méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Mercredi 30 avril 2008
Les seules barricades étant intérieures, pour le méditant mai 68 c’est tous les matins.




P.S.: Le billet du 30 avril 2007 parlait de délicatesse. Un bien beau mot, délicatesse. Que l’on a tellement peu l’occasion de prononcer aujourd’hui que le Petit Robert le qualifiera très bientôt de « vieilli », vous allez voir.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 29 avril 2008
La méditation est une occupation esthétique. Comme la beauté, elle est souvent involontaire.




P.S.: Comment traduire le « mindfulness » du méditant, se demandait-on dans le billet du 29 avril 2007.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 28 avril 2008
La vue et l’ouïe.
Les six systèmes philosophiques hindous sont autant de visions (darshana) du monde. La vérité y est vue. La civilisation du Dharma éternel est celle de l’œil.
Les civilisations judéo-chrétienne et musulmane, elles, sont celles de l’oreille. La parole divine, telle que la propose la Thora (la loi qui est dans la bouche), la Bible (la parole de Dieu) ou le Coran (la récitation) y est entendue.
Tous ces résidus filtrés par les sens sont de l’ordre du relatif.

La religion qui ralliera tous les hommes aura peut-être le goût de l’absence*, d’un certain mélange de cécité et de mutisme. Il s’en dégagera alors l’absolu qui, seul sans doute, relie.




*: Cette absence est déjà parfois évoquée. Exemples: « Le Tao dont on parle n’est pas le vrai Tao. » (taoïsme), « Dès que vous parlez, vous ratez votre cible. » (dicton du zen) ou « Ô, Saripoutra, ici, le vide est la forme, la forme est le vide. […]  O, Saripoutra, toutes choses ici-bas ont le caractère du vide. […] » (zen encore, dans le Prajnaparamita sutra). Encore qu’en argumentant ces propositions radicales et en s’en faisant les défenseurs, leurs commentateurs les déforcent souvent.
P.S.: Avec le billet du 28 avril 2007 se terminait une série de quatre réflexions sur l’ extase. On soulignait ici la présence de l'extasié.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 27 avril 2008
L’ignorance rend péremptoire.




P.S.: Le billet du 27 avril 2007 suggérait que l’ extase est l’absence de tout désir, y compris du désir d’elle. Il s’agirait d’un des billets les plus déterminants écrits sur ce blog, et toujours susceptible d’être commenté.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 26 avril 2008
De ces gens qui font pénitence, J. Krishnamurti décrétait qu’ils étaient dans un processus de punition-récompense.
Gardons-nous de les juger, car ils sont plus à plaindre qu’à blâmer. Ils semblent ignorer, en effet, que le but n’est pas tant de se rendre maître de l’ego que de s’en rendre quitte.




P.S.: Le billet du 26 avril 2007 évoquait cette délicieuse expérience de l’ extase qui ferait aller loin dans l’anormalité…
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 25 avril 2008
Dans la rubrique « actualité » - trop peu fournie et pour cause en ces temps agités - de ce blog sur la méditation


, une scène printanière vue hier:





 





qui, curieusement, m’a rappelé Schopenhauer:
« La nature ne peut atteindre son but qu’en faisant naître chez l’individu une certaine illusion, à la faveur de laquelle il regarde comme un avantage personnel ce qui en réalité n’en est un que pour l’espèce, si bien que c’est pour l’espèce qu’il travaille quand il s’imagine travailler pour lui-même. »
(Cette phrase est extraite du Monde comme volonté et comme représentation.)

Mais il y eut ensuite un bémol:


 Qu'en aurait pensé Schopenhauer, à votre avis?




P.S.: Le billet du 25 avril 2007 entamait, lui, une série de quatre propositions sur l’ extase.
par Marc publié dans : actualité
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Jeudi 24 avril 2008
Les pratiquants du hatha yoga s’interrogent souvent en vain sur les relations entre la souplesse du corps et celle de l’intellect, entre la respiration lente et la sérénité du mental, entre la posture immobile et l’esprit en extase, c’est-à-dire aux fluctuations arrêtées.
En fait, s’il est vrai que le physique doit d’abord travailler patiemment le mental pour que celui-ci s’éveille à un minimum de souplesse/sérénité/immobilité, il semble bien que ce n’est pourtant que lorsque le mental aura fait un certain chemin par lui-même, c’est-à-dire par la méditation, que le déclic physique se produira. Les progrès dans la souplesse du corps, dans la lenteur de la respiration et dans la tenue de la posture s’accélèreront alors de façon significative; bientôt aussi, toute agitation aura disparu et, comme l’enfant que nous avons été, nous goûterons à nouveau à l’instant.
Au fond, ce serait l’esprit du méditant bien plus que son corps, qui rend l’immobilité possible.
Vu de l’Inde*, Shankara avait sans doute raison et Patanjali, tort**.



