méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Dimanche 18 mai 2008
Si les gens se voyaient avec les yeux de ceux qu’ils indiffèrent, survivraient-ils alors, se voyant s’agiter dans tous les sens comme si la terre ne pouvait tourner sans eux?




P.S.: Le billet du 18 mai 2007 évoquait une bizarrerie du cerveau humain que déplore tout méditant.
par Marc publié dans : actualité
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Samedi 17 mai 2008
Ecouter la radio, lire. Se rendre compte que chacun se croit important dans sa niche (« Regardez comme je parle bien, comme j’écris bien. »). Voir la futilité partout. Le dérisoire en toute chose. Retourner s’asseoir dans le silence. Laisser faire le (prin)temps. Ne rien vouloir prouver.




P.S.: Le billet du 17 mai 2007 parlait de longévité. Il y était question de F. Nietzsche, J. Kessel, B. Chatwin, H. D. Thoreau, G.I. Gurdjieff. Que du beau monde. D’autant plus que N. Bouvier fut invité aussi (dans les commentaires).
par Marc publié dans : actualité
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Vendredi 16 mai 2008
« Plus jamais seul », dit la publicité pour le téléphone portable.
Assurément, l’habitué du silence n’y sera pas sensible; pour lui, la solitude n’est pas un problème mais la nécessité première de son existence*.




*: Il s’agit d’une note déjà ancienne, une dizaine années peut-être. Aujourd’hui, on n’a plus à convaincre grand monde. La planète entière a des puces à l’oreille, terrassée par cette publicité aussi subtile que concise.
Le second paragraphe concernant encore quelques individus, je me suis pourtant décidé à livrer le tout.
P.S.: Le billet du 16 mai 2007 parlait de simplicité. Un de ses commentaires disait: « J'aime particulièrement cette fulgurance qui appelle plus la méditation que le commentaire car elle représente l'enjeu de toute vie. » Envie de voir?
par Marc publié dans : actualité
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Jeudi 15 mai 2008
Il semblerait que la familiarité avec les états particuliers de la conscience (atteints notamment par - ou au terme de - l’une ou l’autre pratique méditative) rende la personne moins sensible à sa souffrance et plus à la souffrance. Celle de l’homme et même de tout le vivant, s’entend.

(Réfléchissant à cela, je me suis rappelé les réserves formulées par Mircea Eliade quant à la conception sotériologique du Sâmkhya: « Partant de la donnée initiale de toute philosophie indienne: la douleur, en promettant de délivrer l’homme de la douleur, le Sâmkhya et le Yoga sont forcés, au terme de leur itinéraire, de nier la douleur en tant que telle, la douleur humaine. *». Peut-être Eliade n’a-t-il pas bien vu le distinguo soulevé plus haut ni les faits que moins on souffre plus on compatit et que plus on compatit moins on souffre.)




*: Le yoga, Immortalité et liberté, Mircea Eliade, Payot, 1991, p.45. Le chapitre dont est issu ce court extrait mérite une lecture exhaustive.
P.S.: Le billet du 15 mai 2007 parlait d’extravagance.
par Marc publié dans : yoga
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Mercredi 14 mai 2008
La difficulté du hatha yoga, c’est qu’il ne faut pas aller plus loin que l’élimination de la cuirasse musculaire*. Au-delà de la souplesse naturelle recouvrée, nous nous vautrerions dans le démonstratif vulgaire, source de fierté.
La première partie du travail est louable: nous perdons quelque chose. La seconde l’est moins.
Le yoga doit découvrir et non recouvrir, faire procéder vers l’ontologique et non l’ontique, selon les termes d’Heidegger.




*: Voyez Wilhelm Reich.
P.S.: Le billet du 14 mai 2007 parlait de conciliation.
par Marc publié dans : yoga
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Mardi 13 mai 2008
Le hatha yoga qui affaiblit la cuirasse musculaire*, pratiqué de concert avec la méditation (raja yoga) qui elle, fatigue la cuirasse mentale (citta vritti**), nous permet d’enfin nous asseoir et de nous concentrer avec une certaine constance sur les questions essentielles dont le côtoiement fait de nous des humains au sens noble du terme.




*: Enseigné en Inde et plus rarement, en Occident.
**: Voyez Patanjali.
P.S.: Le billet du 13 mai 2007 parlait de désenchantement. Il avait suscité des commentaires d’une rare intelligence.
par Marc publié dans : yoga
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Lundi 12 mai 2008
Respirer est le premier miracle, celui qui rend les autres possibles.




P.S.: Le billet du 12 mai 2007 parlait du ciel, la nuit, et de construction mentale.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 11 mai 2008
Le lieu de la posture assise est sans doute le plus propice pour l’éradication de la marge séparant ce que nous sommes, ressentons ou faisons et ce que nous aimerions être, ressentir ou faire. Et aussi un des meilleurs pour jouir de sa disparition.




P.S.: Le billet du 11 mai 2007 évoquait une abyssale énigme.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 10 mai 2008
Il n’y aurait que la simplicité pour cacher la sagesse.




P.S.: Le billet du 10 mai 2007 de saisissement. Effrayant?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 9 mai 2008
Si vous êtes l’unique sujet de vos préoccupations, votre esprit n’aura pas acquis assez de légèreté à l’heure de votre mort pour pouvoir s’envoler au-delà du champ de gravité de la terre (même la lune en est prisonnière) et vous reviendrez à nouveau vous enrober d’une enveloppe charnelle vouée à la souffrance…
Si au contraire vos préoccupations sont celles du Sens, alors votre esprit s’échappera pour toujours et ira rejoindre Celui qui était le sujet de vos méditations terrestres…
Ce genre de prose vous laisse de marbre? Tant mieux!
En Réalité, aucun esprit n’aurait à s’échapper de quoi que ce soit. Sa prison serait illusoire; comme le serait son supposé détenu. Seul le silence...




