méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Lundi 30 avril 2007

Peut-être devrions-nous prendre la vie comme il faut prendre les pépins d’orange tombés sur le sol: ne pas essayer de les attraper « en force », mais simplement les toucher du doigt pour qu’ils y collent.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 29 avril 2007
Vigilance ou attention? La première requiert de l’effort, la seconde, de l’intérêt. L’une serait contre nature, l’autre pas.
Mais le mot anglais mindfulness serait encore plus proche de ce que le méditant connaît quand il est là. La mindfulness, ce n’est en rien une vertu que l’on cultive; c’est ce qui se greffe par surcroît sur une certaine façon de s’asseoir, de respirer, de vivre.
Il faut que le vent s'arrête pour que la bougie reste allumée. La protéger ne lui donne qu’un répit.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 28 avril 2007
4/4
L’extase se caractériserait par la présence de celui qui la vit: l’extasié serait , « les autres* » n’y seraient déjà plus.
L’extasié serait celui dont la conscience éclaire la manifestation et la rend perçue par elle-même. Il  permettrait au monde de prendre conscience de sa propre existence-présence.
L’extasié et le monde respireraient d’un même souffle dans une même poitrine. Et cela consciemment.



*: Rappelons que cette différenciation est sans doute ultimement illusoire; et ce serait bien là un paradoxe dont seul l’extasié pourrait ne pas se formaliser.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 27 avril 2007
3/4
La pratique de la méditation nous préparerait à l’extase.
Sa raison d’être ne serait pas de la provoquer mais de s’y préparer. Ainsi, à l’avènement de celle-ci, le méditant serait à même de l’intégrer dans le silence. En parlerait-il autour de lui - l’ayant mal « digérée » -, qu’il rendrait sans doute un très mauvais service à ses auditeurs: il ferait naître en eux le désir de la connaître aussi, et donc la leur rendrait inaccessible, elle qui serait* l’absence de tout désir, y compris du désir d’elle.
Et si l’extasié parle parfois, le sage, lui, serait un extasié qui se tait. Il serait de ceux qui savent que par l’extase qu’ils ont vécue, et non par ce qu’ils en font, ils œuvrent à la prise de conscience de Brahman, la Réalité Ultime. (Contrairement à certains familiers des estrades, il ne considèrerait pas son extase comme un capital à faire fructifier.)



*: L’emploi du conditionnel entend signifier l’identité éventuelle de l’extase et de l’absence de tout désir; les caractères italiques, leur identité stricte.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 26 avril 2007
2/4
L’expérience de l’extase ferait aller loin dans l’anormalité, mais elle permettrait quand même de revenir sans grand dommage à la réalité de consensus de la majorité des humains.
Ainsi, l’extasié verrait-il les choses de haut, tout en étant dedans. Cela ne lui poserait pas de problème puisque, contrairement à ceux qui se montrent anormaux et que l’on dit fous, il pourrait emprunter, lui, le pont entre ces deux réalités. Cela lui donnerait un  sentiment de grande lucidité puisqu’il serait capable de s’élever au dessus de tous les débats dont « la normalité » se nourrit avec le plus grand des sérieux. Et quand il dit « je », il serait seul à savoir que cette appellation n’est pas ce que les « autres » veulent signifier par là pour parler d’eux-mêmes.
Pour l’extasié, « je » serait la conscience pure, la réflexion exacte de ce que « les autres » appellent la réalité extérieure, ce serait l’autre face d’une même pièce. (Monde et conscience: les deux faces de la pièce nommée Cela*.)
L’extasié saurait en outre qu’il n’y a pas d’« autres » en Réalité: « l’autre » serait « lui-même », tous deux conscience pure; la seule différence, ce serait que lui le saurait, « l’autre » pas – entendez celui qui se croit « je », séparé des « autres » et délogé d’un certain paradis.




*: Dans le sens de la philosophie de la non-dualité, ce message récurrent de l’Inde, depuis les Upanishad jusqu’à Ramana Maharshi, en passant par Shankara: Tu es Cela. (Tat Tvam assi.)

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 25 avril 2007
1/4
L’extase serait un début, pas un but.
Il faudrait l’assimiler, et cette assimilation serait le pont qu’il faudrait constamment établir entre deux réalités, l’une dans laquelle on est né, l’autre à laquelle on est né.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 24 avril 2007
Même si le temps est mesurable, aucun instrument ne pourra jamais mesurer la sensation de durée. Or, c’est cette sensation qui est perçue, c’est cette sensation qui constitue notre relation intime au temps. Relative par nature, cette sensation serait donc irréelle dans l’Absolu, dans l’Ultime Réalité.
Ce temps ne serait pas Réel.




[L'enquête initiée le 10 avril comme devoir de vacances est clôturée. Je vous remercie de vos contributions et vous invite à en prendre encore une fois connaissance en cliquant ici.]
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 23 avril 2007
Le passé et le futur seraient contenus dans le présent.
Il n’y aurait ni passé ni futur s’il n’y avait l’instant présent pour raviver le premier et imaginer le second - jusqu’à les recréer.
Le présent serait la seule réalité.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 22 avril 2007

N’y aurait-il pas lieu de nous arrêter, par soif d’extase, à toutes les haltes du silence (particulièrement nombreuses dans la nature)?

