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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

internement

Toute femme croisée dans nos villes et qui arbore un signe de soumission me ramène à cette idée que le plus grand cynisme de l'homme est d’emprisonner son prochain en lui faisant dire ou croire qu’il est libre. Je parle bien de l’homme "emprisonnant son prochain", et non pas seulement de certains mâles soumettant leur épouse ou leurs filles, une pratique de plus en plus courante, hélas, dans certains milieux bigots.

Ces femmes enfoulardées me rappellent simplement une loi tout à fait générale dont la fragilité du sexe faible obéissant à la force de l’autre n’illustre qu’un cas particulier. Cette loi est que chaque être humain ou presque est captif * d’un système sociétal dont il croit qu’il est sans barreaux alors que sa vie durant - sauf s’il se libère par la méditation sur son sort - il ne fera rien d’autre que s’en accommoder avec une résignation qu’il ne voit même pas comme telle. Libre, il pourrait pourtant devenir libre, mais pour cela il devrait ouvrir les yeux car s'il est bien en prison, chose qu’il ignore, la porte de sa cellule n’est pas fermée à clé.

On n'emprisonne jamais l'esprit qu'avec son accord.

 

 

 

 

*: « Vous pouvez soutenir telle idée ou telle autre, avoir un place ou ramper, du moment que vos actes et vos pensées servent une forme de cité réelle ou rêvée vous êtes ses idolâtres et ses prisonniers. »

Précis de décomposition, Cioran, Gallimard 1949, p. 112 de l’édition de France Loisirs, 1991.

P.S.: Dans le billet du 24 juin 2008 il était question de circonspection.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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