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L’Occident se spécialise avec de plus en plus de succès dans l’explication rationnelle des phénomènes.
La science résout presque tous les problèmes qu’elle se pose (même s’il s’agit de ceux-là seulement) et les sciences humaines sont de plus en plus à même de cerner nos comportements et d’en
déceler les causes, surtout s’ils sortent de ce que ses spécialistes appellent la norme. Rien ou presque qui ne trouve solution.
Pour positif que cela soit parfois, il n’en reste pas moins que cette façon de faire finit par nous submerger. Comme disait un philosophe, « nous sommes devenus conditionnés à résoudre des
problèmes ». Il s’agit d’une drogue en forme de points d’interrogation: « Comment? Pourquoi? », nous demandons-nous perpétuellement; et perpétuellement
nous voilà repartis sur les chemins d’un autre doute, d’une autre investigation, d’une autre insatisfaction.
Il est pourtant un domaine dans lequel le cerveau rationnel de l’homme se révèle inefficace (justement parce qu’il est rationnel): le monde des paradoxes.
Ceux-ci ont en effet intrigué beaucoup d’esprits brillants, scientifiques ou non. Pour les adeptes du rinzaï zen par exemple, le paradoxe (appelé ici koan)
sert même de sujet de concentration afin de changer de niveau de conscience (un saut quantique) et vivre le satori, cet inexprimable état libre de tout esclavage vis-à-vis des questions
(et des paradoxes)…



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