moment tout court, une respiration retenue, un ouf, un simple et merveilleux instant d’une conscience humaine.
Regrettable et surtout futile par rapport à ce qu’on aurait pu tirer d’un tel titre: une apologie (ici encore pour faire bref) de l’instant dégusté sans esprit appropriation, intensément
vécu, réel et pour tout dire: éternel autant qu'éphémère.



vous avez dit: