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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

stupéfaction

Le fait de vivre et d’être conscient d’un monde existant me stupéfie* souvent. Ces moments d’ébahissement surviennent parfois spontanément mais peuvent aussi apparaître en méditant**. Quoi qu’il en soit je considère que le sacré est là, dans cette stupéfaction, dans cette état particulier de la conscience où l’on découvre que vivre est tout sauf allant de soi.

Et je me dis que lorsque je mourrai je n’aurai sans doute pas percé le mystère de l’existence du monde. Qu’est-ce cela qui existe et que je contemple par exemple dans le ciel étoilé (notez que 95 % de la masse de notre univers est noire et invisible)? Et pourquoi tout cela? Et pourquoi ce  « tout cela » n’est-il pas signé? Je ne le saurai jamais.

Les humains ont la faculté de prendre conscience de ce mystère mais pas de le résoudre. Peut-être que loin de la Terre, d’autres êtres avec d’autres « cerveaux » bien plus évolués que les nôtres y sont parvenus. Rien que pour qu’ils nous donnent les réponses que nous, humains, ne pouvons trouver, il serait intéressant de les rencontrer. S’ils nous faisaient un tantinet confiance, peut-être nous souffleraient-ils alors ces réponses à l’oreille, à condition bien entendu que nous puissions les entendre et les comprendre. Peut-être aussi, ces réponses, plutôt que d’être trop compliquées pour nos modestes cerveaux, seraient-elles trop simples pour eux, d’une trop divine simplicité.

En attendant ce moment fort qui risque peu d’arriver, sur cette pauvre Terre humaine que voyons-nous? Nos semblables qui dans leur immense majorité font étonnement peu usage de cette possibilité intellectuelle qui est la leur d’approcher ce pourtant fascinant mystère.

Peut-être que lorsque tous les humains se poseront ces questions, alors la réponse nous sera-t-elle donnée car nous pourrions alors connaître une sorte de saut quantique de la conscience. Mais pour que cela advienne il faudrait éliminer de notre l’esprit, et le poison de la superstition distillée par les religions, et le soin exagéré que nous nous accordons à nous-mêmes, sans égard pour les autres. Alors, nous ne vivrons plus et nous ne nous reproduirons plus comme nous le faisons aujourd’hui, entendez comme si cela allait de soi, comme si nous n’avions pas besoin de savoir pourquoi nous sommes sur ce bateau ivre naviguant dans le plus épais brouillard.

 

 

 

 

*: « Que nul n'entre ici s'il a passé un seul jour à l'abri de la stupeur. »

Aveux et Anathèmes, Cioran, Gallimard 1987, p. 84

**: Toutefois la stupéfaction d’être vivant rend toujours méditatif, alors que méditer peut nous amener à d’autres sentiments.

P.S.: Dans le billet du 19 août 2010 il était question d’évitement.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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