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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

regret

Nous sommes (agissons) peut-être moins (comme) des êtres vivants que (comme) des êtres qui vont mourir. 

Notre mort, nous en serions conscients en permanence. C’est qu’il semble qu’à tout âge (quand on a l’avenir devant soi, quand on se reproduit, quand on n’en a plus pour longtemps) nous nous conduisons comme si nous voulions nous venger d’avoir à mourir un jour en nous interdisant d’être inconditionnellement bons (et donc heureux) et en lacérant la planète que nous allons laisser au futur (pollution, reproduction excessive). C’est nous d’abord, les autres après, tous les autres, depuis notre environnement jusqu’à nos enfants (qui aujourd’hui surtout, paieront les pots que nous avons cassés) en passant par ces vies que l’on torture et que l’on mange.

La vertu de non-violence prônée par certaines écoles de pensée hindoues aurait été seule capable de nous prémunir contre notre penchant pour l’autodestruction. Bien avant Gandhiji, Patanjali mettait déjà cette non-violence* (ahimsa) sur un piédestal. Pour lui, la non-violence était un prérequis (yamaessentiel à la pratique de la philosophie (darshana) qu’il théorisa et appela yoga** : une non-violence  se pratiquant de facto dans l’immobilité du corps et se côtoyant dans celle de l’esprit, lors de la méditation, cette perle qu’il donna, en vain, au monde. 

 

 

 

 

* : Entendez la non-violence au sens large : non seulement une façon d’agir mais aussi de penser et de ressentir (consécutive à une représentation impartiale du monde par la conscience centrifuge, sans malveillance ni attachement).

** : Rien à voir à la pratique d’aujourd’hui qui porte ce nom et qui est, le plus souvent, une insulte à sa pensée.

 

P. S. : Dans le billet du 4 juin 2014 il était question de retrait. A relire parce qu’il va dans le sens de celui-ci (et en un sens le complète en suggérant, lui, que c’est parce qu’on a  le sentiment - relativement récent - que la partie est déjà perdue que l’on agit avec tant d’irresponsabilité) et aussi - et peut-être même surtout - pour la citation de Konrad Lorenz et l’article absolument étourdissant de lucidité de Slavoj Zizek proposé en lien.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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