Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

innocence

La meilleure des méditations est sans doute celle où l’on est conscient tout en n’étant pas conscient de méditer. Ce serait dès lors pour cette raison que beaucoup de gens méditent vraiment, alors que d’autres qui pensent le faire ne sont que dans la caricature de cette « activité » aujourd’hui très tendance. Ce que font les premiers, ces innocents, est à ce que font les seconds ce que le produit frais est à la conserve en boîte.

Vous êtes assis dans votre lit le matin, un mug de café fumant à la main en train de rêvasser : parfait. Puis vous vous dites : soyons sérieux, redressons-nous, fermons les yeux, méditons comme nous l’ont appris les gourous d’aujourd’hui (ces pitoyables occidentaux qui singent une Inde qu’ils ne comprennent pas) : là voilà, la fin de l’innocence et la fin aussi de la méditation en ce qu’elle a de naturel, de bienfaisant, de thérapeutique et de sacré même.

Revenons alors à ceux qui pratiquent la rêverie matinale avec candeur (entendez : sans se dire qu’ils méditent ou qu’ils recherchent, voire incarnent, la transcendance). Ils ont appris de leurs rêveries que rien ne les vaut, que tout sentiment qu’ils font quelque chose d’extraordinaire les dégraderait et que, si transcendance il y a, ils en sont trop loin pour oser même y prétendre (une humilité peut-être salvatrice). Et puis, pourquoi la rechercher, cette transcendance, quand on a déjà tout avec son café fumant ?

Une dernière remarque : attention, il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’amateurisme en matière de méditation, mais de dire que celle-ci est une chose trop sérieuse pour ne pas être prise à la légère. La méditation (dhyana) posturale (en padmasana ou siddhasana) que les yogis nous ont appris n’est par exemple pas à dédaigner. Il est bien d’apprendre à la maîtriser par la pratique d’échauffements, d’asana et de pranayama. Mais cette maîtrise ne sera pas une fin en soi. Ce qu’elle nous apportera, ce sera le goût du silence ; et une fois celui-ci connu, il sera alors recherché et apprécié en toutes circonstances… comme par exemple en sirotant le café du matin.

 

 

 

 

P.S. : Dans le billet du 9 décembre 2014 il était question de clandestinité.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article