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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

ensorcellement

Qui y a-t-il quand il n’y a rien ou qu’est-ce qu’il n’y a pas alors (quand il n'y a rien) ? Comment faut-il poser ce problème* ?  Pour quelle question opter ? Le couvrir est crucial pour l’esprit : en effet, s’il est vrai que la réponse est la question bien posée, c’est cette dernière  (A ou B ?) très précisément, qui seule, en donne le transcendant exemple. 

Le rien est le concept philosophique le plus ensorcelant et pour l’aborder il faut un grand courage tellement on est là dans des contrées qui donnent le vertige. Raymond Devos a essayé de l’approcher par l’humour. Kierkegaard, par la modestie (il en faut beaucoup pour intituler un de ses ouvrages : Riens philosophiques) et Cioran lui, par la concision et la radicalité : « Le vide (ce synonyme de « rien » en ce qui concerne ces propos) aurait suffi **».

Le rien, c’est peut-être ce qu’il y a quand il n’y a pas de temps. Rien n’évolue alors car rien n’est créé. On pourrait ici céder à la facilité et discourir sur le fait que le temps (ce contraire du rien) c’est de l’impermanence et que c’est pour refuser de voir ou d’admettre cela, que l’égo ainsi trompé en paie le prix en monnaie de souffrance, mais nous ne tomberons pas ici dans cette facilité. Restons donc inconfortablement avec le rien. Pour être à quia devant lui, bouche bée, sans voix. Peut-être que l’humour, la modestie et la concision sont les bonnes façons d’aborder ce qui n’existe pas et dont on ne peut donc rien dire puisqu’on est étranger à lui, nous qui, son contraire, existons (hélas, disait Cioran). 

Et le méditant, avec son autre approche, aurait-il lui quelque chose à dire de ce rien ? « Surtout pas », répondra-t-il sans doute. Et dans cette réponse concise (la marque de ceux qui côtoient le silence et qui soupçonnent que rien n’est sûr) il mettra lui aussi une goutte d’humour et un océan de modestie. Surtout pas, surtout rien, sur tout trop : les mantras du méditant, sa réponse au kõan qui n'existe pas.

 

 

 

 

* : Ce qui est déjà une très bonne question.

** : « Tout est superflu. Le vide aurait suffi. » (Dans l’Élan vers le pire, Gallimard, 1988, avec des photographies d’Irmeli Jung)

P. S. : Dans le billet du 30 octobre 2017 il était question de déstabilisation.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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