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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

inquiétudes

A notre époque abandonnée aux mains sales du néo-capitalisme, on avait déjà rebaptisé, et sans que l’on y trouve à redire, certains concepts importants: l’enrichissement était devenu une success story, la vénalité de l’ambition, l’agressivité de l'acharnement au travail, l’exploitation des travailleurs de la gestion des ressources humaines, le formatage de la publicité. Mais on n’avait pas encore atteint... le fond. L’homme de la rue se sentait certes un peu responsable de l’état de la planète (polluée, surpeuplée) qui se détériorait sous ses yeux, mais son viol éhonté ne portait pas encore le doux nom de réchauffement climatique. C’est fait aujourd’hui, et grâce à cette entourloupette sémantique, c’est donc moins lui qui pollue que la planète qui se réchauffe. Tant pis pour elle. D’un verbe transitif dont cet homme serait le sujet on est passé à un verbe réfléchi le montrant comme victime. Il n’est dès lors plus acteur, il est devenu spectateur (et restera de ce fait consommateur, ce qui est peut-être le but recherché).

C’est donc à peine si l’on peut lui rappeler qu’il peut encore faire quelque chose à son échelle pour adoucir son exclusion de l’habitat qu’il a salopé au-delà de toute imagination.

Et ne dites surtout pas à ce géniteur potentiel qu’il devrait s’abstenir d’alourdir encore la branche qui craque déjà bien assez vite, sur laquelle vous êtes assis à ses cotés! Vous seriez suspecté de misanthropie. La décroissance de la population sera donc un concept qui restera politiquement incorrect jusqu’à la fin de l’homme…

Quant à la décroissance générale, celle par laquelle il faudrait aussi tous passer si l’on voulait survivre, ne prononcez pas ce mot non plus: son champion sur le plateau de l’émission d’antenne 2 « Ce soir ou jamais » du 13/11/15 (dont le sujet était « Que faut-il sacrifier pour lutter contre le réchauffement climatique? ») en a fait les frais, se voyant assailli de toutes parts par des débatteurs d'une inquiétante véhémence à son égard qui n’ont jamais cessé de lui couper la parole pour mieux s’écouter parler et se cacher ainsi à eux-mêmes qu’ils ne faisaient rien, eux, pour la planète, soit qu’ils n’en avaient pas envie, soit qu’ils avaient peur de devoir changer leurs habitudes (ne plus manger de steak, prendre le vélo, vous n’y pensez pas !), soit encore peut-être, qu’ils pensaient que c’était peine perdue, qu’il était déjà trop tard.

Quant à l’ancien Président de la République, invité dimanche soir au journal de TF1 pour commenter les tragiques événements qui venaient d’endeuiller encore une fois la France, à la question de savoir si dans ces conditions nouvelles, la COP21 devait avoir lieu, il a repassé la patate chaude à son successeur actuel, sans avoir la grandeur - grandeur que l’on aurait été en droit d’attendre d’un « repostulant » à la plus haute fonction de l’état -, d’insister sur le fait qu’à Paris ou ailleurs, cette COP21 devait avoir lieu car, comme l’avait bien compris, lui, son prédécesseur à ce poste, "la maison terre brûle et nous regardons ailleurs".

Ne regardons pas ailleurs trop longtemps, chers amis, même si c’est difficile tant nos yeux sont pleins de larmes, et que nous sommes abasourdis une fois encore par les voies innommables qu'empruntent ces temps-ci la foi religieuse, cet outrage au bon sens, et cela jusque dans les pays des lumières et de la raison.

 

 

 

 

P.S.: Dans le billet du 16 novembre 2010 il était question d’autodestruction.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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