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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

philosophie

« Le jour où je lus la liste d'à peu près tous les mots dont dispose le sanscrit pour désigner l'absolu, je compris que je m'étais trompé de voie, de pays, et d'idiome », a dit Cioran*.

Savait-il que l’on trouve aussi dans cette langue** nombre de mots pour exprimer la conscience (de), le savoir, la connaissance et la compréhension ? Quelques exemples : chaitanya, chintana, chit, vâchyârta, vaïrâgya, vichâra, vidyâ, vignâna, vignânina, vikalpa, vishésha, vivéchana, viveka, jnâna, vritti-jnâna, et j’en passe…. La racine sanscrite « vid » avait donné quasi tous les mots qui expriment les différents types de savoir, et la racine « jnâ », ceux de connaissance.

C'est dire la richesse du sanskrit (et donc de la pensée indienne injustement ignorée de la philosophie occidentale) mais c'est aussi l'opportunité  de se remémorer que l’Inde antique attribuait à l’ignorance (ajnâna, avidyâ) la cause de la souffrance, les hindous directement, et les bouddhistes aussi d’une certaine façon, car si ces derniers considéraient le désir comme sa cause première, il était pour eux le fait d’un ego ignorant en Réalité son caractère illusoire (ils auraient plutôt dit impermanent « anitya » et non existant « anatman »***).

 

Je ne peux m’empêcher de rappeler aussi ici l’importance donnée par la Grèce antique à la connaissance de soi :Γνῶθι σεαυτόν, était-il écrit sur le fronton du temple de Delphes. 

(A noter aussi qu’aujourd’hui, on fera une différence entre la connaissance de soi - qui est une préoccupation philosophique - et la compréhension de soi qui serait plutôt du ressort du psychologue ou du psychanalyste. Quand Delphes baignait dans la gloire, l’inscription Γνῶθι σεαυτόν sur le fronton de sa porte incitait à se comprendre pour mieux savoir se restreindre.  De nos jours, ce serait le conseil d’un psychologue, pas d’un philosophe. )

 

 

 

 

* : Dans De l’inconvénient d’être né, Folio Essais, Gallimard 1973, p. 84

** : Avec l’allemand, la langue la plus appropriée pour la démarche philosophique : riche, précise mais donnant aussi, quand c’est utile à la réflexion, beaucoup de liberté au lecteur. 

*** : Voir ce billet.

P.S. : Dans le billet du 22  juillet 2016 il était question de métaphores.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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