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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

gratitude

Le français est une langue pauvre, à laquelle il manque bien des mots. Par exemple l’adjectif correspond au substantif « gratitude » n’existe pas : il faut employer celui qui vient de « reconnaissance », synonyme certes mais pas exactement. Soit.

Cette gratitude est une belle vertu, et comme toutes les autres aujourd’hui en voie de disparition. Mais qu’importe là encore : l’heure ici n’est vraiment pas aux regrets.

Le mot gratitude vient du latin gratus (reconnaissant) et se retrouve aussi dans d’autres langues comme l’anglais (gratitude), l’italien (gratitudine) et le portugais (gratidão).

Cette vertu ne s’applique pas qu’aux personnes à qui l’on doit quelque chose. On peut par exemple être reconnaissant d’être en bonne santé, on peut être reconnaissant à un animal, à un paysage, au sort, à sa bonne fortune, et même – pourquoi « et même » ? - à la vie.

D’autres iront encore plus loin et diront: à dieu, mais là ils s’avancent fort (sauf bien entendu, s’ils ne voient rien à redire aux essais de Théodicée de Leibniz) si l’on considère dieu comme le créateur de tout, et dieu sait si dans ce tout il n’y a pas que du bon, du « pourquoi on devrait on devrait lui être reconnaissant ».

Prenons l’exemple de l’injustice, dont l’aspect le plus fondamental chez l’homme réside dans le fait que nous ne sommes pas tous égaux devant la faculté d’apprécier le beau (quoi que l’on entende par là : le méditant par exemple trouvera déjà de la beauté dans le silence). Je veux dire que chacun devrait au moins avoir l’aptitude d’apprécier du beau, quel qu’il soit, mais qui au moins pour lui existe (et être reconnaissant de jouir de cette beauté). Or ce beau n’existe pas pour tout le monde, d’où l’injustice dont dieu, s’il existait, serait responsable et qui fait que la terre des hommes est le théâtre de tellement de laideur, d’injustices et de violence. Déjà sur ce point, pas de quoi donner raison à Monsieur Leibniz, apparemment.

 

 

 

 

P.S. : Dans le billet du 19 septembre 2014 il était question de dégrisement.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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