Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

analogie

Deux merles se pourchassent gentiment dans le jardin. Ils ne chantent pas. Plus, faudrait-il peut-être dire, car nous sommes en août. Je me suis toujours demandé pourquoi ils s’arrêtent de chanter au début juillet et surtout, surtout, s’ils étaient conscients, quand ils les clamaient, que c’étaient là leurs dernières divines trilles de l’année.

Mais la question n’est pas là aujourd’hui. Je voyais dans ces merles redevenus silencieux le signe qu’ils se sentaient à présent sans gouvernail, comme inutiles. Leurs petits sont nés, ils les ont nourris et maintenant que ceux-ci « volent de leurs propres ailes », quel but doivent-ils avoir, quel est le sens de leur vie? Ils l’ignorent sans doute, comme la plupart des eucaryotes dans cette situation (les êtres vivants ayant une reproduction sexuée, pour faire bref, au risque d’être approximatif), comme les humains aussi donc. Chez ceux-ci, regardez les jeunes couples conventionnels, quelle énergie ne déploient-ils pas pour se construire un nid, une progéniture, une « situation », bref « une vie »! Et trois ans après la naissance du « dernier », quand les phéromones n’agissent plus, souvent ils se déchirent, parfois ils divorcent, en tout cas ils vont chacun de leur côté, pour enfin « vivre leur vie ». Ils se sentent déboussolés, voire inutiles en réalité, comme ces merles du jardin qui ne chantent plus.

Peut-être faut-il chercher dans ce sentiment d’inutilité que nous connaissons quasi tous (pour peu que nous n’ayons pas trouvé un sens autre à l’existence), la cause de notre égocentrisme, ce qui nous fait souffrir et nous conduit à nous punir inconsciemment en adoptant une attitude suicidaire (par notre refus de remplir nos devoirs envers nos générations futures en leur laissant nos déchets nucléaires, en mettant à sac les ressources de leur planète et en détruisant irrémédiablement les biotopes, en polluant sans vergogne et durablement, en réchauffant leur climat, en éteignant des espèces qu'ils ne verront plus qu'au zoo ou sur écran, en n’ayant de respect pour rien ni personne, pour aucune vie, ni aucune beauté.).

Comment remédier à cela? Faute de mieux en reconsidérant les choses* - sous cet angle peut-être, et en reprenant en tout cas tout à zéro (pour peu que le temps nous soit donné).

 

 

 

 

*: Une autre définition de méditer.

P.S.: Dans le billet du 3 août 2008 il était question d’une aventure. Ce billet appartient à la catégorie yoga.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 1

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article