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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

basculement

Vous venez de vous réveiller et vous êtes encore à vouloir rester au lit. Puis vous voilà décidé à vous lever, il est temps de faire le café. Intéressons-nous à ce moment où tout bascule, où vous avez quitté l’indolence de la nuit pour l’entrain du jour. Combien a-t-il duré ? Un instant, soit, mais encore ? Quelle en est la nature ? De celle du moment, direz-vous, mais nous ne sommes pas plus avancés avec ces mots (« instant », « moment ») qui au fond ne nous disent rien, ne servent qu’à nous entendre et à partager ensemble ces questions, supputant quand même que, s’agissant de ce moment de basculement, on est là en présence de quelque chose de crucial.

Alors plutôt que de s’entêter à le définir, demandons-nous simplement ce qu’il évoque en nous. Certes, nous connaissons tous de moments où le temps nous échappe, où il passe très vite, où même on ne le voit pas passer tant nous sommes distraits (par une activité qui nous détourne de nous-même) ou appliqués (par une activité quelconque) ou impliqués (par une activité créative). Mais dans tous ces cas (sauf peut-être le dernier, c’est à voir), à bien y réfléchir, le temps est toujours là, ne fût-ce que parce qu’il est mesurable. Il est là, en toile de fond, et nous sommes là aussi, peut-être parce que nous sommes lui.

Mais ce n’est pas le cas de ce moment de basculement au réveil dont nous parlions. Comment dès lors l’approcher ? A quoi le comparer ?

Je ne vois que le méditant pour nous aider à y voir (un peu) plus clair. Lui sait que le temps peut le quitter tout-à-fait. Mais ne lui demandez pas combien de temps celui-ci peut le laisser en paix. Car il est alors autre que lui-même. N’existe plus celui qui en lui pourrait répondre (et dire qu’il ne sait pas). Il est dans un autre monde, dont rien ne peut être dit, celui sans doute dans lequel se trouve le dormeur évoqué plus haut, lorsqu'ouvrant les yeux, il passe de l'indolence à l'entrain en infiniment moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

 

 

 

 

P.S.: Dans le billet du 9 août 2015 il était question d’ajournement.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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