P.S.: Le billet du 9 mai 2007 parlait de relativité. Un dernier effort pour aujourd'hui.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 8 mai 2008
La personne du gourou n’est importante qu’en cela que sa vie doit être conforme à ses dires.
Et si un tel gourou ne doit pas faire l’objet d’admiration excessive, un gourou agissant de façon par trop commune n’est même pas digne d’écoute, quelle que soit l’apparente pertinence de son discours.
Considérant cela, il ne reste plus grand monde à qui prêter l’oreille.




P.S.: Le billet du 7 mai 2007 parlait d'indicibilité
. Difficile!
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 7 mai 2008
L’extase étant (selon d’aucuns) une non-expérience*, les chemins pour y parvenir obéiraient à certaines considérations paradoxales. Ils pourraient être suivis mais en aucun cas suggérés, indiqués ou dirigés.
Au fond, peuvent-ils seulement exister, ces chemins, alors qu’ils impliquent une destination, et qu’ici la destination est une non-destination, l’autre rive de nulle part?
Dans l’absolu, la volonté d’atteindre cette destination serait même inexistante.
Quant au non-but, la non-expérience elle-même, elle ne pourrait être désirée. Par qui le serait-elle?




*: En ce sens qu’elle n’est pas ressentie par un « je ».
P.S.: Le billet du 7 mai 2007 parlait de la plénitude, ce bonheur qui ne serait accessible que par le non-effort (encore lui).
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 6 mai 2008
Alors que l’Occidental aspire à la vie éternelle, l’Oriental lui, considérant que la vie est souffrance, souhaite la mort éternelle, la sortie du cycle des naissances-morts récidivé à l’infini.
Mais qui donc a raison?




P.S.: Le billet du 6 mai 2007 parlait de quelques approches transculturelles de l’idée de perfection.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 5 mai 2008
2/2
Ne pas se reproduire: ce serait là notre seule marge de manœuvre, à nous humains, vis-à-vis du Créateur*.




*: Je dois à la vérité de dire que cette ancienne fulgurance me paraît aujourd’hui inexacte. Nous aurions en réalité deux marges de manoeuvre. Jugez plutôt, avec cette profondissime réflexion de l’auteur de l’Exil intérieur:
 « Dans le fond, il n'y a que deux idées qui m'auront vraiment tenu à cœur, deux idées que j'ai retrouvées chez Schopenhauer, Cioran, Thomas Bernhard, mais qui me semblaient déjà belles quand j'avais quinze ans. La première est que l'un des privilèges de l'homme est de pouvoir mourir à volonté. La seconde est ce privilège non moins exceptionnel de pouvoir s'abstenir de procréer. »
(Roland Jaccard, dans le Magazine littéraire de juillet-août 1990, p. 24)
P.S.: Le billet du 5 mai 2007 donnait en toute innocence la clé pour sauver le monde. Personne ne l’a prise.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 4 mai 2008
1/2
La douleur est universelle: c’est là une tragédie que tous les êtres vivants sont amenés à goûter. Cette tragédie vaut-elle la satisfaction éprouvée en la reproduisant?




P.S.: Le billet du 4 mai 2007 évoquait avec concision une certaine attribution, d’une importance décisive.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 3 mai 2008
Le bouddhisme serait supérieur à l’hindouisme en cela qu’il dénonce comme étant illusoire tout ce qui est (sarvam anatmam), y compris ce que l’hindou appelle la Réalité Ultime. Le bouddhisme ose dire que même Brahman est illusoire, que la Réalité Ultime n’est jamais que la pénultième.
L’hindouisme surpasserait le bouddhisme en cela qu’il se refuse d’éviter certaines questions vraisemblablement sans réponse sous prétexte que l’urgence est ailleurs. L’hindou pense que se poser ces questions-là n’est pas à négliger, qu’il y a même une certaine beauté, désespérée très certainement, dans le fait de se mesurer ainsi à un mur que l’on sait ne pas pouvoir abattre.




P.S.: Comment faire le bilan d’une vie? Le billet du 3 mai 2007 hasardait une piste.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 2 mai 2008
Parler de yoga sans aborder la méditation*, c’est un peu comme parler de plongée sous-marine sans évoquer la mer.




*: Une lacune exclusivement occidentale, il va de soi.
P.S.: Le billet du 2 mai 2007 parlait aussi d'une transposition, mais heureuse celle-là.
par Marc publié dans : yoga
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Jeudi 1 mai 2008
« Nous devons regarder longtemps avant de voir », disait H. D. Thoreau dans A natural history of Massachusetts.
Hier soir, à écouter la nature après le coucher du soleil de printemps, je me disais que ce n’était pas tout: nous devons aussi écouter longtemps avant d’entendre*.
Entendre d’abord les bruits du monde, et exclusivement eux. Ensuite seulement viendra le silence métaphysique, le tout autre chose que l’absence de bruits. Lui aussi peut être entendu.




*: Et peut-être est-ce vrai pour tous les sens.
P.S.: Le billet du premier mai 2007 parlait du mythe de l’accomplissement par le travail. Serez-vous d’accord?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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