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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

fugacité

D’un individu à l’autre, la perception du monde est différente. Cela dépend de sa culture, de son ouverture d’esprit, de son âge et de son humeur, sans parler de ces trente-six mille choses qui constituent chacun de nous dans l’instant.

Tout bien considéré, le monde est différent pour chacun - sauf peut-être pour deux êtres qui s’aiment dans l’instant fugace qu’ils partagent intensément (je ne parle pas ici expressément d’orgasme) et qui regardent vraiment alors « dans la même direction ».

Ce préambule pour en arriver à ceci :

Le monde existe peut-être indépendamment de nous, il est donc peut-être une réalité objective, absolue, que nous soyons vivants ou morts. Morts, le monde existe peut-être encore (pour lui-même, dirons-nous): mais pour nous qui alors n’existons plus, comprendrons-nous enfin (et c’est cela le point crucial), de notre vivant encore, qu’il n’existe plus?

Nous sommes le monde [je ne veux pas entendre ici, quoi que ce ne soit pas faux, que nous le façonnons et qu’il est ce que les humains (plus même: tous les êtres vivants et conscients de l’être), font de lui] et ce monde naît et disparaît avec nous. J'insiste: quand donc comprendrons-nous cela, nous humains? Nul besoin de chercher à vivre une illusoire éternité (créée de toutes pièces et vendue ensuite par d’indélicats marchands œuvrant le plus souvent pour des multinationales maffieuses appelés « religions ») dans un paradis. Ce paradis n’existe pas, pas plus que son contraire caniculaire d’ailleurs.

La vie est ici, maintenant, sans doute pas demain ni ailleurs, ni éternelle, et c’est pourquoi elle est précieuse, ce qui veut dire sacrée, au sens peut-être enfin bien compris du terme.

Donc: Quand nous mour(r)ons il n’y a(ura) plus rien. Pour nous qui avons vécu et été le contraire de ce rien (que je ne me risque pas à minimiser en le qualifiant de quelque chose) le monde définitivement n’existe plus. Se rendre enfin compte de cela, le « réaliser », devrait changer le monde, celui dans lequel nous sommes à l'instant et pour l'instant, celui dont nous ne prenons pas suffisamment soin, le croyant fait pour nous (merci là aussi aux religions du livre et à leur anthropocentrisme, je pense par exemple à ce premier chapitre de la Bible, particulièrement mal inspiré), ne le voyant pas assez précieux, et nous, pas assez chanceux d’avoir eu l’honneur de le connaître.

 

 

 

 

P.S.: Dans le billet du 7 juillet 2015 il était question d’incarnation.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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Cat L 23/07/2016 17:19

Ainsi donc, tout mourrait de nous, du Tout dont nous sommes étincelle, lorsque nous mourons ?
... Pas sûr !
... En tout cas, pas convaincue !
Oui au sacré du maintenant enfin accepté.
Mais oui aussi à la survie de l'étincelle, pour recommencer à apprendre, encore et encore, dans cette dimension ou dans une autre...
... Rendez-vous après le prochain passage pour savoir qui de nous deux a raison !!!
Cat :)

Marc 23/07/2016 17:57

Bonjour Cat et merci pour votre apport.
Sous terre ou partis en fumée, le monde n’existera plus pour nous qui étions ce corps maintenant sans vie. Cela me semble une évidence aujourd’hui, mais ce ne fut pas le cas hier, je l’admets. Nous morts, le monde existera encore cependant et nous aussi d’une certaine façon peut-être, mais en tant que monde alors, plus en tant que nous, c’est cela sans doute que je voulais dire. Tout tourne donc autour de l’existence ou non de l’atman, l’indestructible âme; les hindous pensent que oui, elle existe, et certains même la proclament égale à la Réalité Ultime (advaïta vendanta); les bouddhistes, non. Comme vous le dites justement, rendez-vous pour voir qui de nous deux, des deux systèmes philosophiques aussi donc, a raison. Personnellement, je ne me préoccupe pas trop de le savoir, mais si je pouvais choisir j’opterais froidement pour n’être plus jamais cette étincelle dont vous parlez. Comme Cioran, je pense après mûre réflexion que le vide aurait suffit.
Mais je termine par quelque chose qui va sans doute nous mettre d’accord. L’important peut-être n’est pas de conclure et de s’y tenir ensuite, mais de méditer sans cesse ces choses vertigineusement passionnantes. N’est-ce pas là faire honneur à ce que vous appelez l’étincelle?
Bien à vous,
Marc