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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

fugacité

Si je n’ai qu’une quasi-certitude, c’est bien celle-ci : la vérité ne peut être ni édictée, ni boulonnée, ni encore organisée par (l’)autorité.

Si tant est qu’elle existe, elle aura sans doute toujours le parfum du savon qui vous glisse des mains quand vous le serrez.

Tel prakrti effleurant Purusha (voir la philosophie du samkhya darshan), vous pourrez peut-être l’apercevoir, vous matière caressant l’Esprit, mais une fois aperçue, la vérité disparaîtra car, inévitablement, vous voudrez la retenir. La métaphore du savon est bien idoine ici, celle de l’ombre qui vous échappe toujours, aussi.

Méditer est par essence cet acte sacré de non-retenue ou, si l’on préfère, cette absence de volonté de retenir.

Dieu merci, méditer ne conduit pas à croire. Méditer ne peut vous amener à assurer quoi que ce soit et à vouloir convaincre autrui. Méditer est une « activité* » solitaire qui ne concerne que vous. Vous n’y acquerrez aucune certitude et donc, doutant de tout, vous ne « céderez jamais à la tentation » (cette expression vous dit-elle quelque chose ? !) du conditionnement de l’autre, du viol de sa conscience, le plus « mortel des péchés » peut-être.

En Nouvelle-Zélande où nous étions il y a peu, si les églises sont nombreuses et ont acculturé nombre de Maoris, leur discours est discret aujourd’hui**. Quant à l’islam, il n’y existe tout simplement pas.

Là, les revendications d’avoir la seule vraie foi ne récoltent le plus souvent qu’un sourire consterné et les femmes y sont vraiment les égales des hommes, aucun escroc machiste prétendant parler au nom de Dieu n’osant y insinuer le contraire.

 

 

 

 

* : Une non-activité, faudrait-il plutôt dire, car le laisser-faire y est tel que l’on ne peut aisément y distinguer un acteur.

** : Hormis certaines radios et télés chrétiennes au discours obscène, tant est évident que leur racolage est destiné à ces proies faciles que sont les laissés-pour-compte.

P. S. : Dans le billet du 23 mars 2016 on essayait de répondre à la question de savoir quelle est la part d’impondérable et de responsabilité personnelle dans la destinée de l’homme : proportion.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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