méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

vous avez dit:

au fil des jours:

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Mercredi 28 février 2007

Regardez autour de vous et vous verrez partout de ces cadres dynamiques et joliment cravatés (pour compenser sans doute un teint souvent blafard), en train de s’affronter sur les champs de bataille du marketing avec un vocabulaire de soldatesque: ils remportent des marchés, terrassent des rivaux, tuent la concurrence…
Et quand, pour se reposer quelque peu, ces héros du libéralisme font du sport ou le commentent, c’est le même répertoire agressif. Il y aurait là aussi tout un lexique à dresser de leurs expressions guerrières (où dans le dur combat pour le podium et le pactole, le v de victoire succèdera au a d’adversaire en passant par le e d’élimination).

Il semble que, décidément, ce qui manque le plus à l’humain moyen - des deux sexes depuis que la pretty woman est devenue « dynamique » et belliqueuse elle aussi - en temps de paix relative, c’est... la  guerre.
Comment suggérer à celui-ci que l’affrontement n’est pas tout et qu’apprivoiser le silence, malgré le courage que cela demande, est une alternative aux "profits" non négligeables (dont le moindre serait déjà de redonner un épiderme avenant)?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 27 février 2007

Si le moi pouvait connaître l’amour, il serait le maître des mondes. Mais c’est impossible: seul le non-moi peut aimer. Il ne s’agit donc plus d’un sentiment (que le moi éprouve) ni d’une expérience (que le moi vit), mais d’un état: l’état d’être, tout simplement.
L’amour est ultime - certains l'appellent Dieu - et ce n’est qu’en conséquence de cela que l’ultime serait amour.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 26 février 2007

N’exister que par le regard du monde extérieur ou alors, être. Être depuis le centre de soi.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 25 février 2007

Le mental est le problème, il n’est pas la solution, ce serait trop facile.
Le non-mental serait la solution.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 25 février 2007

Pouvez-vous atteindre le non-mental grâce au mental?
Pouvez-vous abattre un éléphant avec une carabine à plomb?


(Tout cela pour dire, vous vous en doutez, que le non-mental est ce silence que rien ne peut imposer.)

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 24 février 2007

Combien de temps s’asseoir en méditation?
L’assise méditative s’inscrit-elle dans une perspective temporelle? N’est-ce pas par essence une non-activité? Alors comment une non-activité pourrait-elle être chronométrée? Le temps et l’activité ne sont-ils pas des inventions du mental? 

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 23 février 2007

En Inde, il est conseillé au méditant une assise d’au moins une heure.
La raison invoquée parfois est qu’il faut au moins cinquante minutes pour que « quelque chose » se passe.
Pourquoi cinquante minutes? Ne serait-ce pas parce que, s’étant imposé une assise d’une heure, le méditant se détend lorsqu’il sent qu’arrive le terme de la pratique qu’il s’impose? La méditation, cessant alors d’être conjuguée sur le mode de la discipline, deviendrait ainsi, sur la fin, ce qu’elle devrait sans doute toujours être, à savoir une détente autorisant le mental à entendre le silence.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 22 février 2007

Trois boules avec lesquelles jongler: voilà un excellent exercice pour apprendre ce qu’être présent veut dire.
Certains gourous partent d’une constatation telle que celle-là pour inventer des exercices afin d’être là, exercices qu’ils qualifient de spirituels. Mais là serait le piège: cette présence-là ne serait pas d’ordre spirituel car elle est induite, car nous nous l’imposons.
La présence qui est conscience de l’être est apparemment d’un autre ordre: elle ne peut être provoquée, mieux (ou pire!), elle ne peut même être désirée. Cette présence-là serait l’absence de pensées, cette présence-là serait l’extase.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 21 février 2007

Quand le regard se fige et reste vague, absorbé par l’immense silence, cela, l’Inde le comprend; mais ici en Occident on vous serrera plutôt le bras pour vous faire « revenir à vous » et vous demander si « ça va ».
Et ce contestable rappel à l’ordre commence tôt: Vladimir Nabokov* et Robert Doisneau** étaient de ceux qui déploraient que l’on ne laisse pas assez les enfants rêver.




*: « Ne dites jamais: "Allons, dépêche-toi!" à un enfant ! » (Vladimir Nabokov, Autres rivages, Gallimard, p. 82.)
**: « Ne perds pas ton temps, dit-on à l'école. C'est le temps perdu qui est le plus important. » (Interview du photographe Robert Doisneau  en 1998)

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 20 février 2007

 « Celui qui voit dans l’action l’inaction et l’action dans l’inaction, celui-là est un sage parmi les hommes », dit la Bhagavad Gita (en IV, 18).
L’aborigène rêveur n’est-il pas plus sensé que ce Monsieur Dupont d’Occident qui n’a pas le temps ou ne le voit pas passer ? Dans ce qu’il appelle l’action, ce dernier s’est  privé de rendre justice à la création. Y a-t-il pire ingratitude, pire insulte faite au créateur?
Confondre immobilité et immobilisme, voilà peut-être l’erreur de l’Occident dit civilisé…

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 19 février 2007

Oscar Wilde disait: « Je ne voyage jamais sans mon journal intime. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train.* »
A le relire ce week-end, m’est venu l’idée de vous poser une question un rien bateau, j’en conviens, mais bien plaisante et à laquelle on a tous une réponse que l’on a envie de faire connaître.
La voilà, cette question (en guise de devoir de vacances): « Et vous? Vous vous embarquez pour un long voyage et vous devrez vous passer de votre bibliothèque pendant tout ce temps. Peut-être même ne reverrez-vous jamais vos livres. Lequel allez-vous emporter? »
Justifiez si possible votre choix et donnez-en les références de façon à ce que l’on puisse éventuellement se le procurer. Vous avez dix jours avant le recensement que vous trouverez en commentaire de ce billet. Merci de votre réponse (un seul ouvrage par commentaire, s’il vous plaît, mais rien ne vous empêche de revenir sur votre choix ou d’en proposer d’autres dans de nouveaux commentaires). Bonnes vacances de carnaval!





