- Et quand vous vous asseyez ? » lui demande-t-on.
- Devinez », réplique-t-il.
Ce mental-là, quoi qu’il fasse, crée.
P.S.: Le billet du 11 janvier 2007 parlait de neutralisation.
faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
P.S.: Le billet du 30 janvier 2007 dédramatisait la pensée: orientations.
La lune serait la lune et le doigt.
Le sens du divin
serait celui de chaque instant.
Son odeur résiderait
dans toute fleur.
Et la lune serait le doigt.
Et la fleur serait la lune.
Dieu ne serait pas extérieur
à nous.
Il serait le silence qui
n’écrit pas de livres.
Nous croyons parfois être assez sages pour donner des conseils aux autres. Cette attitude révèle en fait notre immaturité. Il nous reste du chemin à faire avant de voir que tout se vaut
et que le silence suffit.
P.S.: Le billet du 28 janvier 2007 d’orientations.
P.S.: Le billet du 27 janvier 2007 concluait - en beauté, me semble-t-il - une série de trois fulgurances sur les plus excentriques de nos recherches.
En hatha yoga, l’esprit n’est pas à la performance, à la recherche du toujours plus fort, moyennant un entraînement douloureux; mais il est vrai qu’à répéter les mêmes postures
(asana), les yogi en arrivent à les faire si aisément que pour étirer encore leurs muscles et solliciter leurs articulations*, il leur faut passer à des postures plus
« difficiles ». Ce passage est naturel. Il ne résulte pas d’un asservissement à un idéal de progrès.
Que penser alors de ces écoles de hatha yoga prisées par les Occidentaux qui prétendent que le progrès dans la posture est toujours souhaitable, qu'il n'y a jamais de fin à
l'apprentissage de l'asana?
Arrive un moment où le corps est parfait pour la méditation: le dos est sans douleurs, les jambes sont parfaitement cassées, obéissantes et patientes, la respiration est naturelle.
Pourquoi vouloir encore aller plus loin? N’est-il pas temps de changer d'ouvrage, de s'occuper de l'esprit, à présent que le corps ne se rappelle plus à lui dans l'assise en silence d'avant la
première pointe du jour?
C'est le temps où les fruits de l'effort ont mûri, maintenant il s'agit peut-être de les cueillir. Asseyons-nous dès lors. Fini le temps des contorsions dont l'ego est si fier et qui le
construisent. Asseyons-nous, simplement, et voyons où en est l'esprit.
*: Et cela avec la concentration requise, dont l'apprentissage constitue le véritable enjeu de la pratique et sa seule raison d’être, vraisemblablement, si tant est qu’on la considère dans sa
dimension ésotérique: une préparation de la méditation.
P.S.: Comme la veille mais sous un angle différent, le billet du 26 janvier 2007 évoquait nos recherches.
Qui sommes-nous qui méditons, pensons, respirons? L'Ultime nous meut. L'Ultime est notre moteur. Est-ce si difficile de s’en imprégner? Est-ce si difficile à réaliser?
P.S.: Le billet du 22 janvier 2007 touchait un mot de ces lieux où il faudrait résider…
2/2
c) La pensée religieuse relèverait, elle, de l’esprit grégaire et donc aussi de l’instinct de survie.
d) Quant à la pensée créative, elle serait le pont - souvent diaphane - entre le trivial et l’esprit... Il est si délicat d’en bien parler…
e) Et enfin la pensée mystique, qui se caractériserait, elle, par son impossibilité d’être... caractérisée. C’est là, peut-être**, que l’homme se différencie des autres espèces***. C’est là qu’il
donnerait vie à l’esprit et le reflèterait... Cette pensée-là n’empêcherait pas la conscience de prendre naissance. Pour le reste, impossible, vraisemblablement, d’en bien parler.
**: Jamais le « peut-être » n’a été plus nécessaire.
***: De la plupart, faudrait-il peut-être dire, mais qu’en est-il du dauphin par exemple?
P.S.: Le billet du 21 janvier 2007 évoquait cinq lieux où souffle l’esprit.
Des sortes de pensées:
1/2
a) La pensée sophistiquée serait l’outil spécifique de l’humain pour assurer sa survie.
Notre pensée calculatrice et notre faculté d’inventer un futur (illusoire mais utile à court terme*), ce seraient là nos spécificités: la girafe a un
long cou; la tortue, une carapace; l’homme, un esprit prévoyant.
b) Les pensées rationnelles, logiques, abstraites, scientifiques quant à elles, seraient des prolongements de cette pensée calculatrice (qui, comme elle, ne se cultiveraient que dans la
froideur). Toutes, elles peuvent sans doute être envisagées avec le recul du méditant qui observe ses pensées de façon détachée - le détachement étant une modalité de la pensée parmi d’autres,
mais pas exactement du même « niveau », une modalité moins subjective et plus inclusive…
*: Comme on pose parfois l'existence d'une quantité virtuelle (par exemple des deux côtés du signe = ) dans une résolution de problème pour arriver à bout de celui-ci. Ici, on pose l'existence du
temps: demain l'auroch repassera par ici, on creuse une fosse et il tombera dedans.
