méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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  • décroissances (12/10/2007 publié dans : actualité )
    Il y a au moins dix-huit siècles, Patanjali dans ses Yoga sutra considérait qu’aparigraha (littéralement : la non-convoitise) était une des conditions sine qua non de la bonne pratique du yoga. Pour leur propre bien, il enseignait à ses disciples de ne pas accepter plus que ce qui...
  • concordance (11/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Penser et n'en être pas conscient est loin d'être la même chose que penser et en être conscient après coup. Cet intervalle entre pensée et prise de conscience peut par ailleurs se « travailler » dans la méditation jusqu'à en arriver à ce que les deux soient simultanées: je pense et je pense que...
  • interrogations (10/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    La simultanéité de la pensée et de sa perception serait-elle réservée aux plus grandes réalisations de l’esprit? La plupart d’entre nous ne parleraient-ils du présent que pour évoquer quelque chose qu'ils n'ont jamais connu? Le présent serait-il le mythe de la multitude qui ne...
  • logos (09/10/2007 publié dans : yoga )
    AUM serait la syllabe sacrée, peut-être la première parole de l'homme et le symbole de son accession à l'humanité (d'où il est trop souvent redescendu, mais cela est une autre histoire). Les lèvres s’écartent sur un O qui, mieux que tout autre son, exprime l'étonnement (cet étonnement qui,...
  • difficulté (08/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Les uns sont sous la coupe de ce que Schopenhauer appelait le génie de l’espèce à l’œuvre dans la sexualité, les autres se disent disciples de Shiva, le destructeur du mental. Les premiers, pour la plupart, ne voient rien à redire à ce que le monde de souffrance perdure. Ils y...
  • cauchemar (07/10/2007 publié dans : actualité )
    L’année dernière, c’était le 9 octobre. Cette année, c’est encore un peu plus tôt, hier en fait. Le 6 octobre correspond au jour (ecological debt day) où l’humanité a épuisé la production de ressources naturelles de la Terre pour 2007. Elle en entame désormais le capital et sa...
  • casse-têtes (07/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    4/5 Méditer, est-ce apprendre à apprendre à apprendre à apprendre à… jusqu’à l’infini ou jusqu’à réaliser que l’on ne sait rien? 5/5 Méditer, est-ce, ayant réalisé que l’on ne sait rien et que ce sera toujours nécessairement le cas, s’en contenter ou poursuivre quand même...
  • casse-têtes (06/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    2/5 Méditer, est-ce apprendre ou apprendre à apprendre? 3/5 Méditer, est-ce apprendre à apprendre ou apprendre à apprendre à apprendre à apprendre à… ?
  • casse-têtes (05/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    1/5 Aucune école ne serait plus importante que celle de la méditation. Malheureusement, pour un étudiant potentiel il y aurait peu à attendre d’un instructeur qui penserait que la méditation s’apprend. Infatué, orgueilleux, prétentieux, vaniteux, suffisant! De même, pour un instructeur il y...
  • soudaineté (04/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    2/2 Notre mental devrait enfin comprendre qu’il n’y a pas de mental.  
  • soudaineté (04/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    1/2 Ne pas nettoyer le miroir (comme Shen-hsiu), mais casser la vitre (comme Hui-neng)*. *: Hui-neng, le sixième patriarche du bouddhisme, avait raison, me semble-t-il. Cette fulgurance lui doit beaucoup. Pour ceux qui réservent leur opinion sur ce point, voici...
  • révélation (03/10/2007 publié dans : yoga )
    Certaines méditations (dhyana et ses dérivés, vipassana, zazen, etc…) se caractérisent avant tout par l'immobilité en position assise. Elles seraient est la meilleure approximation de l'état d'inertie, la revanche sur l'anxiété, même diffuse, qui caractérise tout mouvement, toute forme...
  • éclaircissements (02/10/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Le Bouddha fut l’un des premiers à dire le monde comme il est: souffrance. Schopenhauer, Cioran et bien d’autres ont abondé dans son sens. On pensera ce qu’on veut des solutions (un chemin octuple) que le premier proposait pour vaincre cette souffrance; mais ce qui gêne certains, c’est qu’il...