*: Oscar Wilde, Les Pensées, Le Cherche Midi Editeur, 1990, p.104

par Marc publié dans : devoir de vacances
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Dimanche 18 février 2007

2/2
Cette alternative serait celle du chercheur du Chemin qui, au lieu d’éviter ces questions, leur fait face et les prend à bras le corps. Il se rend ainsi très vulnérable - c’est peut-être cela le courage - et sait d’avance qu’il ne pourra sans doute pas trouver de réponse. Pour entreprendre cette démarche, il ne faut rien ignorer du désintéressement.
En chemin, ce que cet original peut toutefois espérer*, c’est de pouvoir vivre un jour en harmonie avec ces interrogations. Elles seront toujours là, latentes, enchanteresses, donnant le ton, mais elles n’exigeront plus de réponses. À moins qu’alors il n’y ait plus personne, entendons plus d’ego, pour les chercher.


 



*: Pour autant bien sûr qu’il ait su louvoyer entre, ici, les pièges posés par la propagande religieuse (qui a encore de beaux jours devant elle) et là, les écueils disséminés par l’ego pour ne pas mourir: la certitude confortable sur laquelle on s’arrêtera trop vite ou, plus pernicieux encore, l’illusion narcissique d’avoir atteint le but (merci aux gourous du "nouvel-âge" qui ont rendu l’ "éveil" très tendance).
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 17 février 2007

1/2
Qui sommes-nous? Pourquoi sommes-nous ici?
Des questions de ce genre, consciemment ou inconsciemment, régissent notre vie, ne fût-ce que parce que, au fond,  nous n’oublions jamais que nous vivons pour mourir. Vivre, en effet, c’est vieillir, c’est aller vers la mort - une mort que certains d’ailleurs assimilent à la fin, puisque pour eux, être, c’est être ce corps en vie.
Nous ne pourrons sans doute jamais répondre à ces questions-là et c’est pourquoi la plupart d’entre nous se jettent à corps perdu dans l’existence afin d’en retirer un maximum et de faire de celle-ci ce que Lewis Thompson qualifiait d’« entreprise de plus en plus extravagante d’évitement de l’angoisse existentielle* ». La politique de l’autruche.
Or il y aurait une alternative…





*: “ Acceptance of the provisional has exit only in Anguish. Much civilized life is the more and more extravagant and despairing avoidance of Anguish.” Dans Mirror to the Light, Lewis Thompson, Coventure, London, 1984, p. 48.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 16 février 2007

Trois propositions à prendre ou à jeter…

- J’existe lorsque je pense.
- Je suis ce que je suis lorsque je ne suis qu’une potentialité infinie et non limitée par un esprit tenté par l’existence à travers le moi, la pensée, le désir, l’effort.
- Dans cette vie terrestre, ce ne serait que lorsque s’est introduit le total relâchement, la paix (shanti), l’extatique silence que JE SERAIS*.

N’en déplaise aux sympathisants de Descartes, ce ne serait que lorsque je ne pense pas que je serais ce que je suis...


 


 

*: Et selon toute vraisemblance, ce que l’Occident profane recherche dans la relaxation c’est déjà, inconsciemment, cela.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 15 février 2007

Loin de l’empressement ou de la torpeur, méditer, c’est être dans le temps de soi-même. En phase avec l’univers.

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Mercredi 14 février 2007

La tragédie de l’homme vient peut-être de ce qu’il pense, alors qu’il ne connaît encore rien du silence.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 13 février 2007

Aux silences de l’écoute et de l’observation, l’Occident a préféré le vacarme du « moi, je» et l’agitation du « moi d’abord ».
L’Occident court sans avoir appris à marcher. Et il a pris le chemin du précipice.

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Lundi 12 février 2007

Méditer ne serait jamais prémédité.
Mais l’assise en silence alors, direz-vous? C’est peut-être là que méditer est le plus difficile. Parce qu’il faut sans doute « pratiquer » ainsi pendant longtemps avant de transcender un jour le désir de rechercher quelque chose dans cette position adoptée volontairement. Et être là pour rien, strictement pour rien.

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Dimanche 11 février 2007

Quelle différence entre pratiquer l’assise et tourner une cuiller en silence dans la tasse de café sucré après quelques heures de ski de fond?
Dans les deux cas nous voudrions nous abstraire, mais dans le premier nous n’y arrivons pas toujours.
Par contre, tourner la cuiller dans la tasse avec personne d’autre en face de soi que soi-même, l’esprit vidé par la confrontation avec une nature de pureté vêtue, encore habité du silence de la neige, serait fatalement une méditation.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 10 février 2007

Et si nous laissions les heures se débrider? Et si nous ne les emprisonnions plus dans nos montres, nos emplois du temps, nos rendez-vous toujours urgents?
Et si nous reprenions le goût de l’instant inutile mais tellement bon; et si nous rêvions, si nous méditions, si nous regardions?
Le monde est beau quand nous lui accordons notre temps, quand nous ne le dévaluons pas dans des activités émoussant la conscience.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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