Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

métaphores

Nous passons par différentes phases d’auto-représentation depuis la naissance jusqu’à la mort. Du narcissisme primaire du nourrisson jusqu’à la puberté, la psychanalyse décortique déjà bien des stades chez nous. Vient ensuite l’âge de se reproduire; pendant celui-ci, nous sommes un corps dont l’apparence nous importe, un corps susceptible d’être attiré par un autre corps (via ses phéromones, paraît-il), c’est l’espèce qui nous subjugue alors, nous guide, nous a sous sa coupe afin qu’on la perpétue.

Etape suivante, moins excitante sans doute mais plus intéressante, à l’âge mûr, devenant moins attirants (et attirés) sexuellement, en désespoir de cause ou par sagesse, nous nous dépouillons et nous nous découvrons peut-être enfin. Eventuellement, notre amour pour un être qui nous est cher au-delà de tout, s’il résiste au temps "dévastateur" (comme le spécifie Krishna dans la Gita), confine alors au sacré. Nous nous voyons plus comme une personne, comme un cœur, comme une âme sans doute déjà.

Puis, très âgés, il ne nous restera alors plus que notre âme (peut-être l’appellerons-nous autrement) dont nous espérerons peut-être qu’elle aura mérité le salut.

 

Je me faisais ces réflexions en relisant un ouvrage… d’hatha yoga: soudain il m’apparut que la théorie des enveloppes bien connue des yogis (selon eux, notre corps est susceptible d’être « gainé » de façon matérielle, ou énergétique, ou mentale, ou de sagesse, ou extatique) exprimait ce qui précède* d’une autre façon (à ceci près toutefois que pour les hindous, ces stades se superposent probablement plus qu’ils n’évoluent de l’un à l’autre).

Les contextes culturels séparent, mais quand ils se rejoignent et que l’on découvre la même chose d’une autre façon**, on se rend compte alors avec délice (et de façon souvent fulgurante) que derrière les images, les exemples, les métaphores se cachent parfois les plus belles vérités ésotériques.

 

 

 

 

*: Il faudrait aussi mentionner la distinction védique des quatre stades de la vie (ashrama) qui envisage différemment encore ces étapes, mais ce serait alourdir le propos.

**: Combien de fois en voyage, n’entendons-nous pas dire par nos amis d’ailleurs: « Ce que tu dis là, chez nous on le dit comme cela: ... ».

P.S. : Dans le billet du 22 juillet 2014 il était question de simplicité.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article