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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

relâche

Comment pourrait-on désirer une chose dont on ignore l’existence ? Un Papou ne connaissant que sa jungle peut-il désirer une Ferrari ? Non, bien sûr.

Mais cette certitude nous mène loin dans la réflexion (vipashyana) si l’on pense à tout ce que l’on désire non parce que l’on en a besoin, mais seulement parce qu’on sait que cela existe. Tout ce superflu, des cuisses de grenouilles à l’ail jusqu’au parka Ferrari, aurions-nous été à plaindre si nous en avions ignoré l’existence et si nous n’avions pu les désirer et a fortiori en jouir? Et la vie ? Aurions-nous été à plaindre si nous n’avions pas existé ? Et, du néant (sunyata), aurions-nous voulu venir au monde, surtout si, là,  nous étions plus intelligents que ce Papou qui ignore que l’acquisition d’une Ferrari ne le rendra sûrement pas plus heureux que la vie frugale qu’il mène, et que nous ayons depuis ce sunyata, la sagesse (peut-être inhérente à Purusha, au « non-manifesté ») de voir que la vie est souffrance?

L’humain se reproduisant a-t-il l’excuse de l’ignorance? Peut-on lui reprocher de ne pas se résoudre (pour son propre intérêt) à ce que le vide suffirait ?

Le méditant dépasse ces propos. Sa pratique (bhavana) consiste à tendre vers la compréhension des choses (vipashyana) menant à la délivrance, puisqu’il aura alors compris les quatre nobles vérités* (langage bouddhiste) et qu'il se sera alors départi de toute illusion (langage hindouiste), mais aussi à la quiétude de l’esprit (shamatha), le moment où celui-ci se calme, s’arrête même, comme le prétendait Meher Baba**, ouvrant la porte de ce néant dont rien ne peut être dit par celui qui l’a quitté certes, mais vers lequel il s’approche peut-être quand même un peu quand son esprit fait relâche et dans lequel il retrouvera alors la compréhension (vipashyana) de tout cela, cet autre aspect comme il vient d’être dit, de sa pratique.

 

 

* : La première étant que la vie est souffrance.

** : 

“Mind stopped, is God

Mind working, is man

Mind  slowed down, is Mast (God intoxicated soul)

Mind working fast, is mad.”

P. S. : Dans le billet du 5 octobre 2015 il était question de l’écriture de ces billets à laquelle je me consacre depuis longtemps, un peu moins régulièrement depuis quelque temps cependant, car je m’emploie à l’élaboration d’un site photo auquel je consacre mon temps avec délectation.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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