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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

communion

Sans être de la méditation (quoique…), embrasser un arbre est une attitude que tout méditant comprend : étreindre un tronc, se frotter à son écorce, sentir la sève se mêler au sang pour former un seul fluide partant de la terre pour dépasser le ciel tel la kundalini s’expirtant du corps par le sahasrara chakra, fermer les yeux pour mieux voir, humer, entendre, communi(qu)er sans mots, sans images, sans pensées. 

C’est devenu aujourd’hui une (sylvo)thérapie pour un monde tellement malade qu’il fait  emplâtre de tout bois. Les Allemands appellent cela Waldbaden, le bain de forêt.

Mais il ne faut même pas aller dans une forêt pour cela: un pommier dans le verger suffit* pourvu que vous l’aimiez et lui parliez de temps en temps.

C’est ce que je fais depuis aussi loin que ma mémoire me porte : « mon » pommier (un Belle de Boscop), je l’aime depuis je suis revenu vivre dans cette maison. Je n’ai pas attendu que le monde d’aujourd’hui trouve cela normal, et même thérapeutiquement intéressant, pour l’étreindre et lui dire que c’est à lui que je pense en voyage, que c’est pour lui que je reviens. C’est aussi à lui que je réserve ma première visite au retour et c’est encore à lui que j’ai écrit ces (piètres) haïkus :

 

 

ai redit à mon pommier

que moi vivant

il n’a rien à craindre 

 

 

 

c’est pour mon pommier
que je ne déménagerai jamais

le sait-il ? 

 

Et c’est dans la maison proche que je m’éteindrai un jour, avant lui j’espère, car je lui souhaite longue vie, lui que j’aime comme j’aime les êtres les plus chers pour moi, et qui me fait penser que la nature et l’homme auraient pu s’entendre comme nous le faisons, lui et moi, si ces foutues religions anthropocentristes ne nous avaient pas fait croire que cette nature était faite pour nous et que nous pouvions en user à notre guise (relisez La Genèse dans la Bible) alors qu’il y avait tant à apprendre d’elle et de ses arbres, pourvu qu’on les traite en égaux, qu’on les écoute et qu’ils nous aident ainsi à rentrer dans leur silence - qui est le silence d’où nous venons et vers lequel nous retournerons inéluctablement. 

 

 

 

 

* : Idéalement non greffé ni manipulé donc à haute tige, aérien dans ses branches

et bien dans son écorce et ses racines, stable et confortable (Yoga Sutra,  II, 46) dans le verger, comme un posture de hatha yoga telle que celle de l’arbre (Vrikshāsana).

P. S. : Dans le billet du 17 juillet 2017 il était question de contentement.

communion
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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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G
Merci Marc pour cet article......je partage sur Facebook
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M
Merci aussi à toi.