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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

éblouissement

Quant à leurs dimensions et leur potentialité, y aurait-il des relations de similitude et de proportionnalité entre la conscience et l’univers?

Tout comme celui-ci est en expansion, la conscience l’est peut-être aussi (pour peu qu’on s’en serve de façon méditative et non distractive), et tout comme celui-ci est en expansion potentiellement infinie [ce qui ne veut pas dire qu’il est infini, on n’en sait rien encore, scientifiquement (?) parlant; ou alors ayant connu une naissance vraisemblablement (ce qui ne veut pas dire que rien n’existait avant lui), il se pourrait que l’univers soit fini mais éternellement en expansion (ayant à s’étendre vers ce qu’il n’est pas encore et ne sera jamais, c’est-à-dire, pour reprendre un image compréhensible par tous*, « en n’ayant pas de bord(s?) »] la conscience pourrait être, elle aussi, en expansion infinie, possibilité qui séduit les admirateurs de ceux dont ils pensent qu’elle l’a été de leur vivant: les mahavirs jaïns, les patriarches du bouddhisme (Hui-neng par exemple, qui disait : « Et d'abord rien qui soit, si ce n'est ce que vous avez conçu dans votre mental, lui-même illusoire! »), les auteurs hindous des srutis (textes révélés) et smirtis (textes inspirés), les êtres exceptionnels comme Shankara, Ramakrishna, Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaji, pour n’en citer que quelques uns.

Plus généralement, cette possibilité fascine tous ceux qui croient en la possibilité de vivre des états très particuliers de la conscience appelés sahaja samadhi par Ramana Maharshi (rien à voir avec « la sorte de transe » que peuvent connaître les yogis, selon lui), bref tous ceux qui méditent à des fins d’illumination… jusqu’à ce qu’ils se soient rendus compte que leur conscience à eux aussi est déjà peut-être infinie. [Sri Nisargadatta Maharaj disait en effet que « le but est si proche qu’il n’y a même pas de place pour un chemin », et Ramana Maharshi, lui, affirmait même que le seul obstacle sur le chemin de la réalisation de soi est la pensée que nous ne sommes pas encore réalisés. Tragiquement, ce désir inconscient, inexplicable mais tenace de « vivre autre chose » (désir que nous connaissons quasi tous et que nous traduisons au quotidien en nous rappelant constamment que le temps passe, que l’on doit en faire quelque chose, que l’on doit être efficace, productif et… expéditif) nous éloigne du présent empli de plénitude et ôte sa saveur au fait d’être vivant.]

Et tout comme notre conscience est peut-être déjà infinie mais l’ignore encore, gênée par cet ego qui la perturbe tant, l’univers est peut-être déjà infini (ou fini mais sans bord(s ?)), lui aussi, mais il ne le sait pas encore (d’où sa soi-disant expansion constatée par notre conscience). Conscience et univers, même ignorance?

 

 

 

 

*: Mais la difficulté de ces métaphores anthropocentriques, c’est qu’elles appellent immédiatement d’autres questions. Ici, nous humains, pourrions pas exemple nous demander s’il faut mettre un « s » à bord, celui-ci changeant tout pour nous:

- « Sans bords »: on parle de l’univers physique, géométrique, en trois dimensions (déjà une audace!) appréhendable par nos sens et notre intellect et impliquant un « hors bords ».

- « Sans bord »: on parle de l’univers imaginaire, imaginé par nos cerveaux capables d’imaginer ce qu’ils croient (étant donné leurs spécificités) être une infinité de choses possibles et imaginables.

P.S.: Dans le billet 17 août 2009 il était question d’une réflexion sur la nature de la réalité, suite à une expérience très étrange: leçon.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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