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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

mutisme

L’existence de niveaux de conscience différents chez lui-même est la première chose dont se rend compte celui qui se met à la méditation. Il ne peut que constater, parfois avec un délicieux étonnement, que s’asseoir en silence et ne rien y rechercher lui donne accès à d’autres ressentis, d’autres intuitions, d’autres mondes.

Puis il réalise que chez ceux qui n’ont pas (encore) d’intériorité avec laquelle ils sont intimes, ces mondes n’existent pas toujours, ni dans l’instant (qu’ils ignorent, contrairement à lui qui le chérit), ni dans la durée: ballotés par leur tripes*, prisonniers de leurs préjugés, ils restent à la surface des choses, sont incapables d’empathie bien souvent, ne comprennent pas pourquoi on peut lire des ouvrages philosophiques abstraits** ou des romans aux métaphores raffinées*** et encore moins, bien entendu, pourquoi on peut s’asseoir à ne rien faire et ne pas chercher à s’en justifier vis-à-vis d’eux.

Bien sûr, tout ceci ne fait pas du méditant un être à part. Quoique...

 

 

 

 

*: « But the “man in the street” and even many well-educated people do not take the trouble to observe themselves and to discriminate; they drift on the surface of the “mind-stream” and identify themselves with its successive waves, with the changing contents of their consciousness. »

Roberto Assagioli, Psychosynthesis, Turnstone press, 1984, p.18

**: « Le philosophe Emerson, pour sa part, répondit à des contemporains goguenards qui l’interrogeaient sur ce que les livres de philosophie avaient bien pu lui enseigner : « Ils m’ont avant tout appris à me taire en présence de gens de votre sorte. » »

Denis Grozdanovitch, L’art difficile de ne rien faire, Folio, Denoël 2009, p.167

*** : Réponse de Vladimir Nabokov, à qui on demanda en 1971 ce qu’il répondait à ceux qui disaient qu’il était tout simplement obscur :

- De s’en tenir aux mots croisés de leur journal du dimanche.

Vladimir Nabokov, Intransigeances , Julliard, Paris, 1973, p. 199

P.S.: Dans le billet du 14 octobre 2008 il était question d'une redéfinition.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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