Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

choix

Une vieille amie me dit que pour la première de sa vie elle n’a PLUS DE PROJETS. La faute à l’âge sans doute, mais surtout à ce virus qui ne lui donne plus beaucoup d’espoir de revoir son île où elle réside d'habitude l'hiver avec son petit chien.

Elle se sent comme nous tous engluée dans un éternel présent collant comme le miel. C’est que jeunes comme vieux, nous avons soif de futur, jeunes pour mettre quelque chose dans nos vies encore bien vertes, et vieux, car même bardés d’un substantiel passé nous avons encore besoin de cette captivante incertitude sans laquelle la vie serait d’un mortel ennui (comme l’éternité recherchée par quelques fous). Captivante, voire, passionnante, cette incertitude, car nous savons que l’avenir peut toujours nous surprendre, soit désagréablement (« Même si j'imagine le pire, l'avenir peut surenchérir, » disait Géza Csàth*), soit pour un mieux temporairement salvateur, car comme le suggérait Peter O’toole à Omar Sharif dans Laurence d’Arabie, après avoir sauvé un pauvre diable que tout le monde pensait perdu : « Nothing is written ! » (https://www.youtube.com/watch?v=_EZCG2Ex8Q0

Il nous appartient donc de nous projeter dans ce qu’il nous reste d’avenir, soit en allant résolument de l’avant, « adonf », toutes voiles dehors comme si de rien n’était, soit en préparant notre sortie avec élégance** (ce qui aura pour effet de la retarder quelque peu), la nôtre propre, mais aussi celle de l’humanité car, vous vous en doutez en ces temps apocalyptiques où l’épidémie de Covid 19 n’est que l’avant-garde d’autres catastrophes liées au fait que nous avons cassé la nature, c’est de cela qu’il s’agit.

 

 

 

* : Cité par Louis Nucéra dans Mes Ports d'Attache, Grasset, 1994, P. 157

** : Ce que spécifiait Paola Antonelli, curatrice de la Triennale de Milano « Broken Nature : Design Takes on Human Survival » (March 1-September 1, 2019), qui dans une interview au NYT datée du 12/13 janvier 2019 disait que « notre meilleure chance de survie est de concevoir notre propre belle extinction, de sorte que la prochaine espèce se souviendra de nous avec une certaine admiration. »

P. S. : Dans le billet du 25 novembre 2014 il était question de dépassement.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article