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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

désillusion

On guettait la phase suivante de la prise de conscience de la gravité de la crise climatique et de la fin de nous, humains, qu’elle signe. Juste après l’an 2000, le GIEC dans son troisième rapport (TAR) mettait déjà le monde au parfum : il nous restait une dizaine d’années pour faire le nécessaire afin de nous sauver. Puis il y eut le pragmatique Al Gore et d’autres encore, la liste est longue et continuait à s’allonger. Toujours le même discours pourtant, où l’on évitait de faire trop peur en disant qu’il n’était pas trop tard, non, mais qu'il fallait faire vite (en plus, cynisme suprême, on nous promettait qu'innover en matière énergétique créerait des emplois, comme si cela n’était pas dérisoire dans ce contexte).

En 2001 il nous restait donc dix – quinze ans pour agir. Et en 2005, 2010, 2015 (Cop 21 à Paris) ? Toujours dix - quinze ans. Tiens, tiens !

On voit que l’on ne cherchait qu’à temporiser avant de nous dire que les carottes sont cuites. Sans doute parce que l’on savait que la panique s’emparerait de nous, que l’on se pousserait du coude afin d’être parmi les derniers à respirer encore dans ce qui sera une  inélégante « course de rats pour la survie* », entendez notre apocalypse** .

 

La phase suivante***, celle du catastrophisme lucide, je viens de la voir ébauchée dans un article de l’hebdomadaire « Marianne » (numéro 1077 du 2 au 9 novembre 2017) « Il existe bien une autre Amérique ». Marc Dugain y écrit (c'est moi qui souligne):

« On va prier pour que l’intermittent cérébral de la Maison-Blanche ne fasse pas sauter la planète avant la fin de son mandat. Il nous aura de toute façon précipité dans une crise climatique à laquelle on n’a plus aucune chance d’échapper car cet abîme environnemental tient essentiellement à l’avidité et à la cupidité dont les Etats-Unis se sont fait le modèle auquel nous nous sommes empressés d’adhérer. »

Il faut lire Marc Dugain, non seulement pour son excellent ouvrage « Une exécution ordinaire » paru en 2007, mais peut-être aussi pour son dernier livre, s'il y est aussi lucide que dans cet article et s’il est aussi fin connaisseur de la réalité américaine que de celle de la Russie qu'il dépeignait il y a dix ans.

 

 

 

 

* : Dont la généralisation de la culture de l’immoralité et de la transgression est depuis un certain temps déjà, le symptôme le plus sûr.

** : Attention, pas l’apocalypse dont parle René Girard, ni en son sens étymologique de révélation aux hommes de leur violence sans limites, ni comme processus de destruction par le feu nucléaire (autre menace dont il n'est pas question dans ce billet) de quasi toute vie sur la planète.

*** : Addendum du 14/11/17 : Trois jours après ce modeste billet, un article (en lecture libre) important paraît dans la revue Bioscience, allant dans son sens: World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice

P. S. : Dans le billet du 10 novembre 2014 il était question de pétrification.

 

Nielsen décrit ainsi son oeuvre: " Cette symphonie décrit les sources les plus primitives du flux vital et le bonheur de sa perception, c'est-à-dire, ce qui touche l'être humain, le monde animal et végétal comme il peut être perçu ou vécu."

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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