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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

extinction

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« L’improbable est possible », disait Edgar Morin, évoquant notre sort sur la planète terre, le 11 février dernier, sur Arte (28 minutes). J’ai d’abord pensé qu’il avait trouvé la formule juste pour décrire l’espoir irrationnel qui anime par exemple tous ceux que le film « Demain » (actuellement encore sur les écrans) remplit d’espoir. Puis je me suis dit que si cette formule relevait pour moi de l’irrationnel ou du moins du déraisonnable, c’est parce que je la trouvais « datée ». Ce que je veux dire par là c’est que je pensais qu’elle aurait été judicieuse et d’actualité dans les cinq premières années de ce siècle encore, quand le GIEC disait que l’on n’avait plus que dix ans pour renverser la vapeur et s’occuper enfin de notre bonne vieille terre qui n’en pouvait plus de nous supporter; or, aujourd’hui, dix bonnes (?) années plus tard, on n’a rien fait, bien au contraire, pour renverser cette vapeur et on ne va toujours pas le moins du monde dans cette direction, hormis de trop minoritaires initiatives locales, telles celles, admirables, montrées dans le film « Demain ».

Alors, dire aujourd’hui que l’improbable est possible me semblait irréaliste et même faux au regard de ce que l’on a fait (ou plus exactement pas fait) de la mise en garde du GIEC évoquée plus haut. D’un autre coté, je n’ignorais pas que dire le contraire demanderait un courage surhumain et jetterait sans doute sur vous l’opprobre de l’espèce entière.

 

Mais ce qui motive ce billet est ailleurs. Voici:  Pourquoi une espèce - en l’occurrence la nôtre - a-t-elle tendance à refuser à tout prix, même à celui de la raison la plus évidente, la simple perspective de son extinction? Serait-ce là le tabou ultime? L’impuissance de la raison face aux instincts de survie, de reproduction et de perpétuation, face encore à la peur panique de la fin ou à une irrépressible soif d’éternité?

Est-ce pour cela qu’il est difficile à Edgar Morin, comme à tant d’autres, de ne pas encore pouvoir dire (tant pis pour l’évidence) que nous sommes une espèce en voie d’extinction (des espèces éteintes, il y en a déjà eu tant sur cette planète, et certaines, à cause de nous) et que, finalement, c’est dans l’ordre des choses, et même que c’est souhaitable du point de vue de la faune et de la flore qui ainsi se verraient débarrassées de leur grand ennemi, l’homme? Qu’est-ce qui nous empêche de nous dire que l’impossible est « improbablement » possible, plutôt que de se bercer d’illusions? Qu’est-ce qui nous empêche de voir l’irrémédiable quand il est là et de partir de lui pour vivre dès lors une autre vie, précieuse enfin car nous saurions que ses instants sont comptés, ce qui nous inciterait à les vivre avec intensité, mais aussi avec mesure, sagesse et respect pour tout ce qui nous entoure?

 

 

 

 

P.S.: Dans le billet du 2 mars 2015 il était question d’errance.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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