méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Jeudi 31 mai 2007

La pratique de la méditation, c’est se tenir Absolument prêt à faire face à la divine éventualité de la mort. (Et cela, sans morbidité aucune.)

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 30 mai 2007

Nous ne méditons pas pour nous-mêmes. Nous méditons pour être mieux et ainsi pouvoir donner aux autres plus, beaucoup plus, de ce bonheur qui leur est dû.
Cette perspective dualiste plaît parce qu’elle renvoie l’Occidental à ses vertus: l’amour, le don de soi.Ce n’est pas certes à dédaigner! Mais il y a aussi une autre façon d’aborder les choses, non-dualiste, celle-là. C’est de considérer que, l’ego étant illusoire, c’est à l’ensemble du vivant («Que tous les êtres soient heureux!», souhaitait le Bouddha) que nous faisons du bien en faisant du bien à ceux trop hâtivement dénommés «nous-mêmes».

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 29 mai 2007

Il y en a pour qui les hommes sont tellement horribles qu’ils leur préfèrent les animaux.
Peut-être, en ce cas de répulsion extrême, faudrait-il leur préférer les livres. Moins encore que Médor et Poussy, Tchouang-tseu et Hermann Hesse ne déçoivent jamais.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 28 mai 2007

Chercheurs du chemin, le but est peut-être le chemin, le chemin est peut-être un non-chemin, le non-chemin est peut-être le non-chercheur.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 27 mai 2007

Extatiquement, l’instant se vit, la vie s’écoule.
De quoi nous plaindrions-nous?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 26 mai 2007

D’un coup, voir le monde comme un tout.
Et réaliser que cette conscience que je dis mienne est* cela.




*: En Réalité

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 25 mai 2007
Si les particules d’eau du Gange ne s’abandonnaient pas complètement, qui déciderait où chacune d’elles doit aller pour que le Gange reste toujours le même, également réparti entre ses courants forts et ses bords calmes où l’eau sacrée vient lécher les pierres et le sable?
Le laisser-aller semble être la règle dans la nature, il apparaît comme le garant de l’harmonie des choses. Seul l’homme ne se conformerait pas à la loi. Seul l’homme souffrirait. De sa propre résistance.

 

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 24 mai 2007
Vu sous l’angle du contemplatif, l’événement le plus important de ce millénaire (qui s’annonce bien funeste pour l’humanité) s’est peut-être déjà produit. On le trouvait, tapi, dans le journal d'hier. 9 lignes en page 46 qui nous apprenaient que Rod Baber avait réussi à téléphoner « sur son portable » au sommet de l’Everest.
En réalité, la nouvelle est d’importance. Historique autant que symbolique. C’est que la victoire de Big Brother est maintenant complète. Plus aucun recoin de la planète ne lui échappe pour nous situer, nous interrompre et disposer de nous, même pas le toit du monde sur lequel il vient, grâce à son gentil soldat Baber, de planter son drapeau.
Permettez-moi quand même de proposer une (toute dernière) minute de silence pour le silence. Requiem in pace.

 


P.S. : « Baberie » veut dire coup bas (même porté en altitude). Je propose ce néologisme pour remplacer dorénavant « vacherie » dans le langage commun. Elles ne nous ont rien fait, les vaches.

par Marc publié dans : actualité
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Mercredi 23 mai 2007
Aussi longtemps que nous restons dans le champ du mental, toutes les métaphores sont plausibles: il y a des chakra, une kundalini, des énergies, des vibrations, que sais-je encore, et il y a aussi des spécialistes pour nous initier.
C’est lorsque nous accédons au champ, par nature indescriptible, du non-mental que tout cela devient vain. Absolument tous les concepts se valent alors par leur relativité. Même si certains d’entre eux, comme ceux mentionnés plus haut, sont perçus comme particulièrement égocentriques (à l’image de ceux qui nous en parlent en soi-disant connaissance de cause).

 

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 22 mai 2007

Les vrais hommes de Dieu ne nous suggèreraient pas de nous soumettre à une soi-disant divinité bienfaisante extérieure à nous-mêmes et qui serait attentive à nos efforts pour lui plaire; ils nous conseilleraient plutôt de nous rendre à nous-mêmes.
Auquel cas, parler de laisser faire est suffisant, puisque c’est ce que nous désirons au plus profond de nous.
Se rendre à soi-même, c’est s’écouter et obéir à cette voix qui dit: je veux la paix, je veux arrêter de désirer, de courir, de faire quelque effort que ce soit. Dans cette optique d’ailleurs,
il n’y a pas un seul effort qui soit sensé.

 

 

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 21 mai 2007
En contrebas du petit temple dédié à Bouddha, il y a la beauté de cette mare aux nénuphars. L’ombre y est fraîche. Un muret hospitalier l’entoure. Il est tentant de s’y asseoir.
J’y ai écouté les bruits de la nature et humé des odeurs sucrées. Puis je suis revenu à des pensées et ce monde enchanteur s’est brisé et perdu.
Nous avons tellement l’habitude de penser… Pourtant ici, il n’y en avait nul besoin. Si loin du monde, il n’y avait aucun « problème » à résoudre, aucune action à entreprendre. Il y avait à être, à sentir la sereine et extatique beauté de cet endroit de pureté du sud de l’Inde. Il n’y avait rien d’autre à faire, et pourtant je l’ai fait: alors que les conditions étaient idéales, j’ai perdu de ce temps* qu’Il m’a donné pour qu’Il prenne conscience de Lui-même à la faveur de mon silence. Je me rends compte de cela, et c’est extraordinaire, quasiment mystique de s’en rendre compte.
Une fameuse leçon donnée là par la nature en ce lieu oublié**!





