du monde et de ses usages…
faute de mieux
On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?
Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?
Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?
S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?
Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?
Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !
Il y aurait écran et écran (comme il y aurait présent et présent: une autre ambiguïté révélatrice).
L’écran (d’ordinateur, de télévision et de tous les « portables ») est aussi un écran en cela qu’il s’interpose entre l’utilisateur et le réel*, réel qu’ainsi il dissimule, voire obstrue; et dont il isole, voire prémunit, ou encore « protège ».
L’illusion fondamentale (maya) de la philosophie de la non-dualité (advaïta vedanta) a aujourd’hui un autre nom: la virtualité prodiguée par
ces écrans bien nommés.
Jamais sans doute le monde n’a été si irréellement perçu, et avec notre frénétique consentement, de surcroît. Et ce n’est qu’un début: la vitesse à laquelle les nouvelles générations se
spécialisent dans l’irréalité devrait peut-être constituer un sujet d’étude pour le métaphysicien d’aujourd’hui. (Quant à celui de demain, aura-t-il encore suffisamment de recul pour ne fût-ce
que constater la chose?)
*: Quoi que ce concept veuille dire et on comprend qu’il est urgent de revoir ce que l’on entend par là aujourd'hui: sans doute quelque chose de plus trivial, de plus immédiatement accessible que
le concept de Réalité ultime (Brahman) cher à l'Inde raffinée d'autrefois. Quoi qu’il en soit, une noble et utile tâche pour le philosophe.
P.S.: Le billet du 17 janvier 2007 parlait de privation. Rateriez-vous quelque chose en ne le (re)lisant pas?
La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.
Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…
Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.
vous avez dit: