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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

rêve

Suite à la relecture, l’autre jour, d’un ouvrage endormi dans ma bibliothèque, j’avais rêvé que je confessais à une amie que j’aurais pu être une sorte de Gurdjieff, mais un Gurdjieff qui n’aurait pas prétendu être sorti du "tunnel" et lui permettait ainsi de savoir comment en faire sortir les autres (la métaphore célèbre du précité). Je prétendais plutôt, moi, savoir que nous sommes tous hors de tout tunnel et qu’il faut tout simplement s’en rendre compte, ce qui est à la fois simple et... pas simple du tout. (Une attitude, dit en passant, moins « vendable » et moins susceptible de faire de vous un mystique écouté, si c’était votre - déplorable- souhait.)

Il n’est de tunnel que celui que l’on s’est construit dans sa tête ou que certains, comme Gurdjieff et les prophètes récupérés par les religions organisées, nous y ont mis. Et, au fond, n’avons-nous pas quasi tous un tunnel dans la tête, pensant qu’il nous faut en sortir pour mériter un retour libérateur à la lumière ? Une sorte de diable voudrait-il nous cacher qu’il ne faut sortir d’aucun tunnel, que nous sommes déjà libres ? Quoi qu’il en soit, l’inexistence de ce tunnel demande à être totalement reconnue, ainsi que le fait qu’il ne faut donc rien faire. Et ce « ne rien faire » est d’autant plus difficile à réaliser que l’on voudra s’y appliquer fortement, oubliant alors consciemment et inconsciemment de ne rien faire.

Mon rêve se poursuivait (ou ce que j’en ai retenu, qui est, comme on le sait, une toute autre chose). Je disais à cette amie que par ailleurs Gurdjieff répétait qu’il fallait se rappeler le plus souvent possible de sa propre présence, ce qui le rapprochait de certains maîtres zen : « Disciple, êtes-vous là ? »  « Oui, Maître ! »

Quant à moi, disais-je encore à cette amie, j’y ajouterais le conseil de Ramana Maharshi qui prétendait que le chemin de la libération état simple, qu’il suffisait de se demander qui on était.

Deux conseils (déjà évoqués ici  le 8/3/21 : Possibilité) valant mieux qu’un, mais qui à mon avis ne surpassaient pas celui que j’évoquais en début de ce billet et que je pourrais résumer par  ces mots : « Il n’y a aucun tunnel à quitter, il n’y a rien à faire, rien à atteindre, tout est bien, vous êtes déjà libre. Il suffit de le savoir. Être  heureux n’est pas une affaire de mérite, mais de dégustation. »

 

 

P. S. : Dans le billet du 4 avril 2013 il était question du besoin de solitude du compositeur John Adams : Avertissement.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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