*: Celle qui s'extrait du monde un peu chaque jour.
**: Pour autant que l’on se cantonne à une lecture exotérique de ses Yoga sutra. Shankara dans Aparoksanubhuti (119/120) est, lui, tout à fait clair: raillant les exercices de respiration (pranayama) du hatha yoga, il prétend que la respiration est dépendante du mental et non l’inverse. La méditation permet, selon lui, de pacifier le mental; et le corps, alors, respirera calmement. Vouloir contrôler la respiration d’abord, pense-t-il, c’est mettre la charrue avant les bœufs.
P.S.: Le billet du 24 avril 2007 évoquait cette fiction qu’est le temps.
 
par Marc publié dans : yoga
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Mercredi 23 avril 2008
2/2
… non seulement il nous empêcherait de souffrir de la douleur du monde [, cet ego], mais bien souvent il s'en réjouit: « Tant mieux, c'est lui, ce n'est pas moi... » Et là, ce serait bien plus regrettable encore: car à se réjouir de la douleur de l'autre, nous la générerions inconsciemment. Un dernier pas, et nous la provoquerions sciemment. Et sa douleur étant la nôtre, c'est l'humanité toute entière qui souffrirait d’une souffrance évitable*.
Autre façon de voir la chose: nous nous réjouissons de la souffrance de l’autre, et lui se réjouit de la nôtre**; et tout le monde se réjouit de la souffrance de celui qui n'est pas soi; et le monde se maudit lui-même; et n'arrive que ce qui doit ainsi arriver, car la pensée est très puissante, surtout focalisée avec une telle intensité et utilisée à cette échelle.
Le choix qui nous est donné serait donc apparemment simple: souffrir ou transcender l'ego souffrant et générateur de souffrance.




*: À cela s’ajoute une autre souffrance, inévitable celle-là, que constitue le fait même de vivre et d’être sujet à la déchéance physique progressive, bref d’être mortel.
**: Le contraire est mudita, un des quatre sentiments exempts de limites selon le bouddhisme. C’est l’opposé actif de la jalousie. On pourrait le traduire par: réjouissance du succès de l'autre.
P.S.: Le billet du 23 avril 2007 parlait, lui, de dessillement.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 22 avril 2008
1/2
Notre ego, en un certain sens, ce serait ce qui nous protège de la douleur du monde.
Si nous éprouvions de la peine pour la souffrance que nous observons dans le monde, comme si c'était la nôtre ou celle de nos propres enfants, comme si nous étions dépourvus de tout égoïsme, notre croix serait sans doute trop lourde à porter. Ce serait pourquoi nous édifions une carapace, et cette carapace serait l'ego: « C'est "lui", ce sont "eux" qui souffrent, ce n'est pas "moi". Ouf! »
Ce serait une illusion pourtant: eux et moi seraient un, et la souffrance ne serait pas ma souffrance ou la souffrance de l'autre (qui m'épargnerait, « moi », pour le moment). Ce serait la souffrance, un point c'est tout. Il n'y aurait qu'une chose sensée à faire: la partager, c'est-à-dire compatir.
Mais notre ego nous mènerait même plus loin…




P.S.: Le billet du 22 avril 2007 portait le titre de fête. Le 22 avril est le jour de la terre, selon l’homme.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 21 avril 2008
Oscillant entre le « j’ai tort » et le « j’ai raison », nous sommes déstabilisés.
Dès que, par la réflexion, nous avons résolu ce problème relationnel, la préoccupation s’évanouit. La conviction, quelle qu’elle soit, nous réconforte.
Mais réfléchir, méditer, peut aussi se concevoir à un niveau existentiel. Il s’agit également de trouver un réconfort mais là, le balancier ne doit pas s’immobiliser sur un extrême; c’est le silence qui le fige, peu importe où.




P.S.: Le billet du 21 avril 2007 parlait, lui, de concision.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 20 avril 2008
« Il n’y a pas un tableau au monde devant lequel tu peux sentir que le monde aurait pu commencer avec toi; mais il existe des finales de symphonies qui t’ont souvent poussé à te demander si tu n’étais pas le commencement et la fin. »
Cioran, Le Livre des Leurres, Œuvres, Quarto, Gallimard, 1995, p.138
.

