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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

stagnation

Croyant, mystique, incroyant, gnostique, agnostique, théiste, déiste, athée (éventuellement mystique), etc., vous vous y retrouvez, vous, dans ces étiquettes dont les hommes s’affublent ?

Essayons de simplifier afin d’y voir un peu plus clair. À bien y réfléchir et sans simplification outrancière, peut-être n’y a-t-il au fond, que deux types d’individus : les sceptiques et les croyants (hormis bien entendu ceux que le pourquoi de leur existence indiffère).

Dans la première catégorie, on trouve ceux qui doutent et en conviennent, voire le revendiquent ; et certains d’entre eux doutent tellement sincèrement, honnêtement, absolument, qu’ils doutent même qu’ils doutent (puisqu’ils ne doutent pas au moins d’une chose : qu’ils doutent). Pyrrhon d'Élis, Montaigne, Bertrand Russel et surtout l’immense Nietzsche furent de ceux-là, le dernier de cette liste ayant même joliment prétendu qu’ « il n’existe pas d’autre valeur que de mettre un point d’interrogation à l’endroit du plus grand sérieux ».

Dans la seconde catégorie, bien plus fournie, voilà les croyants. Mais ne croyez pas qu’ils se ressemblent tous. Par exemple, en Inde on en rencontre de bizarres (je les aime bien) : ils pensent que tout ce qu’ils appréhendent relève de l’illusion car leur cerveau d’humain ne serait pas suffisamment performant selon eux pour percer le vertigineux mystère de l’existence ou alors, au mieux, ils estiment qu’ils ne pourraient voir la réalité qu’en utilisant leur cerveau de manière radicalement différente (de celle des croyants), c’est-à-dire en se libérant du « connu ». On dit que certains y parviennent, mais c’est peut-être là une idée reçue, une croyance.

Autres croyants : partout dans le monde on trouve des athées. Ce sont des croyants aussi ; il n’y a pas de raison de ne pas se considérer comme un croyant quand on croit que dieu n’existe pas.

Mais les croyants qui nous intéressent surtout ici, ce sont les vrais, les purs, les durs. Ils croient en ce qu’il appelle dieu et ce dieu, ils l’affublent d’une majuscule.

Leur certitude devrait faire d'eux d'autres hommes : vertueux par amour pour leur créateur qu’ils ne voudraient pas décevoir ou par peur du châtiment que celui-ci pourrait leur faire subir, dans cette vie ou la prochaine. Or, la plupart de ces croyants ne sont pas vertueux pour un sou. Tout d’abord s’ils font le bien, ce n’est pas naturel, c’est intéressé. Mais ce bien, ils ne le font pas plus que les autres ! Dès qu’ils ne se surveillent plus ils se conduisent comme si leur dieu n’existait pas. Il se peut qu’ils agissent comme des assoiffés de vengeance dès qu’on blasphème devant eux, comme des bandits, comme des mafieux, comme des tortionnaires ou tout simplement comme de banals citoyens inciviques et écœurant de bassesse, de veulerie et d'égocentrisme.

En réalité la plupart des croyants ne croient pas en Dieu, sinon ils agiraient autrement, soit par amour ou par peur, soit encore parce que leur croyance les aurait transformés. Non, ils croient qu’ils croient en Dieu. Le drame, c’est qu’il n’y a personne pour le leur dire - et surtout pas les imposteurs qui vivent de leurs délires - et qu’eux-mêmes n’ont pas un esprit assez pénétrant pour le comprendre.

Ainsi va l’humanité depuis toujours et l’obscurité s’est encore accrue avec la tragique apparition des religions monothéistes et messianiques dont le caractère malsain et l’anthropocentrisme suicidaire ne sont plus à démontrer.

L’histoire de l’humanité est celle d’un rendez-vous manqué avec le doute (et donc l’intelligence), mais aussi avec la modestie, la tolérance, le respect de l’autre et la non-violation de son esprit (et donc la non-violence) ; et last but not least, avec la transcendance qui était peut-être sa destinée première.

 

 

 

 

P. S. : Dans le billet du 21 décembre 2015 il était question de mystère. A relire si ce billet-ci vous parle.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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