 


 

[Aujourd’hui, 22 avril, est le Jour de la Terre, la plus importante fête séculaire du monde, célébrée par plus d'un demi-milliard de personnes chaque année. Fêtez-la dignement, cette bonne vieille planète sans laquelle nous ne sommes rien, dans la nature ou dans l’isoloir.]

par Marc publié dans : actualité
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Samedi 21 avril 2007
Si nous pouvions voir combien le monde qui nous entoure est dépendant* du niveau de conscience avec lequel nous l’appréhendons, alors, par extrapolation, nous pourrions comprendre qu’il n’y a peut-être de souffrance en ce monde que dans la mesure de notre projection.
Ce serait déjà une consolation, même si rien ne vaut sans doute la réalisation de cela que Ramana Maharshi exprimait parfaitement dans cette formule laconique autant que définitive: « Pour le pur, tout est pur. »




*: Au propre (dépend de) et au figuré (est à notre merci)
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 20 avril 2007

Nous sommes parfois en communion avec la nature. Mais c’est toujours quand nous ne nous demandons pas (d’une des nombreuses façons qu’il y a de se poser cette question) ce qu’il faudrait faire pour l’être. Nous sentons alors nos pieds bien au sol, ils s’y enracinent, et notre corps fait partie du paysage, tel un pommier en fleurs.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 19 avril 2007

Insatisfaits comme nous le sommes, nous pouvons avoir envie de faire autre chose de notre vie. Ou alors de mieux faire la même chose. Mieux méditer, par exemple. Qui peut se vanter d’avoir épuisé le sujet?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 18 avril 2007

Devenir quelqu’un* ou devenir soi-même, le choix est à nous.
Dans cette optique essentielle, il y a une certaine justice sur terre. (Devenir soi-même ne tenant le plus souvent qu’à soi.)




 

*: Se confondre avec une fonction: le ratage par excellence, selon Lacan.

 

[N’oubliez pas l’enquête proposée le 10 avril sur ce blog. Il vous reste quelques jours pour nous faire part de La question qui vous turlupine (et à laquelle quelqu’un qui passe par ici a peut-être La réponse). Ne ratez pas cette chance.]

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 17 avril 2007

Seuls les gens heureux se soucient de la santé de la  terre. Eux, souhaitent qu’elle dure. Ils ont à la défendre.
Quant aux personnes malheureuses, elles ne sont que trop heureuses que la terre aille mal, comme elles. Elles s’en délectent, n’ayant rien à perdre.
Dès lors, pour que la terre aille bien, il faudrait peut-être que les hommes aillent bien. Nous retrouvons ici l’identité comme signe reliant l’observé à l’observateur, le monde à la conscience.
À méditer, cette identité, telle une pure réflexion dans un miroir infiniment parfait.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 16 avril 2007

Prenons la Nehru street de Pondicherry à cinq heures du soir. Ne sont-elles pas innombrables, les consciences sur cette artère grouillante, si l’on ajoute à celles des flâneurs, des marchands et des chiens rôdeurs, celles de tous les atomes des fruits exhibés, des épices et de leurs étals de pierre?
Demandons-nous ce qu’il resterait si on les retirait toutes.
Peut-être qu’il ne resterait rien, strictement rien.
Les consciences seraient le monde dont elles sont conscientes. Les consciences constitueraient le monde, ce monde fait d’elles-mêmes. Les consciences seraient le monde. Le monde serait les consciences. L’un et l’ensemble des autres seraient Réellement équivalents et de plus, irrémédiablement liés. Séparés, ils n’existeraient pas. Ils seraient comme des jumeaux qui n’ont qu’un cœur, et comme eux, ils n’existeraient que pour l’autre qui serait lui-même.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 15 avril 2007

Un effort ordinaire va produire un résultat ordinaire. Un non-effort extraordinaire va produire un résultat extraordinaire. Ne tuons pas le mental. Laissons-le dépérir.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 14 avril 2007

« Dans ce monde, seul le changement a la qualité de la permanence », disait Mohammad Iqbal, le grand poète pakistanais. Et donc, ce serait bien celui qui n’y trouve pas sa place qui est à l’unisson de lui. L’autre, celui qui s’établit, satisfait, ce serait lui dont la vie est contre nature, tel un rocher bloqué en plein courant.





[Avez-vous une question à laquelle vous n’avez toujours pas de réponse? Une question qui ne vous quitte pas? Qui revient vous titiller régulièrement? L’enquête proposée le 10 de ce mois sur ce blog vous propose de nous en faire part. Peut-être quelqu’un a-t-il la réponse qui vous fera crier « Eurêka ! »]  

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 13 avril 2007

Ne rien faire est inutile, pense l’homme d’action.
Qu’en pense celui qui se délecte de fermer les yeux, même au soleil, laissant à d’autres le soin de s’agiter sous prétexte de construire?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 12 avril 2007

Méditer, c’est comme marcher. Cela s’apprend puis cela se fait.
Qu’il faille une méthode pour apprendre à méditer, soit, cela peut éventuellement se concevoir. Mais qu’elle soit nécessaire toute la vie, il faut en douter; méditer est essentiellement un déconditionnement de l’habitude d’acquérir*.


 


 


*: En se conformant, en l’occurrence.



[N’oubliez pas l’enquête proposée avant-hier (10/04). Elle attend vos cogitations encore pendant une bonne semaine. (Ami(e)s de la blogosphère, cette fois, je ne suis pas passé vous inviter sur vos blogs  par manque de temps mais vous n’en êtes pas moins cordialement invités.)]

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 11 avril 2007

Lu dans un journal: « Un bon orateur est celui qui parle en dernier lieu ».
Et j’aimerais ajouter (repensant à la méditation du matin où je me parlais à moi-même): ou qui ne parle pas du tout.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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