P.S.: Le billet du 20 janvier 2007 s’intitulait extrapolation et s’inquiétait des conséquences du stress à l’échelle de
l’humanité d’aujourd’hui.
Il semble que notre seule préoccupation devrait être: vous d’abord.
Et le monde serait meilleur*; pas parfait, la seule perfection étant sans doute dans l'inexistence, mais meilleur.
*: Pour un certain état des lieux de ce monde ô combien perfectible, tendez l’oreille demain, dimanche à 11h00 sur
Espace2. Jean Ziegler vous informera.
P.S.: Le billet du 19 janvier 2007 parlait d’un néologisme dont je ne suis pas peu fier d’être l’inventeur: le blackin.
L’écrivain relit sur l’écran son dernier paragraphe. Il le juge mauvais. Delete. L’avant dernier. Mauvais aussi. Delete. Et ainsi de suite. Jusqu’aux premiers mots.
Qu’il efface, eux aussi. Jusqu’au fichier. Jusqu’au logiciel. Jusqu’à l’ordinateur. Jusqu’à son siège. Jusqu’à lui.
La méditation, ce serait un peu faire comme ça. Soustraire jusqu’à l’essentiel dont il ne peut être rien dit, écrit, pensé.
P.S.: Le billet du 18 janvier 2007 parlait de rapprochements.
Il y aurait écran et écran (comme il y aurait présent et présent: une autre ambiguïté révélatrice).
L’écran (d’ordinateur, de télévision et de tous les « portables ») est aussi un écran en cela qu’il s’interpose entre l’utilisateur et le réel*, réel qu’ainsi il dissimule, voire obstrue; et dont il isole, voire prémunit, ou encore « protège ».
L’illusion fondamentale (maya) de la philosophie de la non-dualité (advaïta vedanta) a aujourd’hui un autre nom: la virtualité prodiguée par
ces écrans bien nommés.
Jamais sans doute le monde n’a été si irréellement perçu, et avec notre frénétique consentement, de surcroît. Et ce n’est qu’un début: la vitesse à laquelle les nouvelles générations se
spécialisent dans l’irréalité devrait peut-être constituer un sujet d’étude pour le métaphysicien d’aujourd’hui. (Quant à celui de demain, aura-t-il encore suffisamment de recul pour ne fût-ce
que constater la chose?)
*: Quoi que ce concept veuille dire et on comprend qu’il est urgent de revoir ce que l’on entend par là aujourd'hui: sans doute quelque chose de plus trivial, de plus immédiatement accessible que
le concept de Réalité ultime (Brahman) cher à l'Inde raffinée d'autrefois. Quoi qu’il en soit, une noble et utile tâche pour le philosophe.
P.S.: Le billet du 17 janvier 2007 parlait de privation. Rateriez-vous quelque chose en ne le (re)lisant pas?
Tous les êtres animés de vie auraient la conscience d’eux-mêmes. Ils seraient conscience - en vertu de la définition suivante: la conscience, c’est ce qui prend conscience de
soi-même*.
Ils seraient donc respectables au même titre que notre humain voisin de palier. D’autre part, ils seraient un avec lui. Une bonne raison pour s’entendre tous ensemble et ne pas
s’entre-dévorer.
*: Voyez le billet d’avant-hier sur la réflexivité.
P.S.: Le billet du 16 janvier 2007 parlait du camouflage de la sagesse par l’humilité.
La méditation se révèle parfois être une période d’échange entre les deux hémisphères du cerveau*: d’un côté les pensées, de l’autre leur prise de conscience. Comme si le corps
calleux devenait perméable pour favoriser ce qui est d’abord perçu comme une alternance, puis comme une simultanéité.
Quand cette perméabilité est totale, nous serions alors dans le vide de la pensée et la prise de conscience de ce vide: seule, resterait, venant du cerveau droit, la prise de conscience du «
Qui suis-je, vide de pensée? » ou « Je suis le vide de pensée et je suis. Quoi? La réponse est la question. » Le cerveau droit aurait ainsi en quelque sorte vaincu le cerveau
gauche pour le propre « bien » du cerveau total. Un bien dont il n’y aurait rien à dire. Le mystique aurait supplanté tout, même le métaphysicien en lui.
*: Ce billet est construit sur la métaphore peut-être pseudo-scientifique de la fonctionnalité spécifique de ces hémisphères. Elle ne doit pas être prise au premier degré. L’important est dans
les concepts de simultanéité, d’éviction et d’indicibilité.
P.S.: Le billet du 13 janvier 2007 évoquait un tea time instructif en Inde.
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: