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FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

désespérance

L’homme aura disparu de la Terre dans quelque temps et il n’y aura plus alors de conscience ni d’intelligence raffinées.

Mais comme il est encore là, en sursis, avec la perspective plus que probable de son inexistence future*, il peut encore se projeter dans cet avenir qu’il ne connaîtra plus et se demander quelle faute il a commise pour s’être ainsi détruit, lui qui a reçu de merveilleux outils pour comprendre, inventer, gérer** et prévoir (rappeler ici ses réalisations serait fastidieux et inutile : chacun en connaît un grand nombre). Mais il s’est comporté comme un chiffonnier ténébreux et les ténèbres, il les a faites venir sur lui en polluant sa planète, en détruisant nombres d’espèces, en se reproduisant sans modération et en inventant même les bombes qui peuvent l’éliminer en un clin d’œil.

En réalité, dans le monde des hommes la bienveillance et l’altruisme n’existent qu’à titre d’exception (remarquable et touchante, cela dit) pour souligner l’universalité de la vilenie et de la corruption (la première corruption étant probablement celle du spirituel par le religieux).

L’être humain, à qui il a pourtant été donné une intelligence capable de méditer sur la nature des choses et sur leur existence même***, à qui il ne peut avoir échapper qu’il était le premier responsable de tout le vivant autour de lui (en tant qu’être le plus évolué au sein du monde animal), cet être capable de comprendre (et même peut-être de « réaliser » dans l’éveil) l’identité de l’âme (Atman) et de la Réalité Ultime (Brahman)**** et enfin de toucher par fugitifs instants Purusha en l’un ou l’autre point de tangence*****…, cet être-là s’est suicidé. N’est-il pas désespérant d’avoir à se demander pourquoi ?

 

 

 

 

* : Que restera-t-il de nous dans 10.000 ans ? On reverra pour s’en rendre compte la vidéo de « La Terre sans l’homme » .

** : Question n° 9 de Max Frisch: « Les dinosaures ont survécu 250 millions d’années, comment vous représentez-vous une croissance économique sur 250 millions d’années ? (Répondre en quelques mots-clés.) »

(« Frageboden 1987 », Dans la revue Einspruch (Zurich), n°4, août 1987

*** : On doit cette question fondamentale au philosophe Gottfried Leibniz. Elle apparaît en 1740 dans son ouvrage « Principes de la nature et de la grâce », formulée en ces termes : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

**** : Advaïta vedanta darshana

***** : Samkhya darshana

P. S. : Dans le billet du 18 octobre 2016 il était question de sagesse.

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À propos
Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après ... silence.
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