En fait, s’il est vrai que le physique doit d’abord travailler patiemment le mental pour que celui-ci s’éveille à un minimum de souplesse/sérénité/immobilité, il semble bien que ce n’est pourtant que lorsque le mental aura fait un certain chemin par lui-même, c’est-à-dire par la méditation, que le déclic physique se produira. Les progrès dans la souplesse du corps, dans la lenteur de la respiration et dans la tenue de la posture s’accélèreront alors de façon significative; bientôt aussi, toute agitation aura disparu et, comme l’enfant que nous avons été, nous goûterons à nouveau à l’instant.
Au fond, ce serait l’esprit du méditant bien plus que son corps, qui rend l’immobilité possible.
Vu de l’Inde*, Shankara avait sans doute raison et Patanjali, tort**.
*: Celle qui s'extrait du monde un peu chaque jour.
**: Pour autant que l’on se cantonne à une lecture exotérique de ses Yoga sutra. Shankara dans Aparoksanubhuti (119/120) est, lui, tout à fait clair: raillant les exercices de respiration (pranayama) du hatha yoga, il prétend que la respiration est dépendante du mental et non l’inverse. La méditation permet, selon lui, de pacifier le mental; et le corps, alors, respirera calmement. Vouloir contrôler la respiration d’abord, pense-t-il, c’est mettre la charrue avant les bœufs.
P.S.: Le billet du 24 avril 2007 évoquait cette fiction qu’est le temps.



vous avez dit: