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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

positionnement

Dieu existe-t-il ?

Cette question nous ramène inévitablement à notre anthropocentrisme*: c’est nous qui posons la question, c’est nous qui donnons la réponse.

Le théiste a la certitude qu’il existe. C’est donc qu’il l’a vu. Le problème, c’est qu’il ne montre jamais aux autres. On est censé le croire (parfois même obligé, sous peine de menace), ce qu’on s’empresse bien entendu de ne plus faire de nos jours: dieu est mort là où on veut le vendre à des esprits éclairés.

L’athée a la certitude qu’il n’existe pas. C’est donc qu’il l’a cherché absolument partout et qu’il ne l’a trouvé nulle part. Mais est-il sûr de n’avoir oublié aucun recoin de l’univers? Pour notre part on en doute, ne sachant même pas si l’univers est infini ou non, ni même s’il existe tel que nous le concevons. (Anthropocentrisme, quand tu nous tiens! Ton piège évité, nous pouvons être plus radical encore et dire simplement que nous ignorons si l’univers existe. Point.) Cela dit, si l’univers s’avérait infini (concept anthropocentriste, c’est « infini »!) cela devrait le perturber, cet athée, puisque c’est peut-être dans ce qu’il n’a pas encore pu explorer qu’il se cacherait, ce dieu dont il est si sûr de l’inexistence.

En dehors du théiste et de l’athée, que reste-t-il comme humains anthropocentristes (notre inéluctable tragédie, cet anthropocentrisme, il n’y a pas à en démordre!) aux prises avec le mystère de leur existence et de celle de l’univers? Les sceptiques, bien sûr. Qui se divisent en deux catégories:

Les agnostiques, qui sans négliger la question, bien au contraire, se complaisent dans sa tentative de résolution, tentative qu’ils savent vouée probablement à l’échec. Cependant ils cherchent, méditent, vivent avec ces questions, et c’est bien dans cette attitude paradoxale, relativement désespérée, que réside la beauté de leur démarche. Dieu n’est peut-être qu’un mystère, une question sans réponse, que notre conscience, pour gagner en dignité, se doit de côtoyer à chacune de nos respirations afin de se fondre en lui, ou tout au moins d’en témoigner (une tâche où notre anthropocentrisme trouve un moins mauvais rôle et peut-être son meilleur).

Enfin, parmi les sceptiques, on en trouve aussi d’heureux: les ignostiques. Ils ne savent pas, ce qui est sage assurément. Ils considèrent que la recherche n’a pas de sens puisque dieu lui-même est indéfinissable par nous. Ils sont les seuls à comprendre réellement que toutes ces interrogations sont les nôtres, petits humains au cerveau limité - et qu’en dire dès lors qu’il s’attèle à la tâche de considérer dieu? -, et donc empreintes de fatuité. Ils s’en détournent donc. Mais pour autant, se détourner totalement de la chose, est-ce vraiment possible sans tomber dans la bêtise (superficialité, individualisme, égocentrisme, consumérisme, etc)? On le leur souhaite.

 

 

 

 

*: Exemple tout à fait innocent récemment entendu sur youtube (et traduit de l’anglais) pour informer sur l’état actuel de nos connaissances, selon le vulgarisateur interviewé:

« Il n’est toujours pas sûr que l’univers soit infini. Si le temps et l’espace sont nés après le big bang il ne devrait pas l'être. La réalité est un peu plus étrange que ce que vous pouvez penser. »

Et comment!

P.S.: Dans le billet du 18 août 2013 il était question de riposte.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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