*: Bien qu’à un autre niveau de conscience, il n’y ait bien sûr pas de temps perdu; et qu’à un niveau encore différent, il n’y ait même plus de temps qui soit: seulement son concept enveloppé dans l’illusion.
**: Adyar, Theosophical Society, the pond near the buddhist temple, 11h19, 13th February 1990

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 20 mai 2007

En attente, nous ne sommes pas. Nous sommes en attente... d’être.
Le méditant qui perçoit cela pour la première fois, comment pourra-t-il se consoler d’avoir été si longtemps spolié?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 19 mai 2007

Indémontrables mais vraisemblables, ces fulgurances emboîtées:
Toute pensée est reliée au temps. Elle le génère, puis s’appuie sur lui et le consolide.
Tout silence introduit le présent*.




*: On peut proposer le quatrième postulat (et même d'autres encore). Un devoir de week-end en quelque sorte.

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Vendredi 18 mai 2007
Il est toujours étonnant de constater combien le mental éprouve du plaisir à imaginer une scène agréable de ce qu’il appelle lui-même le futur, plutôt que de rester dans le présent. Ce présent est pourtant appréciable lui aussi, bien souvent. Pour s’en convaincre, il suffit de penser que nous avons déjà regretté maints moments du passé qui, lorsqu’ils étaient vécus - lorsqu’ils étaient le présent - ne nous avaient paru en rien mémorables.
Tout se passe comme si le présent nous échappait et comme si nous ne pouvions avoir de lui qu’une vision indirecte, réfléchie*, soit via un présent imaginé dans le futur, soit via un présent retrouvé dans le passé.
Étrange, au fond, ce fonctionnement du cerveau humain qui évite systématiquement par la pensée incessante, la perception de l’instant.





*: Au propre comme au figuré

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 17 mai 2007
« Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort. » C’est bien vrai pour tout le monde, même pour les plus mauvais élèves de « l’école de guerre de la vie » (dixit F. Nietzsche, philosophant au marteau).
Mais pour se fortifier, l’étudiant dispose d’au moins deux autres écoles, de paix celles-là: celles du voyage et de la méditation.
Bruce Chatwin se fit l’avocat de la première: il pensait que nos problèmes sont liés à notre sédentarité, car l’humanité est née nomade. Et sur la route, ce grand voyageur fut précédé par Joseph Kessel qui affirmait, si je ne me trompe, que « voyager, c’est vivre sept fois. »
H. D. Thoreau aurait sans doute rétorqué que pour vivre sept vies, méditer est plus indiqué encore. Dans son journal de janvier 1857 on trouve en effet cette perle: « Souvent, l'homme que je rencontre m'apprend moins de choses que le silence qu'il interrompt. »

Quant à G. I. Gurdjieff, qui lors de ses errances rencontra nombre d’hommes remarquables, capables aussi du plus grand silence, il fit sans doute l’expérience la plus forte des deux mondes. Quelle destinée!
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 16 mai 2007

L’homme accompli (« réalisé », disent les Hindous) serait le plus ordinaire.
Lui seul pourrait s’extasier devant la banalité de l’existence. Chacune de ses respirations lui serait un événement; plus même, un miracle. Lui seul serait l’ami du temps, un temps qu’il ne voudrait surtout pas tuer comme le font ceux que terrorisent les abîmes du vide et de l’ennui.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 15 mai 2007

Le marginal dans nos sociétés crispées sourit de bien-être. Avoir les muscles du visage relâchés, voilà de quoi rendre suspect.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 14 mai 2007

Pour que les mondes de la contemplation et de la recherche du chemin aient pour soi un sens, il faut peut-être comme condition nécessaire et suffisante être de ceux pour lesquels la sérénité est la plus grande des félicités.
D’ailleurs, il n’est sans doute point d’humain qui, ayant connu le plus grand silence, en soit revenu à l’agitation et à la dispersion; et cela pour la simple raison qu’un esprit capable d’une telle volte-face insensée* n’aurait pu initialement concevoir un désir de grandissime silence, désir qu’il faut d’une façon ou d’une autre émettre pour qu’il se réalise.

 

 

 

*: Pour ne pas dire contre nature.

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Dimanche 13 mai 2007

Cette terre est peuplée d’humains qui croient croire en Dieu. Rares sont ceux, hélas, qui croient Réellement en lui, cette réalisation suprême. Une réalisation tellement au-delà de la pensée et du langage que nous pourrions tout aussi bien dire d’elle qu’elle consiste à ne croire en rien.
Ne croire en rien? Alors nous serions vides. Et seul le vide pourrait se fondre dans le Vide, tout le reste le remplissant, l’annihilant.

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Samedi 12 mai 2007

Les constellations d’étoiles seraient un (bien bel) exemple de création mentale, n’ayant que la réalité que nous voulons bien leur donner.Quant à leur Réalité, pour cela comme pour tout, elle serait autre, tout autre.

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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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