J’ai trouvé sur
Youtube, ici, quelques minutes d‘un bonheur que l’on doit à Richard Strauss et qui confortent, je pense, cette réflexion du dernier philosophe d’envergure. Je soumets le tout à votre réflexion dominicale.




P.S.: Le billet du 20 avril 2007 parlait d'
absorption
.
par Marc publié dans : musique
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Samedi 19 avril 2008
Il faudrait savoir faire deux choses dans la vie.
La première, je ne vous le dis pas, à vous que ce blog intéresse ce n’est pas la peine, vous voyez très bien de quoi je parle. La seconde, je ne vous le dis pas non plus. Ou plutôt si, la seconde, ce serait donner. Point.




P.S.: Le billet du 19 avril 2007 évoquait un approfondissement bienvenu.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 18 avril 2008
En observant le ciel par une nuit étoilée, chacun se pose la question: tout cela, cette insondable immensité sur laquelle « je » m’interroge, n'est-ce pas la création de Dieu qui vit à travers « ma » prise de conscience?
Dieu serait cette création et moi aussi, qui en prends conscience. Le « je » conscient de Dieu serait donc son instrument (de conscience) et Dieu lui-même.
Dieu serait la partie et le tout, et la partie serait le tout, et le tout serait la partie. Dieu ne serait pas seulement celui que voient les advaïtistes (non dualistes), les dvaïtistes (dualistes) et les vishistatvaïtistes (entre les deux); il ne serait pas que le Dieu des chrétiens ou celui des musulmans ou de qui sais-je encore. Il serait la somme de tous ces Dieux-là, de tous les questionnements métaphysiques des êtres pensants conditionnés (par une religion) ou non (cultivateurs du doute jusqu'à  l'obsession) et bien même plus que cette somme.
Sans compter qu’il pourrait être aussi l'ensemble de toutes les consciences de tous les êtres. Et que pour l’appréhender, même furtivement, le silence serait peut-être encore le meilleur moyen. La piste des étoiles donc…




P.S.: Le billet du 18 avril 2007 portait le titre de consolation.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 17 avril 2008
2/2
Le désir, le méditant peut y succomber ou le dédaigner. L’important c’est que pour l’avoir vu naître depuis très haut, vis-à-vis de celui-là comme de tous les autres il sait à présent à quoi s’en tenir. 
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 17 avril 2008
1/2
Le privilège du méditant et de lui seul, c’est peut-être de pouvoir dissocier un désir naissant de celui qui l’émet et l’observe, à savoir lui-même. D’un côté l’intrusif (en l’occurrence) observé, de l’autre l’observateur silencieux, chacun dans son rôle.
Pris ainsi de haut, le désir est vu pour ce qu’il est et son importance n’est et ne sera rien d’autre que celle que l’observateur lui donne, selon qu’il garde ses distances ou non.
Le désir est temporaire comme un oued, un jour furieux, l'autre tari. Mais pour le premier, c’est nous, assis en silence, qui décidons quand c'est jour d’orage.




P.S.: Le billet du 17 avril 2007 portait le titre d’association. Laquelle? Celle, trop peu soulignée, de l’écologie et la spiritualité.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 16 avril 2008
Il y a quelques jours, quelqu’un sur ce blog a évoqué l’heure de la mort. Aurons-nous découvert le sens de la vie pour alors, se demandait-il.
Son questionnement m’est resté en tête. J’ai trop tendance à abréger mes commentaires au-delà du compréhensible, j’aurais peut-être dû lui répondre de façon moins succincte et lui dire qu’à mon humble avis, l’important à ce moment-là, ce sera surtout d’avoir fait son possible pour trouver ce sens durant la vie.
Prenez l’exemple de celui qui poursuit un sadhana*. Supposez qu’il médite tous les matins. Pourrait-on imaginer qu’« on » lui demande de rendre des comptes pour n’en avoir pas fait assez?
Bien sûr certains vous décourageront. Ils vous diront par exemple que même si vous croyez méditer, vous ne le faites pas, ou mal. Des gens comme J. Krishnamurti soutiendront par exemple qu’il n’y a pas de méditation dès qu’il y a un effort conscient pour méditer. Des gens comme ça, qu’ils parlent pour eux-mêmes. Ils n’ont pas voix au chapitre, au vôtre je veux dire. N’écoutez pas ceux qui jettent le bébé avec l’eau du bain. Ecoutez ce que votre esprit vous dit. Quelle que soit la façon dont vous vous essayez au silence, c’est la vôtre. C’est la bonne. Bonne aujourd’hui et encore plus demain, surtout si demain est l’addition de chaque jour. Et aucune autre méditation que celle-là, je pense, ne vous emmènera où vous devez aller pour, un jour, bien vivre ce passage essentiel évoqué plus haut.
L’important, c’est la pratique régulière, qui s’affine d’elle-même comme un fromage ou un vin. La façon dont vous méditez compte moins, et encore moins la méthode dont d’autres pensent qu’elle est la seule bonne pour vous.