  • si, par impossible, (01/10/2007 publié dans : actualité )
    Cela fait déjà une semaine que Dorine et André Gorz nous ont quittés mais je vous en dis deux mots - qui suis-je pour en faire plus ? - seulement aujourd’hui, revenant de quelques jours loin de tout clavier. A sa sortie, j’avais trouvé la Lettre à D d’André Gorz particulièrement émouvante...
  • perspective (30/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Par la réflexion, le méditant peut très bien en arriver à considérer l’orgasme moins comme un plaisir que comme le résultat obligé de son instinct de reproduction. Un tel recul par rapport à la chose ne la rend pas moins agréable; mais alors, elle est plus que plaisante, elle est...
  • compensation (29/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Boire un café avant de méditer le matin accélère la production de pensées, certes; mais cela renforce aussi la faculté d'observer cette production et donc cela favorise la distanciation souhaitée par l'observateur, des pensées qu'il observe.
  • enseignement (28/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Toutes les vies mèneraient en fin de compte à la prise de conscience que la vie est souffrance et donc, qu'un jour, il faudra ne plus se reproduire. C'est peut-être ce qu’il faut entendre par progrès.
  • patience (27/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Consacrer des années à s'asseoir pour dépasser, oublier l'idée que nous nous asseyons pour quelque chose, c'est-à-dire au fond pour oublier qu'il y a quelqu'un qui s'assied. S'asseoir mais sans but conscient ou inconscient. Juste s'asseoir. Et surtout que l'on ne parle pas de technique! Même...
  • détermination (26/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Être adulte, ce n'est pas produire des enfants, c'est rester enfant soi-même. D'autres définitions sont disponibles. Prière d'attendre.
  • résignation (25/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    La soif de la non-existence est encore une forme d'attachement, dit le bouddhisme. Décidément il n'y aurait aucune échappatoire à la culpabilité de vivre.
  • suspension (24/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    La transcendance serait l'ascendance interrompue. Nous montons et voulons aller toujours plus haut, jusqu’à nos sources du Gange. Lorsque nous réalisons que pour atteindre la cime, il faut vraiment - consciemment et inconsciemment - s'arrêter tout de suite, là où nous sommes, nous avons...
  • démolition (23/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Assis, casser tout processus quand on sent qu’il mène à quelque chose. Ne vouloir rien atteindre. Ne rien vouloir. Ne pas être. « Se dissoudre dans l'obscurité », souhaitait le Bhikkhu Nanamoli*. Une obscurité si dense que même l'ego n'est plus visible. *: “It is...
  • parenthèses (22/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Quand les joies de la vie ne s(er)ont plus que souvenirs d'un temps de liberté et de jeunesse, il reste(ra) encore les sensations fortes que nous offre parfois la nature: une mésange penchant la tête sur Dieu sait quel ravissement, un papillon multicolore laissant les ailes...
  • redécouvertes (21/09/2007 publié dans : yoga )
    Il paraît que parfois, à force de réfléchir, le jnani* découvre les vérités, non pas comme elles sont consignées dans les livres sacrés de l’Inde, mais comme ceux qui les ont rédigées les ont d'abord pensées. Quelle sensation extraordinaire ce doit être alors, de se percevoir dans les...
  • fixations (20/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Le sage, le jnani, cherche, à force de concentration, à s'imprégner des mystères de l'existence pour en arriver parfois à se noyer dans la prise de conscience du problème existentiel qu'il se pose. Peut-être est-ce ainsi qu’il arrivera à réaliser le mystère de la vie. Peut-être aussi,...
  • rectification (19/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Classer les gens en honnêtes et malhonnêtes est peut-être inapproprié. C’est qu’à l'origine d'un comportement, il y a une faculté plus ou moins grande de s'écouter. Quelqu'un qui sait s’isoler ne peut être réellement malhonnête: on ne peut bouffer son voisin, le jour; et au crépuscule,...
  • apparence (18/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    D'abord, se rendre compte que la conscience est infiniment multiple. Fleur, animal, chaque homme en particulier: aucun créature ne voit le monde de la même façon. Ensuite, prendre conscience que cette multiplicité serait peut-être au fond un autre "méfait" de maya, l’illusion, en cela...
