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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

punition

Pourquoi suspend-on des pommes au sapin de Noël ? Pour rappeler que c’est pour en avoir croqué une qu’Ève et Adam ont été chassés du paradis. Ce n’est pas une blague, c’est ce qu’à dit le pasteur hier à 16h00 durant l’office protestant de Noël, devant un parterre d’Allemands établis en Algarve avec BMW et bagages.

Dans le discours de ce pasteur il était question de vallée de larmes (Jammertal), de chrétiens pourchassés en Iraq et au Yémen, de richesses mal partagées et de bien d’autres choses tristes que je n’ai pas bien saisies. Je sais cependant qu’il s’est bien gardé de préciser que la vallée de larmes, ce sont les adeptes des trois religions monothéistes qui l’ont creusée un peu plus*, en voulant bien croire que la terre a été donnée à l’homme pour qu’il en profite à sa guise (relisez la Genèse, c’est textuellement spécifié), sans égard pour le vivant hors lui, l’homme, et pour l’environnement.

Puis on est repassé dans un supermarché où la caissière aurait pu dire, il me semble, si elle était, elle aussi, croyante : « Zut alors, on est les seuls dans l’univers, le fils de dieu est né à trois heures d’avion d’ici, et en plus on bosse ! » 

Nietzsche, lucide lui, a dit que sans la musique la vie serait une erreur.

sur un mur pas très loin du temple...

sur un mur pas très loin du temple...

La vie n’est pas une erreur car il y a la musique, soit, mais de dieu il n’y en a vraisemblablement pas, contrairement à ce que nous disent les religions « du livre ». S’il y en avait un, à moins d’être foncièrement mal intentionné, aurait-il rendu Beethoven sourd, lui qui voulut si mystiquement réparer l’erreur susdite? Ce n’est pas parce qu’on aime à nous répéter ces jours-ci que le fils de ce dieu est né à Bethléem (dit en passant, le coin de la terre qui concentre le plus d’intolérance, de haine et de violence) qu’il faut le croire. 

Quant à moi, que ce soit hier dans ce temple d’Algarve, où durant les cultes de Noël précédents auxquels j’ai assisté, j’ai toujours été frappé que l’on y adulât sans sourciller un dieu que l’on dit bon et tout puissant, tout en rappelant qu'il cantonne ses créatures dans un paradis perdu, et pour une bête histoire de pomme de surcroît.

 

 

 

 

* : Que la vie soit déjà souffrance par nature, comme le Bouddha l’avait bien montré, ne leur a pas suffi. Il a fallu qu’ils en rajoutent en traitant la nature comme un paillasson, en s’entretuant entre communautés aussi.

P. S. : Dans le billet du 25 décembre 2016, écrit en Nouvelle-Zélande, il était question de ravissement.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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