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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

vengeance

Terrifiante hypothèse d’un vivant vengeur que tout philosophe devrait avoir l’audace d’au moins considérer : toute mise au monde serait un châtiment de géniteurs voulant ainsi se venger inconsciemment et de leur vie-souffrance et aussi, pour certains, les plus infortunés car les plus lucides, de leur propre mort à venir. 

Cette vengeance, pour en cacher le caractère ignoble autant qu’immoral, ici en terre humaine on l’appelle l’instinct (et Schopenhauer, plus précis, "le génie de l’espèce à l’œuvre dans la sexualité"). Et l’on s’y dit parfois, comme si c’était une excuse, comme si pour une fois la comparaison avec les autres espèces terrestres n’était pas dégradante: « Voyez les animaux ! Sont-ils coupables de se reproduire ? Certainement pas. Et nous alors, le serions-nous, et pourquoi ? »

Eh bien, le philosophe adepte de la nuance, dira que cela demande une réponse... nuancée. Certes, l’attrait sexuel est fort, et il est difficile pour la plupart de voir dans cet attrait une manœuvre de vengeance, tellement elle est inconsciente. 

Mais il faut dire pourtant que certains ont bien réalisé le rapport étroit, charnel même pour ainsi dire, qu’il y a entre la mort d’une part et le sexe et son apothéose orgasmique de l’autre, entre la mort et ce que ce sexe pourra produire « au final »* : un cadavre qui, avant de le devenir aura,  en se reproduisant, « produit » l'un ou plusieurs autres « futurs » cadavres.

Le monde des hommes (pour ne plus parler que de lui) serait donc celui de vengeurs (en puissance, si ceux-ci sont immatures, de fait, s’ils sont parents, plein de regrets parfois si, âgés, ils ont « enfin » compris), résultats incarnés (pour ne pas dire séquelles) de la vengeance de leurs géniteurs.

Certes, tout ceci n’est qu’hypothèse, mais vertigineuse, qui, si elle s’avérait exacte, nous amènerait à reconsidérer la nature de notre existence et notre rapport à notre éventuel créateur**, à avoir encore plus de pitié pour la vie-souffrance (en général d’ailleurs, comme on l’a dit plus haut, car c’est tout le vivant qui est châtié), que l’on verrait encore plus comme une démoniaque fatalité, et à mieux comprendre pourquoi l’histoire de l’homo sapiens sapiens est marquée par la banalité de l’imperfection et de l’immoralité, une histoire courte au fond et qui se terminera très probablement bientôt, comme si nous étions contents d’y mettre fin (serait-ce le châtiment que l’on s’inflige pour se punir ?) dans l’apocalypse climatique que nous sommes incapables de stopper, alors que nous le pourrions (notant que toutes nos révolutions se sont soldées par un échec, celle que tente d’initier la remarquable Greta Thunberg ne fera pas exception à la règle; cette jeune révolutionnaire n’aura sans doute qu’une seule particularité : celle d’être la dernière***).

 

 

 

 

* : Sauf bien, entendu, si l’on s’adonne à une sexualité exclusivement créative.

** : Les humains ne croient pas Réellement en lui (http://fautedemieux.over-blog.com/article-10395798.html). Même ceux qui se disent croyants ne font que croire qu’ils croient - pourquoi n’y a-t-il aucun verbe pour exprimer cette particularité pourtant tellement humaine ? - mais ne croient pas, car s’ils croyaient en lui, ils agiraient vertueusement, ne fût-ce que par peur de représailles post mortem

*** : Outre le fait qu’elle aura connu l'une des ascensions les plus rapides de l'histoire en terme d'influence mondiale, comme le souligne le numéro de Time du 23 décembre 2019, la désignant comme la personne de l’année 2019.

P. S. : Dans le billet du 18 janvier 2016, s’étonnant que le substantif "méditant" n’existe pas en français, on émettait une hypothèse pour l’expliquer. A noter que cette forme de frustration est fréquente. On est trop souvent confronté à la pauvreté de cette langue pourtant si belle à l’oreille. Aujourd’hui encore, finalisant ce billet, je m’étonnais que l’on ne puisse dire qu’une pratique sexuelle soit soulageante, détendante ou encore désexcitante, ces trois adjectifs n’existant pas dans la langue de Sade.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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M
Dans la phrase introductive il faut bien entendu entendre: "Terrifiante hypothèse d’un (monde) vivant caractérisé par la vengeance...."
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