  • insistance (17/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Nous n’aurions qu'une vie... celle que nous construisons. Et nous n’aurions qu'un mental... celui que nous façonnons. Tout serait mental, mais qu’y aurait-t-il derrière ce tout? Bonne question!
  • difficulté (16/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    « Mon créateur », disait H. D. Thoreau. Quel athée pourra convaincre qu'il y a création sans créateur? Cela semble bien plus malaisé que de faire le contraire. Peut-être qu'est creuse toute argumentation tendant à prouver l'inessence* du créateur**,  malgré sa création. ...
  • perfection (15/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    2/2 À l’hôte du temple qui demandait au prêtre pourquoi il faisait des offrandes aux Dieux de cette île minuscule, le saint homme répondit: « C’est pour éloigner les lions. » - Mais, rétorqua le visiteur, il n’y a pas de lions ici. - Eh bien, vous voyez, ça marche....
  • perfection (14/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    1/2 La recherche du chemin, bien qu’essentielle, ne mènerait à rien. Il n'y aurait rien à y acquérir. Il faudrait être. Tout est bien, ça marche. 
  • extrapolation (13/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Alors que le plaisir et la joie ont une cause, le bonheur serait acausal. Moins qu’on ne sache comment il vient que l’on ignore comment le reproduire. Quant à son évanouissement, sa cause paraît plus claire: n’est-ce pas parce que l’on veut le retenir? Le méditant fait une constatation...
  • ancrage (12/09/2007 publié dans : yoga )
    Le yoga serait le seul sport dont le style ne puisse évoluer. En cela, il serait le sport absolu, ou l'anti-sport. Nous ne sautons pas une haie aujourd'hui comme nous le faisions il y a cinquante ans, nous n’allons pas au but, le ballon au pied, aujourd'hui comme hier, mais padmasana, la...
  • birdland (11/09/2007 publié dans : musique )
    Joe Zawinul est parti ce matin pour le pays de l’oiseau. Il était entré à l’hôpital début août. Télépathie peut-être, j’avais beaucoup écouté Weather Report le mois dernier et bien entendu son "second" dimanche. J’ignorais que ce serait le dernier de ce tout grand du jazz rock...
  • physique (11/09/2007 publié dans : yoga )
    L’aspect macroscopique premier d’un corps immobile est le mouvement respiratoire. Ce qui nous empêche le plus souvent de prendre conscience de cette réalité fort simple, ce sont nos pensées, ou citta vritti dans la terminologie des Yoga sutras de Maharshi Patanjali. Méditer, c'est entre...
  • unisson (10/09/2007 publié dans : yoga )
    Le niveau de conscience qui oblitère jusqu'à la plus légère effluve de la douleur de vivre, ce serait celui où nous nous sentons en harmonie avec la nature. Rien ne semble pouvoir nous arriver quand nous agissons comme nous pensons qu’il faut le faire. Pas de dualité. Pas de conflit...
  • bonheur (09/09/2007 publié dans : yoga )
    Le résultat premier de la méditation au long cours* est que l'on se sent préservé du monde. Et quand on se relève, qu’ils sont loin ses soubresauts profanes et ses préoccupations cruelles! On ouvre alors la porte pour humer l'air de l'automne dans le soleil levant, et l’on jouit du...
  • conjectures (08/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Le vide serait la forme, la forme serait le vide, la Réalité Ultime se caractériserait par une absence. Alors pourquoi renoncer? Et à quoi? Il n'y aurait que le vide.
  • doutes (07/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    Renoncerait-on aussi à l'idée que l'on a renoncé? Renoncerait-on aussi à l'idée qu'il y a un moi susceptible de renoncer? Renoncerait-on aussi à l’idée qu’il n’y a rien, strictement rien, susceptible d’être délaissé? Renoncerait-on aussi à l'idée que la renonciation a un sens?
  • réserve (06/09/2007 publié dans : de choses et d'autres... )
    La seule chose dont certains soient persuadés, c'est qu’ils ne seront jamais persuadés de quoi que ce soit. Et alors ce paradoxe?

fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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