Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

fugacité

L’exposition actuelle au Mac’s (Grand Hornu, Belgique) La salle des pendus*, je la vois bien évidemment comme une réflexion sur l’oubli, la mémoire et la mort, comme l’a voulue cet artiste fondamental de notre temps qu’est Christian Boltansky, mais ce pourquoi elle me touche le plus, c’est qu’elle met le doigt sur l’insignifiance de nos vies (je ne sais pas si Christian Boltansky serait d’accord avec ce terme, pour avoir suivi un peu son œuvre (Wolfburg, Bologna, Grand Hornu) je pense qu’il préférerait fugacité). Celles, ici, de mineurs et de leurs familles broyées au temps des charbonnages par la machine industrielle pour ne laisser d’eux que leurs habits noirs, enveloppes élimées, anonymes et entassées pour le grand nettoyage de l’oubli. Certaines de ces vies, seulement, auront la chance d’y échapper, grâce à l’artiste, mais si dérisoirement** que cela nous rend tristes à mourir.

Car cette insignifiance, même si elle n’est pas toujours le fruit du broyage de l’homme-loup par l’homme-mouton comme au Grand Hornu, est aussi celle de chaque homme***, et depuis toujours. Nous sommes condamnés à l’oubli, chacun d’entre nous. Qui se souvient encore du nom de nos arrière-grands-parents? Qui se rappellera nos œuvres? Déjà les œuvres écrites (pour ne parler que de l’écriture) avant l’avènement de l’informatique ne sont plus répertoriées que dans de rébarbatives bibliothèques que personne ne visite plus et qui tardent à se numériser; quant aux contributions littéraires, scientifiques, philosophiques et poétiques plus récentes, elles sont indiscernables sur le web: par leur nombre elles s’annulent mutuellement. Et, plus évidemment encore, qui se souviendra de nous quand, en tant qu’espèce sotte, nous nous serons exclus de cette planète pour cause d’égoïsme?

Anonymes, oubliables, insignifiants donc, il ne nous reste peut-être qu’une seule consolation: méditer, faute de mieux!

 

 

 

 

*: Elle se termine le 15 août. Foncez la voir. Les trois photos qui suivent ne peuvent lui rendre justice.

**: Sous forme de simples étiquettes (heureusement parfois agrémentées d’une photo d’une jeune personne en habits du dimanche) sur des boîtes rouillées (y a-t-il dedans tout (?) ce qui reste d’elles?), entassées par treize sur une longueur vertigineuse et que regardent distraitement, mais leur donnant ainsi vie quand même, les contemplateurs de ces Registres du Grand Hornu, œuvre majeure de la fin du vingtième siècle.

***: Hormis les rares élus que l’histoire retiendra, le temps de l’humanité sur terre, certains admirés (les créateurs remarqués), d’autres moins, voire pas du tout.

P.S.: Dans le billet du 28 juillet 2014 il était question de lumière.

… vestiaire

… vestiaire

ce qu’il en reste

ce qu’il en reste

et plus tard encore…

et plus tard encore…

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
Voir le profil de Marc sur le portail Overblog

Commenter cet article