**: La pratique spirituelle de chaque jour.
P.S.: Paradoxalement, certaines soustractions enrichissement. Le billet du 16 avril 2007 en donnait un exemple.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 15 avril 2008
Il y a quelques nuits, j’ai rêvé de Swami Giridjananda*, ce moine solitaire qui m’avait tant donné sur les bords de la Bhagirathi dans l’Himalaya.
Le premier jour, il m’avait dit, embrassant le paysage depuis sa cabane: « Tout est mental ». Et puis, plus tard, lorsque nous fûmes intimes, il m’avait confié que son sadhana** consistait simplement en deux choses : « Observer et comprendre ».
Il y a quelques nuits, enfin, j’ai compris, moi, à quel point cela était important. Tout était là, me suis-je dit, au sortir du sommeil: dans cette évidence philosophique et dans la recherche qui consiste à la couvrir.
Sans jamais avoir prononcé ce mot, Swamiji avait été mon gourou. J’ai dit tant de mal des gourous mais depuis cette récente nuit, plus jamais je ne le ferai. Du moins, de ceux qui le sont sans prétendre l’être et même sans le savoir; et qui vous emplissent pour toute une vie.




*: Tous les détails sur notre rencontre dans l'essai l’autre Rive de nulle part, édité chez Dricot.
**: La pratique spirituelle de chaque jour.
P.S.: Le billet du 15 avril 2007 faisait une déduction volontairement choquante.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 14 avril 2008
Appelons stress social, la peur de ne pouvoir répondre à l’image que nous voulons donner de nous-mêmes. Et stress existentiel, celle de ne jamais découvrir qui nous sommes; et donc de mourir sans savoir pourquoi nous avons vécu et souffert.
Le stress social est à l’anxiété ce que le stress existentiel est à l’angoisse.
Le stress existentiel est à l’angoisse ce que la sérénité est à l’extase.
La sérénité, elle, est à l’extase ce que le plaisir (le vide de l’esprit) est à l’orgasme sexuel.
Des hypothèses à méditer, rien de plus.




P.S.: Sous le titre de dérive, le billet du 14 avril 2007 évoquait notamment la mémoire de Mohammad Iqbal, un étonnant chantre de ce monde.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 13 avril 2008
L’amour, ce serait pratiquement le seul moyen d’élargir à « son » couple « son » champ de conscience « personnel ». Être un peu plus que soi, soi, soi. Passer de un à deux. Certains y arriveraient et auraient ainsi un avant-goût de paradis. Peu iraient au-delà.
Mais pour ces derniers, le premier élargissement conséquent de la conscience serait aussi le dernier. Personne ne reviendrait d’un saut quantique.




P.S.: Le billet du 13 avril 2007 portait le titre d’insouciance. Idéal pour un dimanche!
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 12 avril 2008
Dans le monde exagérément intellectualisé où nous vivons, l'expérience est reléguée aux oubliettes. Il y a pourtant une différence de niveau de conscientisation du monde entre celui de la soi-disant connaissance et celui de l'expérience.
Pour certains privilégiés qui parcourent longuement et lentement la planète, cette différence est évidente. Et ils voient combien elle ne l'est pas pour ceux qui disent vivre une « aventure intellectuelle ».
Quand les aventuriers du bitume observent ceux de l'intellect avec qui il leur arrive de faire un bout de route du monde, ils se rendent compte combien l'approche de leurs compagnons d’un temps est maladroite. C’est que, plutôt que de se laisser séduire par les imprévus de l'existence nomade, ces derniers n’ont de cesse de faire coïncider le pays qu'ils visitent avec celui qu'ils avaient construit dans leur esprit dès avant le départ.

C’est un peu la même dissemblance que l’on observe entre les méditants chevronnés et ceux qui veulent s’asseoir pour atteindre au plus vite les buts qu’ils se sont fixés.




P.S.: Méditer est essentiellement un déconditionnement de l’habitude d’acquérir: c’était la conclusion du billet du 13 avril 2007 qui parlait d’une certaine aisance. Vous le retrouverez instantanément en cliquant ici.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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