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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

fusion

Les gens, méditeraient-ils (c’est-à-dire accorderaient-ils de l’importance au délicieux ennui, à l’oisiveté, au repos, au silence) qu’ils deviendraient des adeptes, d’abord de la décélération, puis du surplace ! Ils y auraient tout à gagner, comme le cycliste qui se rend compte (realizes, en anglais, d’où est venu le concept de réalisation de soi tellement prisé par les gurus du new age) dans un fulgurant éclair, tel un saut quantique de la conscience, qu’il peut faire roue libre dans une descente forte car pédaler ne lui apporte aucun supplément de vitesse*. Ils y auraient tout à gagner, disais-je, aussi pour améliorer leur mémoire** et moins se plaindre de ses lâchages. Car, méditant, ils se rendraient compte (une prise de conscience comme celle du cycliste évoqué plus haut) que ces lâchages sont dus au fait qu’ils la forcent, qu’ils la forcent inutilement. Pour retrouver un nom qu’ils savent connaître, mais qui pour l’instant leur échappe, ils feraient alors une pause, s’arrêteraient, penseraient à autre chose ou mieux encore feraient abstraction de toute pensée, de tout désir de penser, bref feraient silence. Et la réponse à la question qu’ils auraient oubliée totalement (consciemment et inconsciemment) ferait l’instant plus tard surface, irruption du silence, celui-ci redevenu complice puisqu’ils lui reconnaîtraient ce statut (un peu comme le vélo qui vous porte à la plus grande vitesse possible dans la forte descente lorsqu’on lui fait… confiance).

Méditeraient-ils qu’ils feraient donc du silence leur ami et de la mémoire, leur alliée. Bien sûr, et c’est là le point crucial de ce billet, là où je voulais en venir dès son introduction, toute la question pour eux serait alors de savoir comment faire absolument silence, c’est-à-dire ne pas se l’imposer pour en tirer profit (comme par exemple vouloir retrouver ce mot qu’ils ont sur le bout de la langue mais qui…), mais être vraiment immergés en lui, libérés de tout désir conscient et inconscient de l’exploiter.

Ils rejoindraient alors ceux qui se posent ces questions : Comment faire pour être digne du silence ?  Comment le trouver sans le rechercher ?  Comment ne rien vouloir de lui ? Comment être lui ? Comment être libre ? Comme être CE QUE NOUS SOMMES ?

 

 

 

 

* : Voyez ce billet où est illustré par l’exemple le concept oriental d’éveil.

** : Notamment les personnes âgées qui se souviennent mieux de lieux et de noms anciens que de plus récents, comme si leur mémoire était comme un récipient rempli jusqu’au trop-plein, mais ne développons pas ce point, il ne s’agit pas du sujet de ce billet.

P. S. : Dans le billet du 30 juillet 2013 il était question de dépouillements.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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