P.S.: A peine plus long que celui du jour, le billet du 31 mars 2007 parlait de pertinence.
faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
L’illumination, cette expérience (ou peut-être plus exactement dit: cette « non-expérience ») à la fois instantanée et pérenne et, paraît-il aussi, ultime de la démarche méditative, et si pour vaincre la difficulté de la définir, nous usions de cette périphrase: « Savoir que l’illumination est l’affaire de chaque instant aboutirait un beau jour à l’illumination, l’affaire d’un extatique et illuminant instant, consistant à réaliser que l’illumination est l’affaire de chaque instant » ?
Il nous faudrait dire: Dieu, ta création parfois me plaît et je promets de m'employer à ce que ce parfois devienne un toujours; je sais que c'est possible, c’est juste une question d’état d’esprit; je ne sais que trop bien que tout est mental et que je ne fais pas assez pour transmuter ce tout en ce nirvana que tu nous aurais préparé. Il nous faudrait dire chaque matin des mots comme ceci:
"Quelle que soit la couleur du ciel
ô Divin, je t’y vois.
Rien n'est trop beau
et surtout
rien n'est laid,
le Bouddha est dans la crotte de chien
dans la rue sale
dans le quai de métro
dans l'haleine fétide du voisin sur la banquette
dans ce qu'on appelle la laideur humaine, qui en fait - en Réalité - n'a rien de laid, à chacun d'en faire l'expérience, en purifiant son esprit de façon à ce que, comme disait Ramana Maharshi, «
pour le pur, tout soit pur. »"
Est-ce faire preuve de lâcheté que de vouloir voir le monde ainsi, en dépit des apparences? Cela vaut en tout cas la peine d'essayer. Aucune piste ne devrait être négligée pour se
rapprocher du bonheur, ou tout au moins d'une vision du monde où le créateur n’est plus maudit.
P.S.: C’est aujourd’hui le printemps et la journée mondiale de la
poésie, d’où ce billet à la forme inhabituelle, bien que je considère que philosophie et poésie procèdent du même état esprit. Le billet du premier jour de printemps, l’an dernier, parlait
lui de vertige. Attention, le puits était sans fond et l’est toujours!
Si l'homme avait utilisé son intelligence, d'une part à la réalisation d'une société libre, égalitaire et fraternelle, et d'autre part à la recherche du sens de la vie et du monde
phénoménal plutôt qu'à la réalisation de prouesses techniques (utiles ou nuisibles, peu importe ici), ses efforts auraient abouti ou seraient sur le point d'aboutir.
Et au lieu d'avoir des engins qui nous permettent de scruter le tréfonds de l'univers et de faire sauter sa base d’observation, nous serions presque heureux: nous comprendrions sans doute le sens
de notre vie et nous saurions - cela, c'est quasi sûr - quelle orientation lui donner.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: